jeudi 24 septembre 2020
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Illustration (SD/L'Essor).

Yvelines : deux mois avec sursis requis contre un policier pour avoir frappé un suspect menotté

Deux mois d’emprisonnement avec sursis ont été requis lundi contre un policier des Yvelines, jugé pour “violences par personne dépositaire de l’autorité” sur un suspect menotté qui s’approchait de lui après l’avoir menacé de mort en faisant référence à Allah.

Le brigadier-chef affecté à la Sûreté urbaine du commissariat de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines est accusé d’avoir, le 8 mars, donné un coup de poing à un quadragénaire algérien en garde à vue, qui refusait de répondre à ses questions et proférait insultes et menaces de mort à son encontre.

L’homme était soupçonné de violences contre sa mère pour lui soutirer de l’argent. A l’issue de son interrogatoire, ce multirécidiviste particulièrement “hostile” se serait porté à la hauteur du policier, “les mains menottées à hauteur du visage” comme pour l’agresser, a indiqué le prévenu à la barre.

J’ai agi en état de légitime défense“, a argué le policier, 1,90 m pour presque 100 kg. Le coup de poing porté était, selon cet ancien boxeur, “proportionné puisque l’individu n’a eu ni marque, ni ITT” (incapacité temporaire de travail) pour ce coup “unique” à la pommette.

Absent à l’audience, la victime au casier judiciaire fourni (violences aggravées, outrages, rébellion…) est, pour le prévenu, “un apprenti jihadiste” qui “n’a cessé de proférer des menaces de mort“.

L’homme s’était emporté durant l’interrogatoire, tenant des propos en arabe ponctués de “Allah akbar” et menaçant de mort le fonctionnaire en français.

Il purge pour ce motif une peine de 15 mois après avoir été condamné en appel en août pour outrages. S’il n’est pas connu pour radicalisation, une enquête préliminaire a cependant été ouverte après des propos se référant au jihadisme tenus durant son procès, a précisé la procureure.

Pour cette dernière, la victime n’a pas été poursuivie pour tentative de violence contre les policiers, preuve qu’il ne “voulait pas attenter à l’intégrité physique” du policier.

Un policier a le droit à son intégrité physique. Un individu qui vocifère, appelle au jihad, vous ne pouvez pas le laisser approcher“, a rétorqué l’avocat du policier, Me Laurent-Franck Liénard, plaidant la relaxe.

Le ministère public avait auparavant rappelé le traumatisme subi en juin 2016 au sein du commissariat de Mantes-la-Jolie après l’assassinat à leur domicile d’un couple de policiers dans la commune voisine de Magnanville par un homme radicalisé. L’une des deux victimes travaillait dans ce commissariat. En 2016, le brigadier-chef avait été suspendu trois mois par sa hiérarchie après avoir insulté et craché sur une gardée à vue soupçonnée d’avoir mutilé son animal de compagnie.

Le jugement a été mis en délibéré. Décision le 16 octobre.

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2 Commentaires

  1. La justice n’a rien compris! Selon elle il faut se laisser tuer pour avoir gain de cause… Pauvre collègue, c’est le délinquant multirécidiviste qui va gagner!

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