mercredi 30 septembre 2020
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Photo d'illustration (Crédit photo : @M.Guyot/Essor).

Contrôles d’identité détournés : la Préfecture de police dément les accusations

La Préfecture de police de Paris (PP) a démenti jeudi les accusations d’un ancien brigadier du Val-de-Marne, qui a transmis fin août au parquet de Créteil un rapport accablant sur les “détournements” des contrôles d’identité au service de la lutte contre l’immigration irrégulière.

Le policier, qui a depuis quitté l’unité de lutte contre l’immigration irrégulière du Val-de-Marne – rattachée à la Préfecture de police -, affirmait qu’il devait contrôler la régularité du séjour des étrangers sans avoir à constater une infraction pénale au préalable, comme l’oblige le cadre légal de ces contrôles réalisés sur réquisition du parquet.

Les flux migratoires constatés sur la capitale et en banlieue sont tels qu’ils donnent lieu à l’interpellation d’étrangers en infraction aux règles de séjour“, a répondu la PP à l’AFP. “Ces contrôles (…) concernent toutes les personnes, sans distinction” et servent à “prévenir les infractions“, a-t-elle assuré.

La PP a également affirmé qu'”aucun objectif chiffré n’était fixé aux fonctionnaires en matière de lutte contre l’immigration“.

Le brigadier assurait dans son rapport que chaque opération de contrôle devait déboucher sur dix conduites au poste d’étrangers en séjour irrégulier. Le brigadier dénonçait par ailleurs le ciblage des “Dublinés“, ces étrangers expulsables car ayant déjà déposé une demande d’asile dans un autre pays de l’Union européenne, pour améliorer les chiffres de reconduites à la frontière.

A supposer que ce soit légalement possible, ce qui n’est pas le cas, c’est en tout état de cause impossible dans la réalité“, a remarqué la PP. “La demande d’asile faite dans un autre pays de l’espace européen n’est découverte” qu’au moment du “relevé d’empreintes digitales“, a-t-elle souligné.

Le policier joignait également à son signalement un mail de sa hiérarchie invitant son service à cibler les femmes pour “tenter de remplir (…) jusqu’à ce qu’il déborde” le centre de rétention administrative (CRA) pour femmes de Paris, sous-utilisé et menacé de fermeture.

La fermeture du +CRA femme+ est déjà actée et interviendra dans quelques semaines“, a évacué la Préfecture de police.

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