Confrontée à la hausse des prix du carburant, la Gendarmerie pourra-t-elle assurer ses missions jusqu’à la fin de l’année? Sans une rallonge financière, rien n’est moins sûr estiment les sénateurs qui se sont penchés sur son budget pour 2026.
Avec, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, une hausse du diesel d’environ 30% et du sans plomb d’environ 15%, la Gendarmerie est « dans la même situation difficile que que tous ceux qui utilisent leurs véhicules pour exercer leurs mission », note le sénateur (UDR) des Alpes-Maritimes Henri Leroy.
Enveloppe « Archi ric-rac »
A l’origine, l’enveloppe allouée à l’Institution était déjà « archi ric-rac », rappelle sans détour le sénateur (LR) du Finistère Philippe Paul, rapporteur pour la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat. Le renouvellement du parc automobile avait en effet été sacrifié sur l’autel de l’investissement dans l’immobilier, finalement consenti après des années de vaches maigres.
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« J’avais donné un avis favorable au budget 2026 car il y avait queques progressions, mais pour les véhicules légers lourds ou blindés et leur alimentation en carburant, il était évident que c’était trop juste », souligne Henri Leroy, lui même ancien officier de Gendarmerie et auteur du rapport pour avis de la commission des lois consacré au budget de l’Arme. Pour lui, l’enveloppe prévue ne suffit pas, « avec la hausse des prix, à satisfaire les services courants de la Gendarmerie ». Et la situation sera bien pire si l’Institution « doit faire face à des événements non prévus comme des maintiens de l’ordre importants ou tout autre événement nécessitant du transport ».
Dans un premier temps, elle peut faire faire face à la situation « durant un certain nombre de jours, voire de semaines, mais il est évident qu’à terme, il faudra revoir le budget ».
En 2012 : 10 centimes de hausse, un budget alourdi de 5 millions d’euros
De combien aurait-elle besoin? Difficile à chiffrer. En 2012, le directeur général de la Gendarmerie, le général Jacques Mignaux estimait qu’une « augmentation de 10 centimes d’euro du prix du carburant représente une dépense supplémentaire de 5 millions d’euros » pour l’Arme. Celle-ci n’a pas pu nous donner une estimation actualisée de ce calcul. A l’époque, la Gendarmerie dépensait 65 millions d’euros par an de carburant, tandis que le budget 2026 en prévoyait 80 millions, ainsi que 5,4 pour les hélicoptères.
La note finale risque d’être salée, d’autant que la situation elle-même commence à générer des manifestations qui nécessitent une mobilisation accrue des gendarmes.
La Gendarmerie a déjà des pistes d’économie. En 2019, le sénateur (LR) de Haute-Saône Alain Joyandet regrettait ainsi que les gendarmes de sa circonscription réduisent le nombre de patrouilles pour se concentrer sur les interventions afin d’économiser le carburant. Dans un deuxième temps, les mesures d’ajustement budgétaires pourraient concerner les réservistes, moins employés lorsque l’Arme est confrontée à des soucis financiers. Le général Bonneau, le directeur général de la Gendarmerie, regrettait ainsi en octobre dernier que l’enveloppe budgétaire des réserves dans le budget 2026 soit très insuffisante pour les « employer suffisamment ».
MG
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