Le Journal officiel du dimanche 3 mai 2026 a publié un décret, daté du 29 avril 2026, portant déchéance de la nationalité française d’un homme de 39 ans. Le texte précise que cette mesure intervient sur «l’avis conforme du Conseil d’Etat».
Né à Bourges, mais disposant de la double nationalité franco-marocaine, Radoine E.A. est le septième binational frappé par cette mesure administrative en 2026. Selon Jean-Charles Brisard, président du Centre d’analyse du terrorisme (CAT), il était membre du groupuscule islamiste radical Forsane Alizza. En 2015, il avait fait l’objet d’une condamnation à dix-huit mois de prison avec sursis, pour «association de malfaiteurs terroriste».
Califat et instauration de la charia prônés en France
Ça n’est pas la première fois que des membres ou anciens membres de cette organisation sont frappés de cette mesure de déchéance. Condamnés pour des faits similaires en 2015, deux franco-tunisiens avaient perdu leur nationalité française en 2024 et 2025. Ils étaient des membres actifs du groupuscule islamiste radical.
Forsane Alizza («Les Cavaliers de la fierté») avait été créé en 2010 à Nantes. Il avait ensuite essaimé dans plusieurs autres grandes villes françaises. Il prônait l’instauration du califat en France et l’application de la charia. Le ministre de l’Intérieur l’avait dissous en 2012. Au printemps 2015, une douzaine de ses membres, dont son fondateur Mohamed Achamlane, avaient comparu devant la justice. Ils avaient écopé de peines allant de neuf ans de réclusion à un an de prison avec sursis, selon le site de l‘Association des française des victimes du terrorisme (AFVT), alors partie civile.
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99 déchéances de la nationalité française depuis 2015
Selon les informations de L’Essor, cette décision porte à 99 le nombre de ces mesures administratives prises depuis 2015. En 2025, il y en avait eu 19 de prononcées. L’année 2024 reste par ailleurs une année record avec 41 déchéances.
Les binationaux concernés par ces mesures se voient déchus après une ou plusieurs condamnations par la justice française. Pour des motifs multiples: participation à des attentats ou des tentatives d’attentat en France; combats dans les rangs de l’Etat islamique ou d’Al-Qaïda, en Syrie ou en Irak; tentatives pour rejoindre ces groupes terroristes ou pour leur avoir apporté un soutien logistique et/ou financier.
La déchéance de la nationalité française ne peut toucher que des binationaux. En effet, la loi française ne peut rendre apatride un Français.
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