Des peines de 9 mois à 12 mois d’emprisonnement ont été prononcées mercredi à Rennes à l’encontre de quatre jeunes hommes, poursuivis pour avoir participé fin avril à une manifestation au cours de laquelle deux motards de la police avaient été agressés, forçant l’un d’eux à sortir son arme “pour se protéger“.
Le tribunal correctionnel de Rennes, qui a relaxé un cinquième prévenu, a proposé aux trois personnes condamnées à 9 mois de prison un placement sous surveillance électronique, ce qu’elles ont accepté.
Il a été le plus sévère vis-vis d’un jeune homme pris en photo par la police équipé lors du défilé d’un tuyau de douche et de son pommeau et portant des coups aux policiers. Le jeune homme avait contesté être la personne identifiée par les enquêteurs.
Son avocat, William Pineau, avait réclamé la relaxe, se demandant “quel degré de certitude” on pouvait avoir “sur l’identification de son client” chez lequel des vêtements et accessoires saisis lors d’une perquisition correspondaient selon les enquêteurs à ceux du manifestant pris en photo.
Les faits s’étaient déroulés le 27 avril entre les deux tours de la présidentielle, la manifestation étant émaillée d’incidents avec les forces de l’ordre. Deux motards de la police nationale, un homme et une femme, avaient été pris à partie par des manifestants.
Cibles de projectiles, ils avaient aussi reçu des coups alors qu’ils étaient présents pour sécuriser la manifestation.
Agressé par un groupe d’une dizaine de personnes, le motard avait finalement sorti son arme et l’avait pointée vers les manifestants, “la seule manière de me protéger“, a-t-il témoigné jeudi.
“J’ai cru qu’il allait mourir“, a dit la policière, soulignant être de son côté “toujours suivie psychologiquement“.
Les photos prises par la police avaient servi à l’identification des prévenus au cours de l’enquête. Deux des condamnés à 9 mois de prison, poursuivis comme l’ensemble des prévenus pour violences en réunion, pris en photos à proximité du motard, avaient contesté avoir porté des coups.
Mais la jurisprudence veut que la violence d’un seul membre d’un groupe fait présumer de la violence de tous, a expliqué Me Catherine Glon, une des avocats de la défense.
La troisième personne condamnée à neuf mois a reconnu aussi avoir manifesté, mais en queue de cortège, alors que les faits s’étaient produits en tête de cortège.
Les quatre condamnés devront verser solidairement 1.000 euros de dommages et intérêts à la policière et 1.800 euros au policier. Le ministère public avait requis des peines de 12 mois d’emprisonnement à l’encontre de trois d’entre eux, et de neuf mois pour les deux autres.
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