[Mis à jour] Incendie des Corbières en 2025 : Un agent de l’ONF mis en examen

Photo : Forêt calcinée à Ribaute, à la suite de l'incendie de 2025 - Crédits : Wikimedia Commons - Simon de L'Ouest

4 juin 2026 | Opérationnel

Temps de lecture : 2 minutes

[Mis à jour] Incendie des Corbières en 2025 : Un agent de l’ONF mis en examen

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[Article mis à jour] Un agent de l'Office national des forêts (ONF), soupçonné d'être à l'origine du gigantesque incendie qui a ravagé le massif des Corbières (Aude) durant l'été 2025, a été mis en examen jeudi pour "destruction involontaire par incendie aggravée". Deux autres agents placés en garde à vue avaient été libérés.

Un agent de l’Office national des forêts a été présenté devant des juges d’instruction de Montpellier ce jeudi 4 juin dans le cadre de l’enquête sur le feu de forêt des Corbières en août 2025. Il depuis a été mis en examen ce jeudi 4 juin.

Dans un communiqué datant du 3 juin 2026, le parquet de Montpellier avait indiqué que trois agents de l’ONF avaient été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête de l’incendie de Ribaute. Deux des agents ont été « remis en liberté mercredi soir sans charge retenue à ce stade de la procédure » indique le procureur de la République de Montpellier Thierry Lescouarc’h.

Le troisième agent a lui été présenté devant des juges d’instruction de Montpellier dans le cadre d’un interrogatoire de première comparution. Il a depuis été mis en examen pour « destruction involontaire par incendie aggravée », a annoncé le procureur Thierry Lescouarc’h dans un communiqué. Lors de sa garde à vue, l’agent a contesté son implication dans les faits. L’hypothèse d’une négligence avait été avancée par une source proche de l’enquête.

L’agent fait partie des auxiliaires de protection de la forêt méditerranéenne, qui effectuent régulièrement des patrouilles DFCI (Défense de la forêt contre les incendies) sur le terrain.

L’ONF écartée

L’ONF avait hier précisé à l’AFP que les gardes à vue des trois agents étaient « à titre personnel » et que « [L’ONF] n’étant pas mis en cause, nous n’avons pas accès au dossier et nous n’avons donc absolument pas connaissance des motifs ayant conduit le procureur
à décider d’une telle mesure, ni des faits susceptibles d’être reprochés à nos agents ». L’organisme avait aussi précisé se se tenir « à la disposition de la justice pour contribuer à la manifestation de la vérité ». « On est vraiment sous le choc, collectivement et individuellement », a déclaré ce jeudi un responsable local de l’ONF. « Tout le monde est surpris, peiné, un peu dans l’incompréhension. »

C’est la Section de recherches (SR) de Montpellier qui est chargée des investigations. Les chefs d’accusation visés contre les agents, dont la garde à vue avait été prolongée, sont des infractions de destructions involontaires par incendie. Ils étaient interrogés dans le cadre de l’information judiciaire ouverte le 13 août 2025, peu après l’incendie.

D’après le quotidien Midi Libre, les enquêteurs cherchaient à déterminer si une cigarette jetée par la fenêtre d’une voiture de patrouille pouvait être à l’origine du départ de feu. Les experts avaient par ailleurs exclu toute cause naturelle, la piste d’une origine humaine ayant été mise en avant par la justice.

Le pire incendie dans la région depuis 1949

Le feu s’était déclaré le 5 août 2025 le long de la RD212 entre Ribaute et Lagrasse (Aude). Attisé par une canicule et des rafales de tramontane à 60 km/h, le sinistre s’est transformé en un mégafeu incontrôlable traversant seize communes.

L’incendie avait parcouru 17 000 hectares et détruit une trentaine de maisons. La catastrophe a fait 25 blessés parmi les 2 100 pompiers mobilisés et a coûté la vie à une habitante, en faisant le plus grave incendie sur le pourtour méditerranéen français depuis plus de soixante-dix ans.

Alain Coste, maire de Ribaute au moment de l’incendie, s’est dit « stupéfait » qu’un agent au service de la nature puisse possiblement être impliqué dans un tel drame. Il a par ailleurs témoigné des séquelles économiques et paysagères persistantes : « La fréquentation touristique a diminué, personne n’a envie de passer des vacances dans un endroit où tout est dévasté. Le paysage, c’est désolant, c’est toujours tout noir. »

Lire aussi : Le travail de fourmi des enquêteurs pour élucider les incendies

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