<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Guerre au Moyen-Orient : la France renforce sa posture de sécurité intérieure

Photo : Face aux risques d'attentats et pour renforcer la sécurité sur le territoire, des militaires patrouillent en France, dans le cadre du dispositif Sentinelle, prévu par le plan Vigipirate. (Photo: F.Maurin/Unsplash)

4 mars 2026 | Société

Temps de lecture : 3 minutes

Guerre au Moyen-Orient : la France renforce sa posture de sécurité intérieure

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Sur fond de vives tensions internationales et du conflit en Iran qui impacte toute la région du Moyen-Orient, le président de la République a annoncé renforcer la sécurité sur le territoire national.

Lors d’une courte allocution, mardi 3 mars 2026 à 20h, le chef de l’Etat a annoncé le renforcement de la posture de sécurité française, tant sur le territoire national qu’à l’étranger. Une décision résultant de la situation en Iran et au Moyen-Orient.

Selon Emmanuel Macron, « la guerre (au) Proche et (au) Moyen-Orient (…) s’étend à présent dans la région et emporte de graves conséquences pour la paix et la sécurité de tous ». Y compris celle des Français. Alors que les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran se poursuivent, les forces de la République islamique ripostent, ciblant des bases militaires alliées implantées dans d’autres pays du Golfe.

Le 1er mars 2026, au lendemain des premières frappes, le président avait tenu un conseil de Défense et de Sécurité nationale à l’Elysée. Un nouveau devrait se tenir ce mercredi soir, à 20 heures.

Renforcement de la sécurité pour les Français à l’étranger…

Les gendarmes vont eux aussi être mobilisés pour ce renforcement. À l’étranger tout d’abord, avec le renforcement de la sécurité des bases militaires françaises, à laquelle contribuent également les prévôts. Deux implantations militaires tricolores ont d’ailleurs subi des frappes iraniennes. Les dégâts causés par ces frappes restent limités, et uniquement matériels. Mais la vigilance reste de mise, alors que la France, avec ses partenaires et auprès de ses alliés régionaux, déploie des systèmes de défense anti-aérienne, des radars et des avions de chasse, à titre défensif.

Ce renforcement se traduit aussi dans les emprises diplomatiques de la France dans la région. La sécurité des ambassades, confiée soit à des gendarmes soit à des policiers, se voit ainsi renforcée. Le Quai d’Orsay, qui a activé sa cellule de crise, précise que près de 400.000 citoyens français se trouvent actuellement dans la région. Parmi eux, des résidents, mais aussi des professionnels et des touristes de passage.

… mais aussi sur le territoire

Le territoire national est également concerné. Emmanuel Macron a ainsi demandé au gouvernement de renforcer le dispositif de protection militaire Sentinelle. Assurée par les Armées, l’opération Sentinelle mobilise chaque jour entre 6.000 et 10.000 militaires sur le territoire. Adaptable, elle est étroitement liée au plan Vigipirate, déjà à son niveau le plus haut, « urgence attentat », depuis le printemps 2024, à l’approche des JO de Paris. Réactualisé en début d’année 2026, celui-ci met l’accent sur la menace constituée par les survols de drones, la sécurité des lieux de culte et bien évidemment la sécurité des bâtiments publics et institutionnels.

Mais dans sa déclaration, le chef de l’Etat a également exigé de renforcer « la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées ». Sans toutefois être plus précis, l’exécutif évoque par cette deuxième directive les lieux et personnes traditionnellement ciblés par les menaces terroristes en France ces dernières années. À commencer par les lieux de confession juive, et les membres de sa communauté. Mais aussi, plus largement, l’ensemble des lieux et événements accueillant du public.

Mise en vigilance des forces de sécurité intérieure

Sollicitée par L’Essor à propos de ce renforcement et des éventuelles nouvelles directives, la Place Beauvau confirme. Le ministère de l’Intérieur Laurent Nuñez a d’ailleurs adressés deux télégrammes successifs aux préfets et aux directeurs de la Police, de la Gendarmerie et de la Sécurité intérieure. Il leur demande tout d’abord de veiller à « la mise en vigilance des forces de sécurité intérieure », « afin de détecter toute action susceptible de troubler l’ordre public », en lien avec la situation internationale en Iran et au Moyen-Orient. Outre le renforcement de la « sécurité des emprises diplomatiques des parties impliquées », le ministre demande aussi à ses services une attention particulière quant à d’éventuelles actions « d’influence ou de déstabilisation en lien avec ce conflit ». Notamment si celles-ci devaient « revêtir un caractère d’action violente ».

Dans son second envoi, le ministre renouvelle ses consignes, passées en février, « d’extrême vigilance » vis-à-vis des manifestations et lieux de culte, et notamment les lieux et rassemblements religieux israélites. En lien avec l’actualité, ils doivent faire l’objet d’une « sécurisation renforcée ».

Lire aussi: Le plan Vigipirate à nouveau élevé au niveau « urgence attentat »

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