En France métropolitaine, 3 263 personnes sont mortes sur les routes l’an dernier, dont 2 523 hommes et 740 femmes. Le nombre de blessés atteint 247 000, en hausse de près de 5 % par rapport à 2024, dont 16 800 blessés graves. Ce sont donc à la fois les tués et les traumatisés qui augmentent. Un double signal d’alerte pour les unités de voie publique.
L’analyse des facteurs d’accidents mortels confirme des tendances structurelles que les gendarmes connaissent bien sur le terrain. La vitesse excessive ou inadaptée demeure le premier facteur, impliquée dans 29 % des accidents mortels dont le présumé responsable a été identifié. L’alcool arrive en deuxième position (21 %), devant l’inattention (13 %), les stupéfiants (11 %) et les malaises (11 %). Les manœuvres dangereuses et les refus de priorité représentent chacun 10 % des causes identifiées.
Des victimes souvent étrangères à leur propre accident
Un chiffre mérite attention : 1 216 des 3 263 tués en métropole n’étaient pas responsables de l’accident. Parmi eux, 53 % étaient des usagers vulnérables (piétons, cyclistes, trottinettes électriques, deux-roues motorisés). 30 % d’entre eux étaient des piétons. Ce sont eux que les brigades territoriales croisent dans les procédures les plus lourdes, celles où le mis en cause rentre chez lui pendant que la victime reste sur le bitume.
A noter : 1 381 personnes sont décédées dans des accidents sans tiers impliqué, soit 42 % de la mortalité totale. Parmi elles, 834 occupants de véhicules de tourisme et 292 usagers de deux-roues motorisés. Des drames souvent nocturnes, souvent ruraux, souvent liés à la vitesse ou à l’état du conducteur.
L’outre-mer, un bilan constaté mais globalement à la hausse
Les territoires ultramarins ont enregistré 252 tués l’an dernier, soit une hausse de 5 % par rapport à 2024. La part des hommes y est encore plus marquée qu’en métropole : 80 % des victimes, et 91 % des présumés responsables. Les usagers vulnérables représentent 55 % des non-responsables décédés. Les départements et régions d’outre-mer concentrent l’essentiel de la hausse, avec 179 tués, soit 12 % de plus qu’en 2024.
Pour les escadrons et pelotons de gendarmerie déployés outre-mer, ces données confirment une sinistralité structurellement élevée, sur des réseaux souvent moins sécurisés et avec des comportements à risque plus fréquents.
Par rapport à 2019, année de référence fixée pour la décennie 2020-2030, la mortalité en métropole est en hausse de 0,6 % et le nombre de blessés estimés de 3,4 %. La trajectoire qui devait conduire à moins de 2 000 tués en 2030 s’éloigne.









