Dans la salle d’audition Mélanie, de la Maison de Protection des familles (MPF) du Pas-de-Calais, Ryoma, un golden retriever au pelage fauve orangé se tient sagement au côté de l’adjudante Marie-Hélène Applauso. Au commandement de la gendarme, il monte sur le canapé et se place contre la jambe d’une intervenante sociale en Gendarmerie, Cindy Lebel. Naturellement, la jeune femme lui caresse la tête. « Voilà, ça, c’est sa position de travail », explique l’adjudante.
Agé de 5 ans, Ryoma est l’un des rares chiens d’assistance judiciaire en France, formé pour accompagner l’audition des victimes les plus vulnérables, enfants ou personnes en situation de handicap. L’arrivée de Ryoma au sein de la gendarmerie du Pas-de-Calais s’est faite à l’initative du parquet d’Arras et de l’association France Victime 62, avec l’accord du commandement de groupement.
Mise à disposition
Il appartient à l’association Handi’Chiens, qui a pris en charge les 17.500 euros de formation et le met à disposition de la Gendarmerie. Lors d’une audition, à l’arrivée de la famille, les gendarmes s’assurent que la personne aime les chiens ou, au moins, n’en a pas peur. Si c’est le cas, Ryoma devient un allié précieux pour briser la glace en salle d’accueil. « Ça nous permet d’établir un dialogue dans une situation qui peut mettre mal à l’aise ou faire peur », détaille l’adjudante-cheffe Vanessa Delmaet, commandant la MPF du Pas-de-Calais.
Ensuite, en salle d’audition, les capacités d’empathie du chien font des merveilles. « Au départ, il est juste sur le côté de la jambe, mais quand il ressent la problématique de la personne qui a du mal à verbaliser, il va venir poser sa tête sur les genoux, comme pour lui dire : tu peux parler, on t’écoute, on est là pour toi », décrit l’adjudante Applauso. Parfois, lorsque le gendarme fait une pause dans l’audition pour retrouver l’enquêteur de l’autre côté de la vitre sans tain, tous deux voient l’enfant parler à l’oreille de Ryoma. Après l’audition, la victime peut encore passer quelques minutes à jouer avec le chien, avant que celui-ci retire son uniforme et parte se défouler « pour décharger les émotions ».
Article initialement publié dans le numéro 610 de l’Essor de la Gendarmerie.
Lire aussi : Quand le social s’installe en Gendarmerie










