<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Nouvelle-Calédonie : vigilance renforcée à l’approche des élections provinciales

Photo : Sur fond d'un fragile apaisement, la mobilisation des gendarmes reste importante en Nouvelle-Calédonie où les autorités craignent de nouvelles tensions à l'approche des élections provinciales. (Photos d'illustration: Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie - Assemblage: L'Essor)

11 juin 2026 | Opérationnel, Société

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Nouvelle-Calédonie : vigilance renforcée à l’approche des élections provinciales

par | Opérationnel, Société

Alors que la justice vient de rendre un non-lieu en faveur des membres du CCAT, présentés comme les instigateurs des émeutes de 2024, et que de nouvelles élections approchent, les regards se tournent à nouveau vers la Nouvelle-Calédonie où la crainte d'un nouvel embrasement persiste.

Deux ans après le début des émeutes les plus graves depuis les événements des années 1980, la Nouvelle-Calédonie reste sous haute surveillance malgré un apaisement fragile.

La décision du tribunal de Paris, dévoilée le 5 juin 2026, de prononcer un non-lieu général en faveur des membres de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) mis en examen à la suite de ces émeutes, conjuguée avec l’approche d’une nouvelle échéance électorale, constitue un point de vigilance pour les autorités. Des renforts de gendarmes devraient être envoyés sur place.

De la crise à un calme précaire

Quatorze morts, dont deux gendarmes. Des dizaines de blessés. Près de deux milliards et demi d’euros de dégâts… Les émeutes ayant éclaté en Nouvelle-Calédonie en mai 2024 ont profondément marqué le Caillou. Plus de deux ans après, la situation sociale, politique et économique reste particulièrement préoccupante. Et la mobilisation des gendarmes perdure.

Au plus fort de la crise, jusqu’à 35 escadrons de gendarmerie mobile (EGM) se trouvaient sur place. En outre, de lourds moyens spécialisés ont complété le dispositif. À peine réceptionnés par l’Arme, seize des 90 nouveaux blindés « Centaure » ont rejoint le territoire du Pacifique. Certains ont même été projetés en urgence par avion. La composante « intervention spécialisée » a aussi vu ses capacités décuplées, avec près de 200 gendarmes d’élite du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) et de ses antennes (AGIGN). Parfois engagés en appui des forces de maintien et de rétablissement de l’ordre, notamment lorsque celles-ci essuyaient des tirs.

Un effort majeur pour l’Arme, d’autant plus que cette crise tombait au même moment que la montée en puissance des dispositifs pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 et les commémorations internationales du 80e anniversaire de la Libération de la France.

Vers un renforcement du dispositif en Nouvelle-Calédonie

Depuis, le nombre d’EGM sur place a diminué progressivement. Passant tout d’abord à une vingtaine d’escadrons au cours de l’année 2025. Puis à une douzaine d’escadrons de gendarmes mobiles sur place. C’était encore le cas ces dernières semaines.

Cependant, selon nos informations, le dispositif pourrait à nouveau faire l’objet d’un renforcement dans les semaines et mois à venir. Depuis plusieurs années, chaque étape démocratique fait l’objet d’une surveillance accrue, avec l’envoi de nombreux renforts supplémentaires. Les prochaines élections provinciales qui se profilent à l’horizon, prévues le 28 juin 2026, laissent craindre de nouveaux débordements. Elles vont donc se dérouler sous haute surveillance. Comme lors des différents référendums et des élections passées, des membres des forces de sécurité intérieure seront mobilisés pour veiller à la bonne tenue du scrutin.

Regain de tensions sur fond de décision judiciaire

Hasard du calendrier ou non, un autre sujet de tensions vient également de rejaillir en Nouvelle-Calédonie. La décision des juges d’instructions parisiens, annoncée vendredi 5 juin 2026, de prononcer un non-lieu général en faveur du leader indépendantiste Christian Tein et des treize autres militants kanaks de la CCAT, pourrait remettre le feu aux poudres. Le parquet de Paris, qui estime nécessaire de procéder à des actes d’investigations complémentaires – dans un dossier qui comprend déjà près de 11.500 pièces de fond –, a d’ailleurs immédiatement fait appel de cette décision.

Mais c’est sur place, en Nouvelle-Calédonie, que les tensions se cristallisent le plus. La décision des magistrats parisiens a fait réagir les responsables politiques locaux. D’un côté, chez les Indépendantistes, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a dit apprécier « cette décision avec beaucoup d’humilité ». Il promet toutefois « de lutter pour que justice soit faite pour (ses) martyrs et (ses) militants toujours incarcérés ».

De l’autre, la présidente de la province Sud et cheffe de file des Loyalistes, Sonia Backes, a dénoncé un « système judiciaire français (qui) devient fou ». « Tant que justice ne sera pas rendue, rien ne pourra totalement se réparer en Nouvelle-Calédonie », abonde le député Renaissance Nicolas Metzdorf, saluant l’appel du parquet.

À l’approche des élections provinciales, les gestes pourraient à nouveau dépasser les mots. Laissant craindre de nouvelles tensions. La présence renforcée de gendarmes ne devrait pas être de trop.

Loïc Picard avec l’AFP

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