Un homme de 39 ans a été condamné mercredi 10 juin 2026 à deux ans de prison ferme pour avoir dérobé du gasoil à Folkling, en Moselle, puis refusé d’obtempérer, blessant trois gendarmes dans sa fuite. Les faits avaient eu lieu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2026.
Fin mars, le gérant d’une entreprise de transport routier implantée dans la zone industrielle de Folkling avait alerté les gendarmes. Depuis plusieurs jours, il suspectait des intrusions nocturnes pour voler du carburant dans les réservoirs de ses camions. Il avait en effet découvert des tâches de gazole sur le parking où stationnent les véhicules.
Rôdeur nocturne
Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2026, le gérant repère, grâce à ses caméras de vidéoprotection, le comportement suspect d’un homme aux abords de l’entreprise. Son véhicule est garé à proximité du grillage.
Alertés, les militaires de la compagnie de gendarmerie de Forbach mettent en place un dispositif de surveillance pour tenter de pincer le voleur en flagrant délit. Les gendarmes de la brigade locale de Behren-lès-Forbach son rejoint par un équipage du Peloton de surveillance et d’intervention (Psig) de Forbach. Et ce qui devait arriver arriva. Après le départ des derniers employés, le rôdeur s’introduit sur le parking de la société. Il se dirige alors vers deux poids lourds pour débuter son larcin. L’homme regagne ensuite son véhicule avec deux jerricans remplis de gazole. C’est le moment pour les gendarmes d’entrer en action.
Refus d’obtempérer et choc violent
Mais au moment où les militaires lancent leur coup de filet pour intercepter le voleur, celui-ci prend la fuite. Il percute alors frontalement le véhicule de gendarmerie dans lequel se trouvent trois militaires. Dans la violence du choc, tout l’avant du véhicule de service est détruit. Une autre photo, prise par le gérant, montre d’ailleurs le véhicule, enfoncé jusqu’au niveau de la portière, côté passager.
Les gendarmes ne sont que légèrement blessés. Pris en charge par les secours sur place, ils devront tout de même subir des examens complémentaires à l’hôpital. Notamment l’un d’entre eux, touché à la tête après avoir heurté le pare-brise lors du choc.
Pendant ce temps, le voleur – qui avait pu s’extraire de son véhicule – a pris la fuite à pied. Activement recherché, y compris par les policiers nationaux du secteur, ce n’est que quelques heures plus tard que les gendarmes l’ont retrouvé. Ils avaient reçu le signalement d’un homme correspondant, lui aussi admis dans un hôpital, à une vingtaine de kilomètres des lieux de l’accident. Âgé de 39 ans, il avait été interpellé par les militaires à sa sortie de l’établissement hospitalier et placé en garde à vue.
Déjà connu de la Justice
A la suite de ces faits, le parquet de Sarreguemines avait ouvert une enquête pour vol, refus d’obtempérer et blessures involontaires. La brigade de recherche de Forbach se voyait confier les investigations. Lors des perquisitions sur place, les enquêteurs avaient découvert dans le véhicule du suspect, deux jerricans remplis de gazole, ainsi qu’un système de siphonnage et plusieurs bidons et jerricans vides. Des éléments qui laissent penser à un mode opératoire rodé et préparé.
Selon le procureur de la République de Sarreguemines, Olivier Glady, l’homme n’en était pas à son coup d’essai. Les services de justice le connaissait déjà, particulièrement pour des délits routiers et un vol. Il agissait ainsi en état de récidive légale.
Pour justifier le vol de carburant – estimé par le gérant de l’entreprise à 1.100 euros –, le prévenu a invoqué une situation financière difficile. Mais aussi une vie de père divorcé compliquée. À la barre, il a reconnu avoir fait « une bêtise » et agi « dans la panique ». Des justifications qui ont provoqué l’ire du parquet, qui a dépeint un menteur ancré dans la délinquance. De fait, l’étude de ses communications par les enquêteurs montre plutôt, selon le procureur, « quelqu’un qui organise un trafic d’essence ». sur fond de hausse des prix des carburants provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Les violences volontaires contredites par la caméra-piéton des gendarmes
Sur la question des violences toutefois, la version des gendarmes a subi un revers. Les militaires affirmaient que l’homme les avait volontairement percuté. Or, l’analyse des images d’une caméra piéton portée par l’un des gendarmes vient contredire ce récit. Selon Radio Mélodie, le véhicule des militaires avait en effet dévié de sa trajectoire avant l’impact. Une manœuvre vraisemblablement effectuée pour couper la route du fuyard, mais qui remet en cause la volonté de blesser les gendarmes par ce dernier.
Les violences comme circonstances aggravantes du vol n’ont donc pas été retenues par le tribunal, qui les a requalifié en blessures involontaires. Tout comme la destruction par un moyen dangereux. Une petite victoire pour l’avocat du prévenu, Me Arnaud Blanc, qui s’est félicité « d’avoir obtenu l’oreille du tribunal » sur ce point.
Convoqué pour être initialement jugé en comparution immédiate le 8 avril, son procès avait dû être reporté en raison d’une grève des avocats. En attendant l’audience, la justice l’avait placé en détention provisoire. Deux mois plus tard, après cette condamnation à trente huit mois de prison dont deux ans ferme, il va donc rester en derrière les barreaux.
(Avec l’AFP)
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