<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Police judiciaire: les changements de l’été 2026 à la tête des sections de recherches

Photo : Les gendarmes servant au sein des sections de recherches (SR) mènent les enquêtes les plus complexes ou sensibles. Ils interviennent aussi en soutien des unités territoriales. (Photo d'illustration: RG-ARA)

7 juillet 2026 | Vie des personnels

Temps de lecture : 7 minutes

Police judiciaire: les changements de l’été 2026 à la tête des sections de recherches

par | Vie des personnels

[Exclusif] Le mercato de l’été 2026 des commandements continue en Gendarmerie. Après les nouveaux commandants des groupements, L'Essor vous livre le détail des nouveaux patrons de sections de recherches (SR).

Le traditionnel Mercato estival se poursuit en Gendarmerie. L’Essor continue son tour de France des changements parmi les nouveaux commandants de la Gendarmerie, avec cette fois les changements annoncés à la tête des sections de recherches (SR). Au moins neuf d’entre-elles doivent changer de patron au cours de l’été 2026. Découvrez qui sont les nouveaux commandants de SR, avec un résumé de leur parcours.

Implantées au niveau de chaque cour d’appel, les sections de recherches sont des unités régionales à rayonnement national, voire international. Elles assurent les enquêtes les plus complexes pour lesquelles elles sont mandatées. Parfois en co-saisine avec des unités territoriales ou spécialisées de la chaîne judiciaire de l’Arme.

Section de recherches (SR) d’Ajaccio

Le colonel Charles-Guillaume Lacoste transmet le flambeau de l’unité de recherches Corse au colonel Emmanuel Vegas.

Cet officier, sorti de Saint-Cyr en 2008, retrouve la Corse qu’il a déjà connue lorsqu’il commandait le Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de l’île méditerranéenne, entre 2014 et 2018. Habitué des sommets, il avait auparavant été le numéro 2 du prestigieux PGHM du Chamonix.

Après sa scolarité à l’école des officiers de Melun, Emmanuel Vegas avait effectué son premier commandement en Mobile, à la tête du peloton d’intervention de l’escadron d’Annecy. Quelques années plus tard, après ses passages en PGHM, il avait commandé la compagnie de gendarmerie départementale de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie). Depuis 2021, il avait quitté les sommets alpins pour ceux de la DGGN. Il y était chargé de projet et de mission ressources humaines à la Sous-direction du personnel officier (SDPO).

SR de Fort-de-France

Petit détour par l’outre-mer et le chef lieu de la Martinique. Le colonel Thibault-Henri Galaud succède à la lieutenante-colonelle Marie-Isabelle Serror à la tête de la SR de Fort-de-France.

Sorti de Saint-Cyr en 2010, il effectue son école d’application à l’EOGN avant de rejoindre son premier commandement, à la tête du peloton d’intervention de l’escadron de gendarmerie mobile (EGM) 31/6 de Toulouse. Après deux déplacements en Nouvelle-Calédonie, il devient en 2014 aide de camp du Secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) à Paris. En 2016, il prend la tête de l’EGM 15/6 de Nîmes, qu’il commandera pendant trois ans. Avec son escadron, il est engagé à plusieurs reprises pour des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre, lors de la crise des Gilets jaunes. Breveté de l’École de Guerre, il traverse l’Atlantique pour prendre le commandement de la compagnie de Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. Enfin, en 2023, il rejoint l’Ecole des officiers, devenue par la suite l’Académie militaire, en tant que commandant du 2e groupement d’instruction et chef de la division des formations d’élèves.

SR de Lille

À Lille, le colonel Jérôme Lacour transmet son commandement à la lieutenante-colonelle Cécile Lambert.

Diplômée d’un DEA de Droit et de Sciences criminelles, elle rejoint l’EOGN en 2005. Son premier commandement a été celui d’une brigade de recherches (BR) dans l’Est de la France. En parallèle, elle poursuit ses études et obtient un master en lutte contre la délinquance économique et financière. Elle rejoint ensuite la Plateforme d’identification des avoirs criminels, au sein de l’Office central de répression de la grande délinquance financière à Nanterre. Prenant la tête d’une compagnie d’instruction, elle contribue ensuite à la formation des élèves-gendarmes à l’école de gendarmerie de Chaumont. Après avoir suivi la formation de l’Ecole de Guerre, elle rejoint en 2019 l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI) en tant que cheffe de la division investigations. Puis c’est à la DGGN, au sein de la Sous-direction de la police judiciaire (SDPJ) qu’elle exerçait dernièrement ses fonctions, en tant que cheffe adjointe du bureau de la police judiciaire.

Au cours de l’année écoulée, elle suivait les enseignements de l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur (IHEMI) à Paris.

SR de Limoges

Le colonel Denis Dempure s’apprête à quitter la cité de la porcelaine pour laisser les rênes de la section de recherches qu’il commandait depuis 2023 à un nouveau chef. La SR de Limoges voit ainsi débarquer un officier dont le nom a déjà fait plusieurs fois le tour des médias, en la personne du colonel Emmanuel Pham-Hoai.

L’officier, auteur et docteur en génétique des populations, s’est notamment fait connaître en permettant de relancer l’enquête et d’identifier, grâce à l’ADN, le suspect principal dans l’affaire du viol et du meurtre d’Élodie Kulik, une jeune femme de 24 ans retrouvée morte en 2002.

Diplômé d’un DESS en Ingénierie de la santé, l’officier intègre l’EOGN en 2004. Après ses deux années de formation, il rejoint sans surprise l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN), à Pontoise, en tant que n°2 du service central de préservation des prélèvements biologiques (SCPPB). Il rejoint ensuite la section de recherches d’Amiens, d’abord en tant que chef de la division des atteintes aux biens, puis celle des atteintes aux personnes. C’est là qu’il permettra une avancée décisive dans l’affaire Kulik, en ayant recourt pour la première fois à une technique utilisée aux États-Unis: la recherche en parentèle à travers l’ADN. De retour à l’IRCGN en 2013, il prend la tête du département biologie de l’Institut. Il y assurera entre autre les fonctions d’expert en identification par empreintes génétiques.

Après un temps de commandement obligatoire, qu’il effectue à la tête de la compagnie de gendarmerie départementale des Andelys (Eure), il revient à l’IRCGN en 2022, d’abord comme adjoint, puis comme chef de la division des opérations du Service central de renseignement criminel (SCRC). Depuis 2024, il était chef de la Division criminalistique et identification humaine (DCIH) de l’IRCGN.

Lire aussi : Notre récit sur l’Affaire Élodie Kulik, paru dans votre journal d’août 2023

SR de Metz

Arrivée du colonel Aurélien Baud, pour prendre la suite du colonel Guillaume Galou aux commandes de la section de recherches de Metz. Un poste idéalement situé pour cet habitué des questions internationales.

Le parcours universitaire de cet officier a de quoi impressionner. Au cours de son cursus supérieur à l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan, il a connu trois échanges de haut niveau à Sciences Po Paris, mais aussi aux États-Unis, au M.I.T. et à l’école d’administration publique de l’université Harvard.

Après son année de scolarité à l’EOGN, il prend les commandes en 2008 de la brigade territoriale autonome de Mundolsheim, une unité frontalière près de Strasbourg. Le jeune officier rejoint ensuite une première fois le cabinet du Directeur général de la Gendarmerie nationale (DGGN) en tant que chargé de mission. Puis il retrouve le Grand Est en devenant commandant en second de la compagnie de gendarmerie départementale de Mulhouse, où il développe notamment la coopération transfrontalière avec l’Allemagne et la Suisse. Après quatre années en tant qu’adjoint à Mulhouse, il prend la tête de la compagnie de Compiègne, dans l’Oise.

En 2020, il intègre l’ENA pour y suivre durant deux ans un Mastère spécialisé d’«Expert en affaires publiques européennes». Son cursus l’amène à effectuer un stage au sein de la direction de l’Union européenne du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. De nouveau affecté au cabinet du DGGN, il y assurait dernièrement le rôle d’adjoint au chef du pôle « affaires européennes et internationales ». En parallèle, l’officier enseignait la gestion de crise aux étudiants en sécurité internationale à Sciences Po.

SR de Montpellier

À Montpellier, le lieutenant-colonel Julien Gauthier succède au colonel Sébastien Constant à la tête de la SR.

Titulaire d’un master en Droit et en stratégie de sécurité, Julien Gauthier intègre l’EOGN en 2006. À l’issue de ses deux années de formation, il prend le commandement de la brigade de recherches (BR) d’Évry, en Essonne. Cette première expérience en région parisienne se poursuit ensuite à Nanterre, où il commande la plateforme de signalement en ligne Pharos, au sein de l’Office central de lutte contre la cybercriminalité. En 2017, il s’envole pour la Guadeloupe, où il prend les fonctions de commandant en second de la section de recherches de Pointe-à-Pitre. De retour en métropole à l’été 2021, il prend la tête de la compagnie de gendarmerie départementale de Tours, avant de suivre au cours des derniers mois, la scolarité de l’Ecole de Guerre.

SR de Nantes

Plus au nord, cap sur Nantes avec là aussi un changement de patron pour la SR. La colonelle Fabienne Lopez passe la main au lieutenant-colonel Clément de Maillard. Pas de dépaysement pour ce dernier qui assumait déjà le rôle de commandant en second de la SR nantaise depuis septembre 2024.

Depuis son entrée en Gendarmerie en 2005, le parcours de l’officier porte l’empreinte du judiciaire. Après le commandement en sortie d’école d’une communauté de brigades en Charente, il dirige pendant plus de quatre ans le Groupe d’observation et de surveillance (GOS) de Lyon. Sans quitter la capitale du Rhône, il étend ensuite ses compétences à l’international en rejoignant le Centre de lutte contre la corruption et la criminalité financière d’Interpol de 2014 à 2018. Puis c’est en région parisienne qu’il pose ses valises. D’abord en détachement au sein de l’Agence française anti-corruption, puis comme chef de division au sein de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), à Arceuil. En 2021, retour dans le Rhône où il prend la tête de la compagnie de gendarmerie départementale de Villefranche-sur-Saône jusqu’en 2024 et son arrivée comme numéro 2 de la SR de Nantes.

En parallèle, l’officier qui est aujourd’hui Docteur en criminologie, porte une double casquette puisqu’il intervient aussi comme enseignant auprès de plusieurs écoles. Notamment Sciences Po Aix, Sciences Po Saint-Germain-en-Laye et l’École des Hautes études internationales et politiques (HEIP).

SR de Strasbourg

Traversons la France d’ouest en est pour rejoindre Strasbourg, où le colonel Alexandre Prou va prendre les rênes de la SR, succédant au colonel Jean-François de Decker.

Diplômé en Droit et en Sciences criminelles, cet officier universitaire a un parcours à la fois marqué par la sécurité publique et le judiciaire. Sorti de l’EOGN en 2006, il a tout d’abord commandé la communauté de brigades de Guérande, en Loire-Atlantique. Il gravit ensuite les échelons, devenant adjoint à la compagnie de gendarmerie départementale de Ploërmel (Morbihan), puis patron d’une compagnie en Guadeloupe. Ca n’est qu’à partir de 2017 que sa carrière prend le virage du judiciaire. D’abord comme officier adjoint chargé de la police judiciaire (OAPJ) au sein du groupement de la Sarthe. Puis, après un passage au Moyen-Orient comme chef du détachement prévôtal en théâtre d’opération extérieure, il rejoint la section de recherches de Caen en tant qu’adjoint au commandant de l’unité. Des fonctions qu’il assumait aussi depuis quelques mois à la SR de Strasbourg, dont il va donc prendre le commandement cet été.

SR de Versailles

C’est sans doute l’une des plus prestigieuses unités de recherches de la Gendarmerie, ayant souvent eu à traiter des affaires à fort écho médiatique. La section de recherches de Versailles change aussi de mains cet été, avec l’arrivée du colonel Sébastien Constant, en remplacement du colonel Denis Hebinger.

Le colonel Constant connaît déjà bien l’environnement des sections de recherches. Il commandait depuis 2023 la SR de Montpellier. Au début de sa carrière d’officier de gendarmerie, il avait également été l’adjoint au commandant de la SR de Grenoble de 2002 à 2007. Le reste de son parcours reste étroitement lié au judiciaire. Il a notamment été officier de liaison en Roumanie. Un épisode international qui lui sera sans doute d’une grande utilité à la tête de la SR de Versailles.

Après ce passage par le flanc est-européen, il avait commandé la compagnie de gendarmerie départementale de Montargis pendant 4 ans, avant de rejoindre la DGGN en tant qu’officier concepteur au sein du bureau de la police judiciaire, de 2014 à 2019.

Diplômé de l’Ecole de Guerre, il avait rejoint à l’été 2020 le tout jeune Office anti-stupéfiants (Ofast), créé quelques mois plus tôt, en tant que chef de la division appui opérationnel. Cette agence, rattachée à la Police nationale, est forte de plus de 200 agents issus de la Police, de la Gendarmerie, du ministère de la Justice ou de la Douane. Elle a pour mission de coordonner la lutte contre le trafic de stupéfiants sur le territoire français.

Lire aussi : Les mouvements de l’été 2026 à la tête des groupements de gendarmerie

La question du mois

Violences sexistes et sexuelles : les gendarmes sont-ils suffisamment formés à l’écoute et à la prise en charge des victimes?

La Lettre Conflits

La newsletter de L’Essor de la Gendarmerie

Voir aussi