jeudi 25 février 2021
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Un ancien du GIGN raconte la traque des frères Kouachi et l’assaut de Dammartin

Sous pseudonyme, un ancien membre du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) vient de publier un livre témoignage sur la traque des frères Kouachi et l’assaut sur l’imprimerie de Dammartin-en-Goële auxquels il a participé. Entretien.

Paris, 7 janvier 2015. Deux hommes équipés d’armes de guerre attaquent la rédaction de Charlie Hebdo. Bilan, 12 morts dont deux policiers. Une action d’ailleurs rapidement revendiquée par des organisations terroristes. Prenant la fuite vers le nord-est parisien, les deux terroristes, identifiés comme étant les frères Kouachi, sont traqués pendant 48h par près de 88.000 policiers et gendarmes, dont les membres des unités d’intervention spécialisée de la Police (RAID, BRI, GIPN) et de la Gendarmerie (GIGN). Parmi eux, le gendarme Romain Agure, alors opérationnel du Groupe, participe à la traque.

Cet ancien sous-officier de l’armée de Terre entré en Gendarmerie quelques années auparavant sera d’ailleurs deux jours plus tard partie prenante de l’assaut de l’imprimerie de Dammartin-en-Goële où les frères Kouachi s’étaient retranchés. Il raconte ces trois jours tragiques dans un livre Kouachi: l’assaut final, publié en janvier 2021 aux éditions Ring.

Le livre "Kouachi: l'assaut final" de Romain Agure, ancien membre du GIGN. (Photo: LP/L'Essor)
Le livre “Kouachi: l’assaut final” de Romain Agure, ancien membre du GIGN. (Photo: LP/L’Essor)

Un récit immersif au cœur de la traque des Kouachi

Entre ressenti et immersion, le récit s’intéresse aussi bien à l’action de ces trois jours de janvier 2015, qu’au parcours de radicalisation des terroristes. On suit ainsi le fil des événements comme un équipier du GIGN, de l’annonce de l’attaque jusqu’aux balles qui sifflent pendant l’assaut à Dammartin. On y découvre également l’enfance des frères Kouachi et leur évolution jusqu’à ces tragiques événements.

Un récit très documenté réalisé, outre sa propre expérience, à partir de discussions avec des membres de la communauté du renseignement ainsi que des officiers. Mais aussi grâce au procès des attentats de janvier 2015 qui s’est déroulé de septembre à décembre 2020 qui a permis d’éclairer les profils des victimes, des témoins et des auteurs, ainsi que des réseaux dont ils ont bénéficié.

Lire aussi: Le témoignage amer des premiers gendarmes qui ont fait face aux frères Kouachi

Dédié aux victimes et au GIGN

“Ce livre a été fait pour rendre hommage aux victimes“, confie Romain Agure, toujours gendarme d’active, mais plus au sein du GIGN depuis 2016. Il est d’ailleurs préfacé par Michel Catalano, le propriétaire de l’imprimerie de Dammartin, un temps otage des frères Kouachi. “Lorsque que je l’ai rencontré pour la rédaction de ce livre, j’ai découvert un homme très intéressant, mais aussi, comme d’autres, encore très marqué. C’était donc important de dédier ce livre aux victimes.”

Le livre propose également de découvrir le GIGN comme on a moins l’habitude d’en entendre parler. L’action et l’expertise de cette unité d’élite bien sûr, mais aussi l’attente, parfois pesante, et les difficultés rencontrées. Une façon pour l’auteur de rendre hommage à cette unité et aux hommes et femmes qui la composent. “C’était important aussi d’expliquer ce qu’est le GIGN. Car ce ne sont pas que des gens qui cassent des portes.”

Ce sera d’ailleurs peut-être l’objet d’autres projets d’écriture à venir. Sans doute lorsque celui, qui est toujours gendarme, arrivera à la retraite. Pour le moment toutefois, il les garde “bien au chaud dans sa sacoche”.

LP

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3 Commentaires

  1. Bébert

    J’ai une pensée pour les deux Gendarmes de la Brigade, intervenus seuls à l’imprimerie et qui ont blessé l’un des Kouachi. Ce qui n’enlève rien à l’efficacité du GIGN, mais on oublie trop souvent les primo-intervenants.

    • La rédaction

      En écoutant l’entretien, vous pourrez constater que vous n’êtes pas seul à avoir cette pensée. Romain Agure souligne et salue également l’intervention des primo-arrivants de la brigade locale, ainsi que (plus largement) le travail des gendarmes, en première ligne sur le terrain.

  2. BOYER Serge

    Quelle que soit l’unité, un gendarme reste un gendarme…
    Je salue le travail et l’efficacité de la Gendarmerie dans son ensemble et de ces gendarmes qui doivent travailler la main dans la main en mettant en œuvre leur spécificité chacun à leur niveau !

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