Mondial 2026 : le ministre de l’Intérieur mobilise les gendarmes pour sécuriser les fan zones

Photo : Fan zone à Hamburg en Allemagne pour l'Euro de football 2024. (Photo: Frank Schwichtenberg, via Wikimedia Commons)

12 juin 2026 | Société

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Mondial 2026 : le ministre de l’Intérieur mobilise les gendarmes pour sécuriser les fan zones

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Recensement des sites avant le 13 juin, possibilité d'interdiction par les préfets… un télégramme du ministre de l'Intérieur daté du 9 juin fixe le cadre de la sécurisation des festivités liées à la Coupe du monde de football 2026. Décryptage des consignes concernant directement les unités de gendarmerie, et tour d'horizon des décisions déjà prises par les maires.

La Coupe du monde de football a débuté jeudi 11 juin 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Mais c’est bien sur le territoire national que les forces de sécurité sont mobilisées. Dans un télégramme daté du 9 juin, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez demande aux préfets ainsi qu’aux responsables de la Police et de la Gendarmerie, de s’assurer d’une sécurisation élevée des fan zones et des sites accueillant des activités festives ponctuelles pendant la compétition.

Le ministre invite les destinataires du télégramme à « prendre en compte la vulnérabilité » que ces sites « pourraient représenter ». Mais aussi à « s’assurer d’un niveau de sécurité élevé ». Des directives qui s’imposent, compte tenu du « volume important de spectateurs » qu’ils pourraient attirer. Première échéance concrète pour les échelons territoriaux: le recensement de ces installations, attendu pour le « vendredi 13 juin au plus tard ».

Sécurité privée

Le télégramme précise également la répartition des responsabilités. Les organisateurs de ces installations doivent être informés que celles-ci sont « placées sous l’autorité » des préfets. Et Laurent Nuñez insiste. « Il est nécessaire » que les organisateurs « aient conscience que leur sécurité devra largement faire appel à la sécurité privée ». Les forces de l’ordre interviennent en appui, en cas de nécessité.

Le ministre rappelle les préconisations à délivrer aux organisateurs: privilégier un endroit clos suffisamment spacieux, prévoir des mesures de sécurisation aux alentours en cas d’installation dans un espace public, systématiser les palpations de sécurité, interdire le cas échéant l’alcool et les engins pyrotechniques, et mettre en place un dispositif de prévention et de secours.

Alerte, engouement et débordements

Les préfets disposent d’un puissant levier. Ils pourront interdire ces fan zones s’ils estiment que les préconisations de sécurité sont « insuffisamment suivies ». Le ministre ajoute qu’en « cas de risques de troubles à l’ordre public », l’autorité judiciaire devra être associée. Elle doit en effet pouvoir « anticiper les mesures nécessaires à sa propre organisation ».

Ce cadrage intervient au lendemain d’une alerte de la Direction nationale de la sécurité publique (DNSP). Mercredi, celle-ci a averti que certains matchs de la Coupe du monde pouvaient entraîner des « débordements sur l’ensemble du territoire national », du fait de « l’engouement suscité par cette compétition » au-delà des seules rencontres de l’équipe de France. La DNSP précise que les matchs « impliquant les équipes de Tunisie, du Maroc, d’Algérie, du Sénégal, du Portugal, de Turquie et d’Iran devront faire l’objet d’une certaine vigilance sur le territoire national ».

Couvre-feux et fan zones refusées : les maires prennent les devants

Sur le terrain, plusieurs maires ont déjà tranché. À Toulouse, le maire divers droite Jean-Luc Moudenc a pris un arrêté municipal « évolutif », imposant aux moins de 16 ans non accompagnés de rentrer chez eux dès 22 heures les soirs de certains matchs « sélectionnés avec la préfecture » et estimés « à risque ». En l’espèce, les rencontres de l’équipe de France, celles du Maroc, ainsi que le match Tunisie-Pays-Bas.

Le député LFI François Piquemal dénonce une mesure « discriminatoire ». Il affirme qu’elle touchera « particulièrement les jeunes des catégories populaires ». Le maire a néanmoins annoncé une fan zone de 18.000 personnes sur le parvis du Stadium. Et ce, à partir des quarts de finale. Uniquement si l’équipe de France est qualifiée.

Le spectre de la Ligue des champions

À Clermont-Ferrand, le maire LR Julien Bony a imposé un couvre-feu aux mineurs non accompagnés entre 22 heures et 7 heures, sous peine de 150 euros d’amende. Il a refusé toute fan zone, même en cas de finale avec l’équipe de France. Il a par ailleurs demandé aux bars de tourner les écrans vers l’intérieur pour « éviter des attroupements dans les rues ». Comme son homologue toulousain, il redoute des débordements similaires à ceux qui ont suivi la victoire du Paris-Saint-Germain en finale de la Ligue des champions, le 30 mai dernier.

D’autres collectivités font des choix différents. À Paris, la mairie souhaite la mise en place de fan zones. Elle se dit « en discussion avec la préfecture de police », selon Lamia El-Aaraje, première adjointe chargée de la sécurité du quotidien. L’élue explique qu’« il n’y a pas de raison que les Parisiens ne puissent pas profiter d’un moment sportif, joyeux, familial, populaire et gratuit ».

À Lyon, pas de fan zone prévue. Une retransmission de la finale est toutefois envisagée, « en fonction des performances de l’équipe de France ». Celle-ci se déroulera dans un lieu sécurisé, avec contrôle aux entrées et agents de sécurité. Elle reprendra le modèle adopté lors de l’Euro 2024. À contre-courant, le maire LFI de Vénissieux, Idir Boumertit, a annoncé la diffusion de certains matchs dans plusieurs sites de la ville, stade et parcs, avec « espace buvette et barbecue » et « espace famille ».

La France disputera son premier match mardi 16 juin, contre le Sénégal.

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