Quelle sera la teneur des prochaines journées de mobilisation sur le territoire? Doit-on s’attendre à de nouvelles exactions, à de nouvelles violences à l’encontre des forces de l’ordre? C’est la crainte des autorités qui viennent d’annoncer un renforcement du dispositif à l’approche du nouvel « Acte II » des Gilets jaunes, samedi 24 octobre 2026.
Quelle qu’en soit la nature, les autorités ne souhaitent pas voir se reproduire l’épisode du 17 octobre. Et la mobilisation des forces de sécurité s’annonce, elle, massive. Au point que le Gouvernement prévoit le déploiement d’engins lanceur d’eau, des blindés Centaures de la Gendarmerie, des hélicoptères des forces aériennes de l’Arme, mais aussi des « unités d’élite » de la Gendarmerie et de la Police. C’est-à-dire, en l’espèce, des trois unités d’intervention spécialisées que sont le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), du Raid et de la Brigade de recherche et d’intervention de la Préfecture de Police de Paris (BRI-PP). Sans oublier leurs antennes en région. Des fonctionnaires et militaires spécialisés, mais pas destinés à des missions de dont le rôle ne concerne pas le maintien de l’ordre.
Une mobilisation qui inquiète
Cette mobilisation des unités d’élite de la Police et de la Gendarmerie n’est pas sans rappeler la démonstration de force décidée lors des émeutes de juillet 2023, consécutives à la mort de Nahel Merzouk. L’engagement des policiers d’élite du Raid à Marseille avait par exemple suscité l’émoi, tant au sein de la population qu’auprès des forces de sécurité, après la mort de Mohammed Bendriss, décédé à la suite d’un tir de LBD au niveau du thorax, et la mise en cause de plusieurs policiers du Raid.
Mercredi 21 octobre 2026, la secrétaire générale du syndicat de Police « Un1té » Linda Kebbab a d’ailleurs alerté auprès de nos confrères de BFM TV – RMC de la « forte inquiétude » des policiers du Raid pour cette mobilisation à venir, alors que « le maintien de l’ordre et la lutte contre les violences urbaines ne sont pas au coeur de leur métier ».
Autre source de préoccupation, la mobilisation des militaires de la Force Sentinelle, « déployés en substitution des forces de sécurité intérieure » pour remplacer les policiers et les gendarmes notamment missionnés pour de la « sécurisation statique ». Là encore, quid de leur doctrine d’intervention si des groupes violents venaient à s’en prendre à ces militaires, ni formés ni équipés pour assurer des missions de maintien de l’ordre.
Renforcement du dispositif
Les services de renseignement estiment que « des mouvements de casseurs extrêmement mobiles, y compris d’ultragauche, sont possibles samedi » 24 octobre. L’objectif du ministère de l’Intérieur est donc de « renforcer le volume d’effectifs disponibles et les unités déployées ».
Le cadre d’emploi de ces forces devra donc être suivie de près. Pour l’heure, le ministère de l’Intérieur évoque une doctrine de maintien de l’ordre globale « plus axée sur la réactivité et la mobilité pour aller chercher les groupes épars très mobiles et éclater le dispositif ». Probablement conjuguée aux mesures de couvre-feux, laissées à la main des préfets et déjà décrétées dans plusieurs villes depuis le début de semaine.
Le GIGN déjà déployé outre-mer
Déjà, le week-end dernier, l’antenne GIGN de Fort-de-France avait été déployée après que des gendarmes de la Martinique ont essuyé des tirs d’arme à feu en marge des mobilisations contre la vie chère. Ces derniers intervenaient alors sur des dégradations de commerces et de véhicules. Les gendarmes spécialisés dans les interventions du haut du spectre avait dû venir prêter mains fortes à leurs camarades, de plus en plus confrontés à l’usage d’armes aux Antilles.
Sous d’autres latitudes, à La Réunion, la brigade de gendarmerie du Bras-Fusil, a été la cible d’une attaque et sa façade endommagée par un incendie. Les flammes ont menacé les logements situés au-dessus, forçant les gendarmes et leurs familles à évacuer les lieux en urgence.
Mais la Métropole n’échappe pas non plus à ces exactions, à l’image de l’attaque de la caserne de gendarmerie implantée Place de la République, à Paris, où des gendarmes sont parvenus à empêcher des émeutiers de pénétrer dans l’enceinte militaire qu’ils voulaient vraisemblablement saccager.











