Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a demandé lundi 8 juin 2026 aux policiers et aux gendarmes de prioriser les affaires de violences sexuelles sur les mineurs. Une conséquence directe de la polémique ayant éclaté après la mort de la petite Lyhanna.
« Dès maintenant, je vous demande de vous assurer qu’il n’y a pas d’autres dossiers similaires et je vous demande de prendre toutes les mesures nécessaires, en diffusant les instructions adaptées, pour vous assurer de la bonne priorisation de ces procédures et que les contrôles hiérarchiques nécessaires soient mis en place pour y veiller », écrit le ministre dans un télégramme adressé aux directions de la Police et de la Gendarmerie.
Etat des lieux des procédures en cours
Le ministre enjoint aux policiers et gendarmes de « procéder à une revue de portefeuille des unités et services pour avoir une vision précise des procédures en cours relatives aux infractions sexuelles commises sur les mineurs ». Notamment en « ciblant celles dont les victimes sont toujours mineures ».
Ces actes doivent être réalisés « sans attendre » les résultats, promis pour le 19 juin, de l’enquête administrative confiée aux Inspections générales de la Justice (IGJ) et de la Gendarmerie (IGGN), souligne le ministre.
Selon les informations de L’Essor, la Gendarmerie n’avait pas attendu pour mettre à exécution cette directive de recensement. Alors que les ministres de l’Intérieur et de la Justice promettent les résultats d’un audit interne réalisé en une quinzaine de jours, la DGGN avait déjà lancé un comptage en urgence des affaires en cours.
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70.000 plaintes pour des violences sexuelles en attente de traitement
Dimanche 7 juin, le Garde des Sceaux a expliqué lors d’une interview sur LCI, avoir demandé aux services judiciaires d’examiner en urgence les «70.000 plaintes en cours qui touchent les enfants». Notamment pour des faits de «viols ou (d’) attouchements sexuels». Et ce, avant le 14 juillet.
Une ineptie pour la profession qui juge cette demande irréalisable. Au risque de « mal faire (le) travail », comme l’a dénoncé François Roujou de Boubée, l’avocat des parents de Lyhanna. Pour lui, cette consigne, « c’est de la poudre de perlimpinpin », reprenant ainsi l’expression qu’avait employé Emmanuel Macron il y a quelques années. Le conseil a pointé le manque de moyens de la Justice, comme étant le « vrai cœur du problème ».« J’ai vu des gendarmes, des policiers, des magistrats et des greffiers crouler sous les piles de dossiers à traiter. J’ai vu les mêmes se battre pour des post-it ou des ramettes de papier. On en est là », a alerté l’avocat.
De son côté, le Président de la République avait d’emblée balayé la problématique, indiquant ne vouloir « entendre aucun argument de moyens dans cette affaire ».
Nuñez demande l’implication personnelle des directeurs
« En outre, en parallèle et en lien avec l’autorité judiciaire, vous vous assurerez de l’adéquation entre l’unité ou le service saisi et la nature des faits, de la diligence et de la pertinence des actes d’enquête effectués, et de la priorisation de ces dossiers en veillant à mettre à disposition des enquêteurs les moyens nécessaires », ajoute Laurent Nuñez.
Le ministre recommande enfin au préfet de police de Paris, Patrice Faure, au directeur général de la Police nationale, Louis Laugier, et au directeur général de la Gendarmerie nationale, le général Hubert Bonneau, de s’« impliquer personnellement ». Ils doivent ainsi s’« assurer de l’implication effective et permanente de (leurs) différents échelons hiérarchiques dans le suivi, l’analyse –notamment en matière de sérialité–, le contrôle et la priorisation de ces atteintes particulièrement graves ».
Rédaction de L’Essor, avec l’AFP
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