mardi 15 octobre 2019
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Décès de Pierre Verbrugghe, à l’origine du scoop du Monde sur l’affaire Greenpeace

(Version actualisée)

Pierre Verbrugghe, ex-DGPN et ancien préfet de police de Paris sous François Mitterrand,  décédé le 4 juin à l’âge de 88 ans, était à l’origine du scoop du Monde en 1985 sur la « troisième équipe » de l’attentat contre le « Rainbow Warrior ».

Cette révélation a été faite au cours du week-end par les deux anciens journalistes du quotidien, auteurs de ce scoop :  Edwy Plenel, 64 ans et fondateur de Médiapart et Georges Marion, 74 ans. Ils ont attendu pour citer leur source que les obsèques de Pierre Verbrugghe aient  eu lieu au cimetière du Père-Lachaise à Paris dans l’intimité familiale.

Né le 8  avril 1929  à Wattrelos (Nord),  Pierre Verbrugghe, énarque, a fait une bonne partie de sa carrière dans la préfectorale.

Sous-préfet de Thionville (1973-1975), il a ensuite été directeur du personnel et des écoles de la police nationale  (1975), puis directeur des personnels et des affaires politiques au ministère de l’Intérieur (mai 1978). Préfet, commissaire de la République du département de Seine-et-Marne de 1982 à 1983, il a été ensuite directeur général de la police nationale (DGPN) de 1983 à 1987.

Selon Edwy Plenel et Georges Marion, c’est à ce poste de DGPN  que Pierre Verbrugghe les avait mis sur la piste de la « troisième équipe » de l’attentat contre le navire-amiral de Greenpeace qui protestait alors contre les essais nucléaires français de Pacifique.

Le 10 juillet 1985, le «Rainbow Warrior » avait été coulé dans le port d’Auckland (Nouvelle-Zélande) par deux bombes posées sur sa coque par des nageurs de combat du service action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

L’opération avait tué un passager du bateau. Deux agents français (Alain Mafart et Dominique Prieur) étaient arrêtés sur place, puis jugés et condamnés par la justice néo-zélandaise. Ils formaient la première équipe de l’opération « Satanic ». Une deuxième équipe avait convoyé les bombes sur le voilier « Ouvéa » jusqu’à Auckland.
Deux mois après les faits, les deux journalistes du Monde à Edwy Plenel et Georges Marion avaient révélé qu’une troisième équipe, formée de nageurs de combat de la DGSE,  avait posé les deux bombes.

En septembre 2015, le colonel Jean-Luc Kister, qui avait dirigé l‘équipe des nageurs de combat de la DGSE, avait confirmé les faits.
« L’affaire Greenpeace » avait provoqué le limogeage de l’amiral Pierre Lacoste, patron de la DGSE et la démission du ministre socialiste de la Défense Charles Hernu. Elle avait eu un retentissement mondial et elle reste l’une des deux grandes affaires du premier septennat de Mitterrand avec celle des «Ecoutes de l’Elysée ».

Pierre Verbrugghe a terminé sa carrière de haut fonctionnaire comme préfet de police de Paris d’août 1988 à avril 1993.

PMG

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Photo d'illustration (Crédit photo: Jean-Marc Tanguy).

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