<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Un gendarme de Vertou jugé au tribunal pour ses « menaces de mort » dans le cadre d’une enquête

Photo : Photo d'illustration. (Photo: PMG/L'Essor)

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Un gendarme de Vertou jugé au tribunal pour ses « menaces de mort » dans le cadre d’une enquête

par | Opérationnel, Société, Vie des personnels

Un gendarme à la retraite qui vit à La Devise (Charente-Maritime), près de Surgères, a été jugé ce lundi 7 septembre 2026 par le tribunal correctionnel de Nantes pour les "menaces de mort réitérées" qu'il avait proférées le 8 octobre 2025 à Vertou (Loire-Atlantique) dans le cadre de ses fonctions.

Un gendarme à la retraite qui vit à La Devise (Charente-Maritime), près de Surgères, a été jugé ce lundi 7 septembre 2026 par le tribunal correctionnel de Nantes pour les « menaces de mort réitérées » qu’il avait proférées le 8 octobre 2025 à Vertou (Loire-Atlantique) dans le cadre de ses fonctions.

Pascal XXX – suspendu à la suite de cette affaire et qui a « quitté l’institution », depuis, en « retraite anticipée » – avait eu ce jour-là une conversation téléphonique de « 48 minutes » avec Monique XXX, la mère de Steven, un jeune de 17 ans suspecté d’une « escroquerie sur personne vulnérable » dans la commune voisine des Sorinières (Loire-Atlantique). Il lui était précisément reproché d’avoir été un « faux conseiller du Crédit mutuel ». Ce militaire chevronné souhaitait absolument l’entendre au plus vite dans le cadre de son enquête.

« Je vais lui décalquer la tête »

« Votre fils il est mort : il est sous terre, on va le péter« , avait commencé par lancer ce gendarme de 51 ans à cette mère de famille totalement étrangère à l’affaire. « Si tu ne fais pas le nécessaire, je te fais tomber pour complicité », avait-il embrayé. « Ton fils, je le veux ! Je te préviens Monique, je ne rigole plus : on va monter une grande opé’ aux Dervallières [un quartier sensible de Nantes, ndlr], je connais beaucoup d’effectifs : ça sera de la BAC, de l’antenne GIGN… Je vais lui décalquer la tête, ce qui l’attend c’est un pétage de crâne. »

Mais la conversation avait finalement commencé à être enregistrée au bout de « quinze minutes » par le compagnon de Monique XXX. Elle a été diffusée en partie ce lundi 7 septembre 2026 en salle d’audience. On y sent la mère de famille « complètement interloquée » et « stupéfaite » par cet appel « surréaliste », a résumé la présidente du tribunal. Le gendarme avait au demeurant déjà eu le fils de Monique XXX au téléphone. Le jeune lui avait simplement fait savoir qu’il se présenterait à lui « après avoir rencontré son avocat ».

« Vous la tutoyez, en plus! »

Pour expliquer cet appel, l’ancien gendarme de Vertou a commencé par détailler le cadre procédural dans lequel cette enquête pour « escroquerie sur personne vulnérable » avait été initiée. « Je ne vous juge pas pour votre travail d’enquête« , l’a coupé assez vite la présidente du tribunal correctionnel de Nantes. « Vous savez, moi et monsieur le procureur de République, on a occupé d’autres fonctions avant : j’ai été juge d’instruction et tous deux on a dirigé des enquêtes… Quand on reçoit un audio comme celui-ci, qu’est-ce qu’on pense« ?

« Madame n’a rien à voir avec l’enquête, même si son fils est mineur… Vous la tutoyez, en plus ! Je trouve cela surréaliste« , a aussitôt cinglé la magistrate sans attendre sa réponse. « J’ose espérer que d’autres enquêteurs ne font pas des trucs pareils : vous lui révélez au passage des secrets de l’enquête, qu’elle n’a pas à connaître… »

En réponse, ce militaire « perfectionniste » et « sous pression » a convenu qu’il s’était « trop investi dans ce dossier« . Mais cette ancienne juge d’instruction – réputée à Nantes pour la fermeté de ses réponses pénales – a rappelé à cet ancien chef de patrouille qu’il avait déjà été sanctionné par le passé d’un blâme dans le cadre d’une autre affaire disciplinaire.

Pascal XXX avait en fait passé cet appel « en soirée », vers 22h, après avoir bu « une bière » depuis son « logement de fonction », a-t-il été précisé lors de son procès. Il vivait un « divorce très conflictuel » et ses liens étaient « distendus avec ses enfants« . Il avait aussi été lui-même victime d’un « vol avec violence lors d’un match au Real de Madrid avec mes enfants devant 85.000 personnes », a fait savoir l’ancien gendarme à la présidente du tribunal correctionnel de Nantes. « Ma hiérarchie était au courant que je n’allais pas très bien. »

« On peut faire partie des meilleures unités d’élite et se tirer une cartouche »

Le gendarme a depuis été « complètement détruit » par sa propre garde-à-vue dans le cadre de cette affaire. Il a aussi informé la magistrate qu’il allait se rendre « mardi » aux obsèques d’un ancien « chef de l’antenne PJ » de la gendarmerie, qui s’est suicidé « vendredi dernier ». « On peut faire partie des meilleurs unités d’élite et se tirer une cartouche », a-t-il commenté.

Sur un plan  professionnel, Pascal XXX est à présent « en recherche d’emploi sur France Travail » et cherche à exercer « dans la sécurité privée ». Concernant sa vie personnelle, il s’est remarié le 8 août 2026 avec une aide-soignante et est parti vivre chez elle à La Devise (Charente-Maritime). Pascal XXX a également dit avoir été « convoqué par l’état-major » de la gendarmerie « à La Rochelle » : il a été « reconnu apte médicalement » pour être « réserviste ».

L’avocat de Monique XXX lui a pour sa part rappelé qu’il disait « ne pas être n’importe qui » dans son appel : il affirmait « agir sur ordre du procureur de la République » et rappelait avoir travaillé « dans le dossier de Tony Meilhon », le délinquant qui avait tué la jeune Laëtitia Perrais en 2011 près de Pornic. « On ne peut pas rentrer dans ce jeu du gendarme « perfectionniste » : ce serait lui donner un blanc-seing », a mis en garde Me Benoît Poquet, avant de demander 1 € symbolique de dommages et intérêts et 1.500 € de frais de justice.

Les « assauts verbaux » du gendarme ont aussi « désolé » le représentant du parquet à l’audience : le prévenu s’est « déchaîné verbalement » sur la mère de ce jeune suspect, qui n’avait pour sa part « rien à se reprocher » sur un plan judiciaire. « C’est plus qu’un écart : c’est un débordement tout à fait stupéfiant de la part d’un gendarme qui a une trentaine d’années de service », a soufflé le procureur à propos de la « diatribe » et la « logorrhée » de 48 minutes de cet homme qui a par ailleurs « sans doute été un bon OPJ » dans d’autres circonstances.

« Juste de l’argot de la police judiciaire »

« Cela a eu un impact sur ses collègues, sur l’institution dans son ensemble mais aussi sur la procédure », a-t-il rappelé au cours de ses réquisitions. Il a donc réclamé cinq mois de prison et une interdiction d’exercer ses anciennes fonctions pendant cinq ans : ce gendarme « un peu dans la fuite » et « dans l’esquive » demeure « un militaire qui a commis une infraction dans l’exercice de ses fonctions ». Le procureur n’a par ailleurs « pas d’opposition » à ce que sa condamnation ne soit pas inscrite sur la partie du casier judiciaire accessible aux employeurs.

L’avocate de la défense, pour sa part, a plaidé une relaxe pour l’ancien gendarme de Vertou. Elle a demandé à la juge de faire une « juste appréciation du droit » pour ces propos qui relèvent de « l’argot de la police judiciaire ». Cela relève tout au plus d’une infraction « contraventionnelle », pense Me Jade Roukoz, collaboratrice du cabinet de Laurent-Franck Liénard.

Elle a aussi demandé à la magistrate « d’apprécier le contexte » de commission des faits reprochés à son client. Elle « ne plaide pas son état d’énervement » mais a mis en avant son « état psychologique » : Pascal XXX était « en état dépressif depuis un an ». Son « absence totale de casier judiciaire », les « multiples lettres de félicitations » de sa hiérarchie et ses « notations excellentes » jusqu’à cette affaire doivent aussi entrer en ligne de compte, de son point de vue.

L’avocate a enfin demandé au tribunal correctionnel de Nantes de ne pas obérer les chances de l’ancien gendarme de retravailler dans la « sécurité privée » : ce job doit lui apporter « un complément de revenus » par rapport à sa retraite de gendarme. La juge, qui a mis sa décision en délibéré, se prononcera le 14 septembre 2026.

Agence Press Ppper

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