Début du procès en appel du chauffard responsable de la mort de la gendarme Mélanie Lemée

Photo : Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle, l'homme responsable de la mort de la gendarme Mélanie Lemée est à nouveau jugé du 1er au 10 juin 2026 en appel. (Photo d'illustration: Tingey-injury-law-firm/Unsplash)

2 juin 2026 | Société

Temps de lecture : 3 minutes

Début du procès en appel du chauffard responsable de la mort de la gendarme Mélanie Lemée

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Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle, Yassine El Azizi, responsable de la mort de la gendarme Mélanie Lemée en 2020, est à nouveau jugé du 1er au 10 juin 2026 à la cour d'assises du Gers.

Aujourd’hui âgé de 31 ans, Yassine El Azizi est jugé en appel depuis lundi 1er juin 2026 par la cour d’assises du Gers. En juillet 2020, il avait tué la gendarme Mélanie Lemée en forçant un barrage routier dans le Lot-et-Garonne, alors qu’il roulait sans permis et sous l’emprise de stupéfiants.

Le chauffard avait finalement été interpellé un peu plus loin, à l’issue d’une course-poursuite sur 20 kilomètres avec les forces de l’ordre. Dans sa fuite, il avait pris tous les risques, roulant parfois à plus de 150 km/h sur une route départementale. Il était par ailleurs en possession de 160 grammes de cocaïne lors de son interpellation.

L’intention en discussion

En première instance, fin juin 2025, Yassine El Azizi avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises du Lot-et-Garonne. Tout au long du procès, il avait nié avoir foncé délibérément sur la victime. Il avait donc interjeté appel de cette décision.

Alors que l’avocat de la défense, Edouard Martial, avait plaidé « l’accident » lors du procès en juin 2025, justifiant son appel par un « verdict extrêmement lourd, hors-sol », Me Philippe Bellandi, l’avocat des parents de la gendarme, souligne que l’accusé roulait « à plus de 140 km/h au moment de l’impact ». Un choc si violent qu’une jambe de la gendarme a été retrouvée à 50 mètres de là…

Les parents de Mélanie Lemée « attendent une nouvelle condamnation pour les faits qu’il a commis. Ils ne sont pas dans la vengeance ou la haine. Ils souhaitent une application juste de la justice », a précisé leur avocat Me Bellandi à l’AFP. Il est pour eux « difficile d’évoquer à nouveau les faits ».

M. El Azizi est jugé pour violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner. En requérant 30 ans en première instance, l’avocat général avait estimé que l’accusé avait « pris délibérément l’option de foncer sur la gendarme dans une extrême violence ». Citant les experts, il a affirmé que le chauffard disposait d’une « visibilité parfaite ». Il n’avait d’ailleurs eu « aucune action sur la pédale de frein », restant « pied au plancher ». Des éléments matériels qui font de lui « un tueur ».

Lire aussi : Mort de Mélanie Lemée: Yassine El Azizi condamné à 30 ans de réclusion

Verdict le 10 juin

De son côté, la défense considère que son client aurait dû être jugé pour homicide involontaire aggravé par un tribunal correctionnel, et non aux assises. Pour Me Martial, la cour devra tenir compte du fait que son client est accusé de « violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Doit-on traiter de la même manière un assassin et une personne poursuivie pour avoir involontairement donné la mort? C’est le débat au cœur de ce procès », a-t-il souligné à l’issue de la première journée d’audience.

Ce nouveau procès doit durer dix jours. L’arrêt de la cour d’assises est ainsi attendu le 10 juin 2026.

Lire aussi : Derrière la mort de la gendarme Mélanie Lemée, les choix fatidiques du chauffard

Émotion et hommage

La mort de Mélanie Lemée avait suscité une grande émotion. Une marche avait d’ailleurs rassemblé 2.000 personnes à Aiguillon, petite ville du Lot-et-Garonne où elle travaillait. Cette ex-championne de France militaire de judo, venait de réussir l’examen d’officier de police judiciaire. À titre posthume, l’exécutif de l’époque l’avait promu au grade de majore.

Quelque jours avant ce nouveau procès, l’école de gendarmerie de Tulle, où la gendarme avait suivi sa formation de sous-officier, a été rebaptisée caserne Majore Mélanie Lemée.

Rédaction de L’Essor, avec l’AFP


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