jeudi 3 décembre 2020
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Palais de justice
Illustration (MG/L'Essor).

Voiture de police incendiée : le militant “antifasciste” Antonin Bernanos condamné à 3 ans ferme

Version actualisée 

Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé mercredi des peines allant jusqu’à sept ans de prison ferme contre sept personnes impliquées dans l’attaque et l’incendie d’une voiture de police en mai 2016 à Paris, sous les protestations de leurs partisans rassemblés devant la salle.

S’il a relaxé deux jeunes hommes qui étaient poursuivis pour participation à un attroupement violent, le tribunal a au contraire condamné le militant “antifasciste” Antonin Bernanos, prévenu le plus scruté de cette affaire retentissante, à cinq ans de prison dont trois ferme pour “violences aggravées“.

L’étudiant de 23 ans n’a toutefois pas été incarcéré immédiatement.

La justice rend mercredi sa décision contre des militants antifascistes accusés d’avoir participé de près ou de loin à l’attaque violente d’une voiture de police à Paris en 2016, et dont les partisans appellent déjà à la mobilisation.

Voiture de police incendiée, quai de Valmy (Photo d'illustration L'Essor).
Voiture de police incendiée, quai de Valmy (Photo d’illustration L’Essor).

A l’issue d’un procès sous haute tension, le parquet avait requis le 22 septembre des peines d’emprisonnement allant de douze mois avec sursis à huit ans ferme, selon le degré d’implication reproché à chacun des neuf prévenus.

La peine la plus lourde a été requise contre un prévenu en fuite, le Suisse Joachim Landwehr, accusé d’être l’incendiaire de la voiture de police.

Six autres ont été jugés pour des faits plus graves, en particulier des “violences aggravées” contre des policiers, un délit passible de dix ans de prison. Trois jeunes hommes ne sont poursuivis que pour avoir participé à un “groupement formé en vue de commettre des violences“, un délit créé par la droite en 2009 et très critiqué par les avocats de la défense.

Les images du véhicule en flammes et d’un policier parant à mains nues de coups de tige métallique avaient fait le tour du monde. Après cette attaque, survenue le 18 mai 2016 sur fond de contestation dans la rue de la loi Travail, et de grogne montante des policiers contre la “haine anti-flics“, le Premier ministre Manuel Valls avait réclamé des “sanctions implacables“.

La plus grande inconnue de ce délibéré du tribunal correctionnel de Paris est le sort qui sera réservé à Antonin Bernanos, étudiant de 23 ans, devenu avec ce procès l’une des figures les plus médiatiques de la mouvance antifasciste.

Le procureur a requis quatre ans de prison ferme contre ce grand jeune homme brun, qui a effectué dix mois de détention provisoire et qui a montré un calme parfait tout au long de son interrogatoire au tribunal.

Caleçon rose

Antonin Bernanos, dont le frère cadet est également poursuivi, a toujours nié être ce jeune homme au visage dissimulé qui assène des coups de poing à un policier encore assis dans la voiture, et qui fracasse le pare-brise arrière avec un plot métallique.

Pour faire le lien avec l’arrière petit-fils de l’écrivain George Bernanos, le procureur a retenu le témoignage, hautement controversé, d’un policier des renseignements anonyme. Le représentant du ministère public a aussi énuméré une série d’indices permettant selon lui de confondre Antonin Bernanos: un caleçon de couleur rose ou violette, des bagues, des cernes, un téléphone dans une poche de jean…

Me Arié Alimi a répliqué en déroulant une véritable contre-enquête.

Muni de grands agrandissements photographiques, il a voulu montrer que ces fameux “indices” pouvaient s’appliquer à bien d’autres jeunes hommes, dans le groupe de militants antifascistes vêtus de noir et masqués qui remontaient ce jour-là le quai de Valmy après avoir protesté contre la tenue d’un rassemblement de policiers.

Le tout sous le regard noir de son client, qui n’a guère apprécié de voir son avocat se transformer en officier de police judiciaire.

Le procès de cinq jours, rallongé à la demande de la défense, s’est déroulé dans une atmosphère tendue.

(Photo/Gendarmerie nationale).

Si un calme relatif a régné dans la salle d’audience, les débats ont été ponctués de clameurs et cris poussés par des dizaines de partisans des prévenus, rassemblés chaque jour à l’extérieur. On a entendu des “Tout le monde déteste la justice” et des “Flics violeurs assassins“. Un collectif antifasciste a déjà appelé à un rassemblement au palais de Justice mercredi à 10h, au moment où doit être rendu le délibéré, “pour accueillir le rendu comme il se doit“.

Pendant le procès, la mouvance d’extrême gauche a revendiqué en particulier un incendie dans une caserne de gendarmerie à Grenoble en “solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci“.

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