<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Affaire Jonathan: le criminel Allemand Martin Ney, jugé pour meurtre vingt-deux ans après les faits

Photo : Disparu début avril 2004, Jonathan Coulomb avait finalement été retrouvé mort un mois et demi plus tard dans un étang, son corps ligoté et lesté d'un parpaing. (Illustration: J. Sasson / L'Essor)

23 mai 2026 | Société

Temps de lecture : 3 minutes

Affaire Jonathan: le criminel Allemand Martin Ney, jugé pour meurtre vingt-deux ans après les faits

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Déjà condamné à la perpétuité en Allemagne pour des faits similaires, le principal suspect de l'enlèvement et du meurtre du petit Jonathan, retrouvé mort en 2004 un mois après sa disparition d'un centre de vacances de la côte Atlantique, est jugé en ce moment devant la cour d'assises de Nantes.

Vingt-deux ans après la disparition et le meurtre de Jonathan Coulom, 10 ans, lors d’une classe de mer en Loire-Atlantique, le procès de Martin Ney, un Allemand de 55 ans, s’est ouvert mardi 20 mai 2026 à Nantes, devant la cour d’assises.

Jonathan avait disparu en avril 2004 du centre de vacances où il logeait avec sa classe à Saint-Brévin-les-Pins. Il avait ensuite été retrouvé mort, un mois et demi plus tard. Son corps, ligoté et lesté d’un parpaing, reposait dans un étang près de Guérande. Soit à une trentaine de kilomètres du lieu de disparition du garçonnet.


Lire aussi : le récit complet de l’affaire Jonathan, publié dans le numéro 588 de votre magazine L’Essor de la Gendarmerie, paru en avril 2024.


Martin Ney a toujours nié les faits

L’accusé, qui a toujours nié les faits, est jugé jusqu’au 5 juin pour l’enlèvement et le meurtre du petit garçon. Dans le box vitré, t-shirt noir et blouson en jean, les cheveux ras et clairsemés, Martin Ney est accompagné de deux traductrices.

« Ce que la famille de Jonathan attend, ce sont des aveux de Martin Ney. La maman m’a toujours dit, pendant 22 ans, ‘je veux savoir, même si c’est difficile à entendre, mais je veux absolument savoir la vérité, pour avancer et continuer à vivre' », a déclaré devant la presse Me Catherine Salsac, avocate de la mère de Jonathan, partie civile au procès.

Né outre-Rhin, à Brême, Martin Ney a été condamné en 2012 en Allemagne à la prison à perpétuité. Il purge cette peine pour les meurtres de trois garçons de 13, 8 et 9 ans, entre 1992 et 2001. Des meurtres qu’il a avoués. Mais aussi pour neuf agressions sexuelles commises après s’être introduit dans des centres hébergeant des enfants.

Message de « l’homme en noir » sur un forum pédophile

Dès les premières semaines de recherches, en 2004, les autorités allemandes signalent aux enquêteurs français que les circonstances de la disparition de Jonathan rappellent celles de plusieurs enlèvements et meurtres d’enfants. Ces derniers sont attribués à un inconnu surnommé l’« homme en noir », en allemand « Schwarzer Mann ». Parfois aussi surnommé le « Maskenmann ».

Lorsque le corps de Jonathan, lesté d’un parpaing, est retrouvé le 19 mai 2004 dans un étang des environs de Guérande, les investigations se concentrent d’abord sur l’hypothèse d’un suspect local, qui aurait pu séquestrer l’enfant et aurait connu l’existence de l’étang, invisible depuis les routes alentour. Des dizaines d’individus font alors l’objet de prélèvements génétiques. Et les enquêtes de voisinage se multiplient. Mais à partir de 2008, de nouveaux rapports d’expertise estiment que Jonathan a pu être tué peu après son enlèvement et son corps immergé rapidement.

De l’autre côté de la frontière, Martin Ney est arrêté en 2011. Il reconnaît lors de sa garde à vue les meurtres de trois garçons. Interrogé sur l’enlèvement de Jonathan, il nie les faits et conteste s’être trouvé en France à ce moment.

Certains détaillent le lient pourtant aux faits. Selon l’enquête, Martin Ney avait à l’époque posté un message sur un forum en ligne classé comme pédophile, attribuant le meurtre du petit garçon à « l’homme en noir ». Et ce, avant même la découverte du corps de Jonathan. Martin Ney admettra par la suite la paternité de ce surnom.

13 jours d’audience

L’enquête connaît un nouveau tournant en 2017, quand un ancien codétenu de Martin Ney affirme avoir recueilli ses confidences. Celui-ci lui aurait avoué avoir tué un enfant en France. Il s’étonnait d’ailleurs de ne pas avoir été identifié par un homme croisé au moment des faits. Ces déclarations font écho au témoignage d’un agriculteur qui avait affirmé des années plus tôt avoir croisé un soir d’avril 2004 un individu conduisant une berline immatriculée en Allemagne.</p>

Sous le coup d’un mandat d’arrêt européen, Martin Ney est transféré en 2021 en France, où il est mis examen. Au fil des 13 jours d’audience, 20 témoins et experts, français et allemands, seront entendus par la cour d’assises. Y compris d’anciens gendarmes qui ont participé aux investigations.

(Rédaction de L’Essor, avec Laetita Drevet / AFP)

Lire aussi : Le suspect du meurtre du petit Jonathan en 2012 devant les assises de Loire-Atlantique (décembre 2024)

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