Près d’un tiers des groupements de gendarmerie départementale (GGD) et de gendarmerie mobile (GGM) verront leur commandant changer au cours de l’été 2026. Après d’intenses travaux menés sein de la Sous-direction du personnel officier (SDPO) de la Gendarmerie, la liste des nommés et leur destination ont été arrêtées. Les passations commencent d’ailleurs, à l’aube de la période estivale. Elles s’étaleront jusqu’à l’automne. Comme chaque année, L’Essor vous dévoile les changements à la tête de ces échelons essentiels de l’Arme.
« Vous reconnaîtrez désormais pour votre chef le colonel (…), ici présent, et vous lui obéirez en tout ce qu’il vous commandera, pour le bien du service, l’exécution des règlements militaires, l’observation des lois et le succès des armes de la France. »
Cette formule officielle, de nombreux gendarmes vont l’entendre dans les prochaines semaines, à l’occasion des passations de commandement, à tous les niveaux hiérarchiques de la Gendarmerie. Ce sera notamment le cas pour les nouveaux commandants de groupement et autres formation de 3e niveau. Région par région, département par département, L’Essor a mené l’enquête et vous dévoile les noms des nouveaux commandants.
Auvergne-Rhône-Alpes
Commençons ce tour de France des changements à la tête des groupements, avec ceux repérés au sein de la région de gendarmerie d’Auvergne-Rhône-Alpes.
La saison 2026 du mercato avait déjà débuté le 1er avril, avec la nomination du colonel Samuel Joguet à la tête du groupement de l’Isère. Une prise de poste qui s’accompagnait, pour le colonel Joguet, d’une nomination dans la 1ère section des officiers généraux, au grade de général de brigade. Cette nomination anticipée faisait suite au départ annoncé du général de brigade Frédéric Massip. Ce dernier a en effet quitté l’Institution pour rejoindre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Quatre autres groupements auvergnats ou rhônalpins (aussi appelés « Aurhalpins ») changeront de direction au cours de l’été.
Celui des Alpes-de-Haute-Provence (GGD 04) tout d’abord, où la colonelle Christine Bouffière arrive, en remplacement du colonel Pierre-Yves Bardy. En plus de commandements territoriaux, le parcours de la colonelle Bouffière est particulièrement marqué par l’international. En 2017, elle devenait ainsi adjointe au chef de la division renseignements de la Force de gendarmerie européenne (FGE), à Vicenza (Italie). En 2021, elle devient cheffe du bureau des partenariats extérieurs, en charge des partenariats internationaux, au sein du Commandement de la Gendarmerie pour les missions extérieures (CGMEx). Puis en 2023, elle rejoint Bruxelles en tant que conseillère auprès du Comité chargé des aspects civils de la gestion des crises (CivCom), rattachée à la représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne. Son dernier poste en date.
Dans le département voisin des Hautes-Alpes, le colonel David Bême prendra les rênes du GGD 05. Ces dernières années, il était le chef du Bureau de la défense et de la sécurité nationale (BDSN) à la Direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN). Il succède au colonel Jérôme Grange.
Dans la Loire, le GGD 42 accueillera dans les prochaines semaines la colonelle Marie Mottin, en remplacement du colonel Sébastien Jouglar. La colonelle Mottin était précédemment en charge des partenariats européens au sein de la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE).
Enfin en Haute-Loire, c’est le colonel Nicolas Destrade qui prend la suite du colonel Christophe Marboutin à la tête du GGD 43. Après avoir été chef du département de la protection et de la gouvernance des données au sein de la DGGN, le colonel Destrade était dernièrement en poste au sein de la région Occitanie.
Bourgogne-Franche-Comté
Selon nos informations, trois changements doivent intervenir cet été parmi les groupements départementaux que compte la région de gendarmerie de Bourgogne-Franche-Comté.
Dans le Jura, tout d’abord. Le colonel Frédérik Sauge-Merle, commandant le GGD 39 depuis 2023, s’en va. C’est le colonel Xavier Badetz qui lui succède.
En Saône-et-Loire, tout d’abord, avec le départ du colonel Tomica Lukic et l’arrivée du colonel Barnabé Watin-Augouard à la tête du GGD71. Cet officier, dont le nom n’est pas inconnu dans la sphère sécurité-défense*, affiche un parcours atypique. Diplômé de l’École navale en 1998, il a tout d’abord servi au sein de la Marine nationale. Ce n’est qu’en 2004 qu’il rejoint la Gendarmerie. Son parcours l’emmènera tout de même à la croisée des deux mondes, avec plusieurs postes au sein de la Gendarmerie maritime et du Secrétariat général pour la Mer. Il connait par ailleurs déjà la région pour avoir commandé pendant trois années la compagnie de Beaune. Mais, sans doute en raison de sa fibre familiale, c’est dans l’univers du cyber qu’il sert également. Chef de la division de la proximité numérique du Commandement de la Gendarmerie dans le cyberespace (ComCyberGend), le colonel Watin-Augouard était dernièrement directeur du programme « Parcours plainte en ligne » commun à la Police et la Gendarmerie, au sein du ministère de l’Intérieur.
* Ancien Inspecteur général des armées – gendarmerie, le général d’armée (2S) Marc Watin-Augouard a aussi un parcours fortement marqué « cyber ». Il est d’ailleurs le fondateur et le codirecteur du Forum international de la cybersécurité, rebaptisé depuis Forum InCyber.
Toujours en Bourgogne, mais cette fois dans l’Yonne, le colonel Nicolas Nanni est remplacé par le colonel Lionel Cotte au GGD 89. L’officier, entré par la voie universitaire en gendarmerie, a un parcours à a fois marqué par la sécurité publique générale en gendarmerie départementale et des postes à responsabilité dans le domaine de la sûreté. Il a notamment commandé un Peloton de sûreté et de protection de la Gendarmerie (PSPG) d’une centrale nucléaire, été chef de la section « sécurité nucléaire » au sein du Bureau défense et sécurité nationale de la DGGN. Depuis 2022, il occupait le poste d’expert sûreté au sein de la Direction de la protection des installations, moyens et activités de la Défense (DPID), du service du haut fonctionnaire correspondant de défense et de sécurité (HFCDS) auprès du ministre des Armées.
Bretagne
En Bretagne, un seul mouvement doit avoir lieu cet été au niveau des groupements de gendarmerie.
Il doit intervenir en Ille-et-Vilaine, avec le départ du colonel Nicolas Benevent de la tête du GGD 35, au profit du colonel David Bolze. Un changement à la fois géographique et professionnel pour ce dernier. Il commandait en effet ces dernières années le groupement de gendarmerie mobile II/5 de Chambéry. La subdivision de la gendarmerie départementale (GD) n’est pour autant pas étrangère à l’officier. Il a confié à L’Essor qu’en retournant en GD, il « renou(ait) avec la subdivision servie pendant plusieurs années, jusqu’à 2022 ». Il commandait alors l’importante compagnie de gendarmerie départementale de Rezé (Loire-Atlantique).
Centre-Val de Loire
Deux changements sont signalés au sein de la région de gendarmerie Centre-Val de Loire.
Le premier interviendra en Indre-et-Loire. Aux commandes du GGD 37 depuis 2023, le colonel Thibaud Friedling va être remplacé par le colonel Pierre-Antoine Cassar. Ce dernier a notamment commandé la compagnie de Lorient, avant de rejoindre l’état-major de la région zonale Ouest en tant que chef du bureau de la performance et de la cohérence opérationnelle. L’officier connait déjà bien le département de l’Indre-et-Loire, puisqu’il est actuellement commandant en second du groupement. C’est donc un « mouvement sur place » pour le colonel.
Le second changement aura lieu dans le Loir-et-Cher. Le colonel Benoît Chevillard cède sa place au lieutenant-colonel Grégoire Charle. Ce dernier, inscrit au tableau d’avancement, pendra ses galons de colonel dans la foulée. Officier reconnu dans le milieu des ressources humaines, il est très investi dans l’aide aux blessés et la prise en compte des situations de handicap ou du statut d’aidant familial. Il a notamment été chef de la Mission accompagnement du handicap, créée en 2020 au sein de la Gendarmerie. L’Essor l’avait rencontré dans le cadre d’un dossier sur le thème de l’accompagnement en 2022.
Grand Est
En région de gendarmerie Grand Est, quatre changements sont prévus au cours de l’été.
Tout d’abord dans les Ardennes, avec l’arrivée du colonel Guillaume Breugnot à la tête du GGD 08. Il prendra la suite du colonel Richard Pelatan. Le colonel Breugnot est actuellement chef du bureau de l’organisation, au sein de la Sous-direction de l’organisation et des effectifs (SDOE). Un service qui dépend de la Direction des soutiens et des finances (DSF) à la DGGN.
Le groupement de la Haute-Marne change aussi de patron. Le colonel (et auteur) Rémy Nollet va céder sa place. Il sera remplacé par le colonel Yannick Angesicht. Ce dernier arrive du Commandement des écoles de la Gendarmerie nationale (CEGN), où il était adjoint au chef de la division des compétences.
Le groupement du Haut-Rhin change également de mains. Le colonel Jean Pertué y succède au colonel Maxime Beaumont. Le colonel Pertué arrive du cabinet du directeur général de la Gendarmerie, où il assure les fonctions de chargé de la fonction opérations emploi adjoint. L’un des événements marquant de sa carrière remonte à 2017. Il venait alors de prendre de commandement de la compagnie de gendarmerie de La Tour-du-Pin (Isère), quand une petite fille avait disparu. Il s’agit de la petite Maëlys, dont tout le monde se souvient de l’histoire…
Enfin, c’est en Moselle que le quatrième changement va s’opérer. Au 1er août 2026, le colonel André Gastebois prendra le commandement du groupement de gendarmerie départementale. À la même date, il sera nommé au grade de général de brigade.
Sorti de Saint-Cyr en 1998, André Gastebois connait un début de carrière militaire au sein de l’armée de Terre, en tant que chef d’une section de personnels des Transmissions. En 2002, il rejoint la Gendarmerie et intègre l’EOGN. Son premier poste dans l’Arme le propulse à la tête de l’escadron de gendarmerie mobile de Mamers (Sarthe) de 2003 à 2006. En 2007, il prend le commandement de la compagnie de gendarmerie départementale de Millau (Aveyron). Après sa scolarité à l’École de Guerre, il rejoint la DGGN en tant que chef de la section recrutement de sous-officiers. Suite logique après le recrutement: la formation. C’est à l’école des officiers de Melun qu’il devient ensuite commandant d’un groupement d’instruction d’élèves-officiers, encadrant la 121e promotion. Avant de prendre, à l’été 2016, le commandement du groupement de gendarmerie départementale de la Meuse. Trois ans plus tard, il rejoint la DGGN, en tant que chef du Centre de renseignement opérationnel de la Gendarmerie (CroGend), puis comme chef adjoint de la veille opérationnel au Centre national des opérations (CNO) de l’Arme, dont il deviendra ensuite le chef d’état-major. Depuis août 2024, il commandait le groupement gendarmerie de l’École de Guerre. Il assurait en plus, les fonctions de chef du bureau rayonnement de la prestigieuse entité, implantée à l’École militaire, à Paris.
Hauts de France
Du côté des Hauts-de-France, deux changements à signaler.
Le colonel Nicolas Destriez succède au colonel Stéphane Aurousseau à la tête du groupement de l’Aisne (GGD 02). L’officier supérieur arrive du Sirpa-Gendarmerie où il occupait les fonctions de chef du bureau « médias ». Entré dans la Gendarmerie par la porte du service militaire en 1998, Nicolas Destriez intègre l’Arme et passe quelques années en gendarmerie mobile. Il entre ensuite à l’école des officiers (EOGN) de Melun puis exerce son premier commandement dans un peloton d’autoroute de Valence (Drôme). Après un retour à l’EOGN comme cadre formateur, il poursuit sa carrière en gendarmerie départementale, dans des compagies à La Réunion et en Occitanie. Il a également connu des postes au niveau ministériel, au ministère des Outre-mer. Il y a notamment assuré en parallèle le suivi et la gestion de crise pandémique au sein du centre interministériel de crise Covid-19 du ministère de l’Intérieur.
Du mouvement aussi dans la Somme, où le colonel Alexis Peltier prend la suite du colonel Marc Jankowski au sein du GGD80. Un important changement d’air pour le colonel Peltier, qui commandait ces dernières années le Centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la Gendarmerie (Cnisag), à Chamonix (Haute-Savoie). Il avait avant cela connu des postes essentiellement en montagne, commandant successivement un peloton de gendarmerie mobile à Digne-les-Bains (
Ile-de-France
Un seul groupement de gendarmerie départementale d’Ile-de-France devrait changer de chef au cours de l’été. Il s’agit du GGD de Seine-et-Marne. La colonelle Mélissa Durier vient de transmettre son commandement au colonel Grégory Van Blitz, début juin 2026. Ce dernier arrive de la Direction générale de la Gendarmerie, où il était chef du département architecture, sécurité et hébergement. Son parcours alterne commandement de terrain et administration centrale. Il a notamment commandé la compagnie de gendarmerie départementale d’Avranches (Manche) de 2018 à 2021.
Normandie
Selon nos informations, seul un changement devait intervenir cet été parmi les cinq groupements que compte la région de gendarmerie de Normandie.Mais c’est finalement deux nouveaux patrons de groupement qui arriveront au cours de l’été 2026.
Le premier changement doit avoir lieu dans le Calvados. Au 1er août, le colonel David Cazimajou va laisser sa place au colonel Yann Renard. Ce dernier arrive du Bas-Rhin, où il est actuellement commandant en second du groupement.
Le colonel Cazimajou, ancien numéro 2 du GIGN, passe ainsi la main à un autre habitué des unités d’intervention spécialisée. Après un passage par un peloton d’intervention de la gendarmerie mobile à l’escadron de Troyes, Yann Renard a en effet baigné dans le milieu de l’intervention spécialisée. D’abord à La Réunion. Il s’agissait alors d’un groupe de pelotons d’intervention, ancêtre du Peloton d’intervention interrégional de gendarmerie (PI2G), devenu depuis une antenne-GIGN (AGIGN). Il a ensuite commandé l’escadron d’Orange (où est aussi implanté une antenne du GIGN). Puis, après un premier passage dans la Départementale à la compagnie de Guingamp, il a dirigé l’Unité de coordination des forces d’intervention (UCoFi) entre 2020 et 2023.
Le second est un changement imprévu. Il doit intervenir dans l’Orne. Arrivé à l’été 2025 à la tête du groupement ornais, le colonel Alexandre Vigneau a fait le choix de le quitter plus tôt que prévu. L’officier regagne Paris, où il va prendre la direction du département intelligence et sécurité économique de l’Institut des hautes études du ministère de l’Intérieur (IHEMI). Il pourra ainsi être au plus plus près de son épouse, atteinte d’une grave maladie. Actuellement chef du bureau de la chancellerie au sein de la Direction des ressources humaines de la Gendarmerie, c’est le colonel Antoine Soubiran qui prend le relai à la tête des gendarmes de l’Orne.
Titulaire d’un master en électronique, Antoine Soubiran entre à l’École navale en 2006. Il y obtient un titre d’ingénieur avant de connaître une première partie de carrière d’officier au sein de la Marine nationale, notamment à Brest et à Toulon. Après sept années dans la Royale, il rejoint la Gendarmerie en réussissant le concours réservé aux officiers des armées. Il intègre ainsi l’EOGN en 2013. Fort de son expérience, il prend tout d’abord le commandement du patrouilleur côtier de gendarmerie maritime Glaive, à Cherbourg, puis celui de l’Aramis. Trois ans plus tard, en 2017, il prend le commandement de la compagnie de gendarmerie départementale d’Yssingeaux (Haute-Loire). Admis à l’Ecole de Guerre en 2020, il en ressort un an après et rejoint le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires en tant que chef de mission. Puis c’est à la DRH de direction générale de l’Arme qu’il poursuit sa carrière. D’abord en tant qu’adjoint, puis en tant que chef de bureau de la chancellerie.
Nouvelle-Aquitaine
Trois groupements changent de direction en région de gendarmerie Nouvelle-Aquitaine.
En Charente tout d’abord, avec le départ du colonel Cédric de Penfentenyo de Kervereguin, au profit du colonel Antoine Sacreste. Ce dernier prendra la tête du GGD 16 cet été, en provenance de la Direction des opérations et de l’emploi (DOE), où il était chargé de questions de sécurité routière au sein de la Sous-direction de l’emploi des forces (SDEF).
Récemment, l’officier avait reçu un témoignage de satisfaction de la part du directeur des opérations et de l’emploi, après une intervention à bord d’un avion de ligne. Fin avril, alors en permission, le colonel voyage sur vol Orly – Pointe-à-Pitre. Durant le vol, un homme se met à dégrader du mobilier et à agresser le personnel naviguant. En coordination avec l’équipage, l’officier supérieur a maîtrisé le « passager indiscipliné », comme le définit le jargon aérien. Bien que « particulièrement violent et virulent », il a réussi à le sangler sur son siège, puis l’a surveillé et calmé pour le reste du trajet. Une intervention qui a ainsi permis au vol de se poursuivre sans être dérouté comme l’imposent les procédures, afin de faire intervenir au plus vite des forces de sécurité à bord en cas de trouble.
Avant cet épisode musclé, le Antoine Sacreste avait alterné les postes en administration et sur le terrain. Il a notamment servi comme aide de camp du Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), au sein des services du Premier ministre, puis au sein du cabinet des Directeurs généraux de la Gendarmerie (DGGN) Denis Favier et Richard Lizurey. Côté terrain, il a débuté sa carrière d’officier en commandant la brigade de Perros-Guirec (Côtes d’Armor), puis quelques années plus tard, la compagnie de Mérignac (Gironde).
Bien loin de l’agitation et de la situation de crise vécue par le Commandement de la Gendarmerie pour la Nouvelle-Calédonie, dont il était le chef d’état-major, ces dernières années, le colonel Niels Deverre arrive cet été dans la Creuse. Il y remplace le colonel Bruno Graffouillère à la tête du GGD 23. Avant ce poste très opérationnel outre-mer, il avait notamment servi à la Direction du personnel militaire de la Gendarmerie, en tant qu’adjoint au chef du bureau du personnel sous-officier de gendarmerie et volontaire.
Dans la Vienne, le GGD 86 change lui aussi de mains. Le colonel Philippe-Alexandre Assou quitte le Poitou et transmet son commandement au colonel Anthony Mimouni. Un autre héros de la Gendarmerie pour la région de Nouvelle-Aquitaine. Lui aussi affecté à la Direction des opérations et de l’emploi, le colonel Mimouni a aussi connu une intervention héroïque il y a quelques mois. Alors qu’il effectuait un trajet privé en train entre La Rochelle et Paris, le 14 septembre 2025, il est intervenu pour désarmer et interpeller un homme violent, armé d’un couteau et menaçant des passagers à bord. Pour ces faits, il a été décoré et nommé à l’ordre du régiment de la Gendarmerie nationale.
Officier de gendarmerie depuis 2008, il alterne des postes en sécurité publique générale et la direction de projets au sein de l’administration centrale. Ces dernières années, il a notamment été adjoint au chef du bureau des systèmes d’information opérationnels de la Gendarmerie, puis directeur de programme « proximité numérique et relation usager », avant d’enchaîner en 2025 en tant que directeur du programme de rénovation du Logiciel de rédaction des procédures de la Gendarmerie nationale (LRPGN).
Occitanie
Quatre groupements changent également de direction en région de gendarmerie Occitanie.
Après trois années à la tête du GGD 34 et des gendarmes de l’Hérault, le général de brigade Thomas Deprecq va prendre sa retraite. Selon nos informations, il sera remplacé le 1er août par le colonel Gérard Cligny. Cet officier affiche un parcours davantage lié au judiciaire. Il arrive de l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) où il occupe le poste de chef adjoint de la division des enquêtes internes. Il avait auparavant été chef du bureau des enquêtes judiciaires de cette même division. D’autres expériences judiciaires marquent son parcours, comme le commandement de la section de recherches de Metz ou son poste d’adjoint au chef de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI). Il avait également dirigé la compagnie de gendarmerie départementale de Molsheim (Alsace).
Actuellement chef du bureau des publications du Service d’information et de relation publique des armées – Gendarmerie (Sirpa-G), la colonelle Caroline Monge, diplômée de l’École de Guerre, prendra cet été la tête du groupement de gendarmerie départementale du Lot. Actuel patron du GGD 46, le colonel Loddé rejoint quant à lui le Service de l’achat, de l’innovation et de la logistique du ministère de l’Intérieur (SAILMI) à Paris.
Les prises de poste respectives de ces officiers ne doivent intervenir qu’à compter du 1er août. Cependant, la passation a déjà été effectuée le 11 juin dernier. Le général de division Thibaut Lagrange, commandant la région de gendarmerie d’Occitanie, qui présidait la cérémonie, a officiellement transmis le drapeau du groupement à la colonelle Monge. Auparavant, cette diplômée de l’Ecole de Guerre exerçait au centre opérationnel de la région zonale Sud, à la tête du bureau conduite planification et plans. Issue d’un recrutement universitaire, elle a bien connu la Départementale en enchaînant de 2007 à 2019 les postes de commandement, principalement en Bretagne et dans les Pays de la Loire.
Une autre femme arrive aussi dans la région. Il s’agit de la colonelle Diane Beucler. Elle prendra cet été le commandement du groupement du Tarn (GGD 81), en lieu et place du colonel Jean-Michel Doose. Considérée comme un haut potentiel de la Gendarmerie, la colonelle arrive de l’Inspection générale de la Gendarmerie (IGGN). Au cours de sa carrière, elle a notamment commandé la très sensible compagnie de gendarmerie départementale de Persan (Val d’Oise). Un secteur qui a connu de nombreuses émeutes après la mort d’Adama Traoré en 2016. Plus récemment, elle a aussi été chargée de mission au sein du cabinet du DGGN.
Enfin, dans le Tarn-et-Garonne, le colonel Marc de Remond de Chelas quitte le GGD 82. Le colonel Benoit Dufaug lui succède. Comme la plupart de ses pairs, l’officier a connu une carrière alternant les postes de terrain et en administration centrale. Il a par exemple commandé la compagnie de gendarmerie départementale de Neufchâteau (Vosges), et exercer au sein de la Direction des opérations et de l’emploi. Dernièrement, il servait au sein du Commandement du soutien opérationnel (ComSop) de la Gendarmerie. Une entité répartie sur deux site à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et Le Blanc (Indre).
Lire aussi : Les changements de l’été 2025 parmi les commandants de groupements et de SR dévoilés
D’autres changements
Gendarmerie mobile, Garde républicaine, gendarmeries spécialisées… des changements du niveau groupement interviennent aussi dans les autres subdivisions et formations de l’Arme.
Gendarmerie mobile
C’est le cas tout d’abord en gendarmerie mobile. Quatre groupements (GGM) y changent de patrons.
Le GGM II/5 de Chambéry est le premier d’entre eux. Comme vu précédemment, son actuel commandant, le colonel David Bolze, rejoint la Départementale. Il quitte la Savoie pour la Bretagne, prenant le commandement du groupement d’Ille-et-Vilaine. C’est le colonel Mickaël Dubreuil qui le remplace à la tête du GGM II/5. Ce saint-cyrien sorti de l’EOGN en 2007 et diplômé de l’École de Guerre en 2018 a derrière lui plusieurs expériences de commandement. Y compris en gendarmerie départementale. Il y a notamment commandé des compagnies à Pézenas (Hérault) et Saint-Amand-Montrond (Cher).
Plus au nord, à Dijon, le colonel Lotfi-Nicolas Barbet lâche les rênes du GGM IV/7 de Dijon, qu’il cède au lieutenant-colonel Anthony Pedro. Ce dernier arrive de la région zonale des Hauts-de-France, où il exerçait en tant que chef du Bureau conduite planification plans (BCPP) du centre zonal opérationnel. Avant cela, il commandait la compagnie de gendarmerie départementale de Grasse.
En zone ouest, le colonel Olivier Guillon quitte la tête du GGM II/3 de Nantes. Le lieutenant-colonel Sébastien Lefebvre lui succède. Ce saint-cyrien ayant tout d’abord servi au sein de l’armée de Terre. Il a rejoint la Gendarmerie en 2014. Son premier commandement a été celui de l’escadron de gendarmerie mobile 46/2 de Châtellerault (Vienne). Il a aussi été à la tête de la compagnie de gendarmerie départementale de Sedan (Ardennes).
Enfin, en région zonale sud-ouest, le colonel Jean-Marc Camus cède son commandement du GGM III/6 de Toulouse au lieutenant-colonel Fabrice Tomas. L’officier affiche une belle carrière en gendarmerie mobile, débutée à la tête d’un du peloton d’intervention de l’escadron de Saint-Quentin, puis aux commandes de l’EGM de Melun. Fabrice Tomas a également été instructeur pendant cinq ans au Centre national d’entrainement des forces de gendarmerie (Cnefg) de Saint-Astier, temple de la Mobile. Il a aussi exercé en Départementale, en tant que chef de la compagnie de la Roche-sur-Yon (Vendée).
Garde républicaine
Des changements interviennent également au sein de la prestigieuse Garde républicaine. À commencer par son régiment de cavalerie qui va avoir un nouveau chef. La colonelle Marie-Audrey Leheup cède sa selle au colonel Vincent de L’Estang du Rusquec. L’officier supérieur n’aura pas à aller trop loin. Déjà installé à Paris, il arrive en effet de l’École de Guerre, où il était officier de liaison ces derniers mois. Auparavant, il avait commandé le groupement de gendarmerie mobile I/6 de Nîmes, était numéro 2 du GGM I/3 de Rennes, et à la tête de l’un des plus anciens escadrons de gendarmerie mobile de France, le « Royal Pondi » (EGM 13/3) de Pontivy.
Le 1er régiment d’infanterie de la Garde connaît le même sort avec le départ du colonel Richard Heliot, au profit du lieutenant-colonel (inscrit au tableau d’avancement) Guillaume Descaves. Comme son camarade du régiment de cavalerie, le colonel Descaves n’aura pas beaucoup de chemin à faire. En effet, il est actuellement chef d’état-major du GGM II/1 de Maisons-Alfort. En parallèle, depuis mars 2025, il assume les fonctions de secrétaire général de la commission de la Gendarmerie mobile au sein de l’Arme. Avant cette expérience francilienne, il avait passé trois ans en Irak comme attaché de sécurité intérieure adjoint. En dehors d’un passage en Départementale, comme chef de la compagnie d’Auxerre entre 2016 et 2020, l’officier a toujours été en Mobile. D’abord à la tête d’un peloton d’intervention au sein de l’EGM 21/6 de Hyères, puis en tant que commandant du groupe de pelotons d’intervention (ancêtre de l’antenne-GIGN) de Polynésie française, à Papeete. Il a aussi servi comme chef de la section emploi gendarmerie mobile et défense nationale au sein de la région de gendarmerie d’Ile-de-France entre 2012 et 2016.
Gendarmeries spécialisées
Enfin, deux changements sont à signaler du côté des groupements de gendarmeries spécialisées.
Au sein de la Gendarmerie maritime, c’est la barre du groupement (GGMar) Atlantique qui change de mains. Le colonel François Lepeu met le cap sur Brest, où il remplace le colonel Pierre-Damien Igau. Le colonel Lepeu connait bien la mer. Il a d’ailleurs occupé les fonctions de chargé de mission « sûreté maritime » au sein du Secrétariat général de la Mer de 2020 à 2022.
Autre formation spécialisée, autre groupement: celui de la moitié sud de la France pour la Gendarmerie de l’Air et de l’Espace, basé à Bordeaux. Le colonel Nicolas Le Nezet transmet le manche du groupement sud (GGAE Sud) au colonel Jean-François Chauvin. L’officier est un habitué de l’altitude et des hautes latitudes. Après avoir été le patron du commandement de la Gendarmerie pour Saint-Pierre-et-Miquelon, il était ces dernières années commandant en second du groupement de gendarmerie départementale de la Savoie.
D’autres nominations encore à venir
Si l’essentiel des nominations des patrons des groupements est décidée en interne, certains postes, attribués à des officiers généraux sont quant à eux confirmés en hauts lieux. Les nominations de généraux font en effet l’objet d’un décret présidentiel, sur proposition des ministres de l’Intérieur et/ou des Armées.
Ces décrets, pris en Conseil des ministres, devraient paraître prochainement au Journal officiel de la République française. Parmi les nominations attendues, pourraient figurer celles des futurs patrons des groupements de la Moselle et de Rhône, ou encore des commandements de la gendarmerie pour La Réunion et Mayotte. Nous ne manquerons pas de le signaler le moment venu et de mettre à jour le présent article pour intégrer ces nominations à venir.
Retrouvez également dans quelques jours sur lessor.org, le détail des nouveaux commandants de sections de recherches. Restez connectés pour les découvrir.
Article publié le 23 juin 2026 et mis à jour les 9 et 10 juillet 2026, suite à de nouvelles nominations.










