Des ossements ont été retrouvés jeudi 16 juillet 2026 à Villeneuve-sur-Vère, à une dizaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines (Tarn), à l’emplacement indiqué aux enquêteurs par Cédric Jubillar comme celui où il avait déposé le corps de Delphine Aussaguel, épouse Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Le procureur général près la cour d’appel de Toulouse, Nicolas Jacquet, a précisé à l’AFP qu’il s’agissait d’ossements pouvant être des ossements humains. La prudence de la formule dit l’état d’avancement réel des fouilles. À ce stade, rien n’est certain.
Le dispositif engagé sur zone est important. Selon les éléments transmis par la Gendarmerie, plus de 100 militaires sont mobilisés, avec un escadron de gendarmerie mobile, le groupement de gendarmerie départementale du Tarn, la section de recherches de Toulouse, l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN), cinq équipes cynophiles spécialisées sur les restes humains et une équipe de lutte anti-drones. Les recherches sont conduites par la section de recherches et des techniciens en identification criminelle, sous l’autorité d’un juge d’instruction désigné par la présidente de la cour d’assises de la Haute-Garonne.
Cinq équipes cynophiles spécialisées dans la recherche de restes humains, c’est un chiffre élevé pour une seule et même opération. Ces chiens travaillent sur les composés volatils émis par la décomposition, y compris à un stade squelettique. Leurs éventuels résultats dépendent de la température, de l’hygrométrie, de la nature du sol et de leur rythme de travail, ce qui impose des rotations courtes et justifie de disposer de plusieurs équipes. Selon les informations de L’Essor, ces cinq équipes cynophiles ont été désengagées après la découverte des premiers ossements pour laisser place aux experts.
Contexte tendu et lutte anti-drone
Dans ce type d’affaire particulièrement médiatisée, le survol du périmètre par des appareils de presse ou de particuliers fait peser un double risque. D’abord celui de la diffusion d’images susceptibles de nuire au secret de l’enquête. Mais aussi une gêne matérielle des opérations. D’où la nécessité d’un bouclage aérien. Avec notamment la présence de gendarmes spécialisés dans la lutte anti-drones.
Ces fouilles ont été déclenchées au lendemain d’une audition. Mercredi 15 juillet, devant la présidente de la cour d’assises de la Haute-Garonne, Cédric Jubillar a reconnu être à l’origine de la mort de Delphine Aussaguel et indiqué pouvoir orienter les enquêteurs pour localiser le corps. L’audition avait été sollicitée par ses avocats, Pierre et Guy Debuisson, dix jours après la révélation d’un courrier manuscrit dans lequel le peintre-plaquiste de 38 ans admettait, pour la première fois, sa responsabilité. Extrait de prison, il est présent sur les lieux des recherches, accompagné de ses conseils.
Pour les enquêteurs, la découverte d’ossements ne referme pas le dossier. Elle ouvre une autre séquence, centrée sur la caractérisation de l’origine humaine des restes, l’identification par comparaison ADN, puis un examen médico-légal visant à établir les causes et circonstances de la mort.
Cédric Jubillar soutient qu’il n’a jamais eu l’intention de tuer son épouse. Ce qui laisse entrevoir une contestation de la qualification de meurtre au profit de celle de coups mortels. La recherche d’éventuelles fractures et leur confrontation à la version de l’accusé, pèseront donc lourd devant la cour d’assises d’appel, dont l’audience est fixée à partir du 21 septembre à Toulouse et dont les avocats de l’accusé réclament le report.











