Nous sommes en 2022. Les gendarmes de la section de recherches d’Orléans patrouillent discrètement sur les réseaux sociaux, là où des hommes échangent des contenus pédopornographiques et traquent des mineures. L’infiltration permet de cartographier un réseau sans hiérarchie formelle mais bien structuré : des administrateurs de groupes, des utilisateurs actifs, des messageries chiffrées comme ICQ, Snapchat ou Telegram. Le réseau fonctionne, jusqu’à ce que les gendarmes le démantèlent de l’intérieur.
Entre avril et novembre 2023, six personnes sont interpellées. Les perquisitions livrent plus de 930 000 fichiers pédopornographiques. Au total, 120 victimes sont détectées, dont 21 Françaises identifiées, âgées de 3 à 15 ans, toutes entendues au cour de l’enquête.
Le grooming au cœur du mode opératoire des prédateurs
Les quatre hommes aujourd’hui jugés devant la cour criminelle du Loiret, âgés de 37 à 64 ans, utilisaient de faux profils pour approcher leurs victimes. Leur technique centrale : le grooming.
Cette pratique consiste à installer une relation de confiance avec un mineur pour en obtenir, sous apparence de consentement, des images ou vidéos à caractère sexuel. Deux des accusés sont également poursuivis pour des viols commis sur des mineures de moins de quinze ans. L’un d’entre eux a lui-même qualifié sa démarche lors d’une audition, se décrivant comme « un chasseur, un prédateur ».
Suicide, excuses et détention
Sur les six interpellés, l’un s’est suicidé en détention provisoire. Un autre, arrêté en Belgique en novembre 2023 en état de récidive, a été condamné début 2025 à dix ans de prison.
Les quatre restants font face à la cour criminelle depuis lundi. A l’ouverture de l’audience, trois ont présenté leurs excuses aux familles. Le quatrième, comparaissant libre, a reconnu les faits.
Le verdict est attendu vendredi.





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