Dix fermes agricoles ont été perquisitionnées simultanément par une quarantaine de gendarmes en Charente-Maritime. Accompagnés d’experts environnementaux, ils ont recherché ce mardi 31 mars 2026 des traces de pesticides interdits, après des alertes sanitaires.
Tests urinaires et de cheveux à l’origine de l’enquête
L’affaire débute en 2024. Des habitants de la communauté de communes de la plaine d’Aunis font analyser les urines et cheveux de mineurs. En tout, 72 enfants sont testés. En cause, le surrisque de cancer pédiatrique dans la région.
Les résultats montrent la présence de pesticides dans l’organisme de onze enfants, dont le fameux acétamipride. Cette substance est un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. Elle agit sur le système nerveux des insectes, mais aussi sur d’autres espèces comme les abeilles… et les humains. Raison pour laquelle la France interdit son utilisation depuis 2018. Elle reste toutefois autorisée dans le reste de l’Europe jusqu’en 2033.
En 2025, les associations Nature environnement 17 et Santé avenir environnement portent plainte. Le parquet de La Rochelle ouvre alors une enquête.
4 000 enquêteurs environnementaux
Un an plus tard, le 31 mars 2026, une quarantaine de gendarmes de Charente-Maritime passent à l’action, accompagnés de gendarmes de l’Oclaesp, spécialistes des questions environnementales, et de la Brigade nationale des enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP) qui dépend du ministère de l’Agriculture. Les militaires donnent le top départ de l’opération à 6h45.
Dix exploitations proches de La Rochelle sont investies en même temps. Les enquêteurs examinent les lieux de stockages, saisissent des contenants et effectuent des prélèvements sur les cultures. La préfecture de Charente-Maritime a d’ailleurs lancé une campagne de tests du sol, de l’air et de l’eau jusqu’en 2028.
La Gendarmerie compte aujourd’hui plus de 4.000 enquêteurs spécialement formés aux questions environnementales. C’est dix fois plus qu’en 2020. En moyenne, les forces de sécurité intérieure ont enregistré plus de 31.000 infractions environnementales chaque année entre 2016 et 2021. Tandis que les parquets ont été saisis de plus de 80.000 affaires d’éco-délinquance entre 2015 et 2019.
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