Scandale des eaux minérales : la Gendarmerie de l’environnement (Oclaesp) perquisitionne des sites Nestlé

Photo : Usine d'embouteillange de Nestlé Waters à Buxton - Royaume-Uni - Crédits : Mat Fascione, CC BY-SA 2.0

20 mai 2026 | Opérationnel

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Scandale des eaux minérales : la Gendarmerie de l’environnement (Oclaesp) perquisitionne des sites Nestlé

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Deux sites de Nestlé Waters, à Vergèze et Vittel, ont été perquisitionnés par la Gendarmerie (Oclaesp) dans le cadre d’une enquête pour « tromperie » liée au scandale des eaux minérales révélé en 2024.

En janvier 2024, une enquête du Monde et de la cellule investigation de Radio France révèle les pratiques peu scrupuleuses de certains industriels de l’eau minérale. Concrètement, les entreprises utilisaient des procédés de filtration interdits (Charbon, UV…) pour le traitement de leur eau de source. Cela avait pour but de continuer à la vendre alors qu’elle était contaminée. C’est ce que la presse va appeler le « scandale des eaux minérales ».

Mardi 19 mai 2026, deux sites du géant Nestlé Waters sont perquisitionné par la Gendarmerie et son Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp), accompagné d’agents de la répression des fraudes. Les deux sites sont ceux de Perrier à Vergèze dans le Gard et de Vittel dans les Vosges. Ces inspections, qualifiées « d’inopinées » par la direction de Nestlé surviennent dans le cadre d’une information judiciaire après qu’une plainte ait été déposée pour « tromperie » par l’ONG Foodwatch en septembre 2024.

Depuis le scandale, l’industriel utilisait la microfiltration à 0,2 μm (microns). Mais sa légalité a été contestée, elle a donc été remplacée par de la filtration à 0,45 μm, elle-même reniée en juillet 2025. Après cette mésaventure, l’entreprise a dû rédiger une demande pour garder son appellation d’eau minérale naturelle, qui a été acceptée fin 2025.

Rôle de l’Oclaesp

Dans cette affaire pour tromperie, l’Oclaesp est chargée des perquisitions. Cet office est composé de trois divisions : Investigation dite « DI » (santé publique et environnement), Protection animale (DNLMA) et Renseignement et coopération internationale (DRCI). Le but de ces recherches est de déterminer si la filtration « ne modifie pas l’eau minérale naturelle dans ses constituants essentiels et n’a pas pour objet de modifier les caractéristiques microbiologiques de l’eau » selon l’Etat. De démontrer donc, dans le cadre de la plainte pour tromperie, si Nestlé n’a pas menti aux consommateurs sur la composition de son eau minérale.

L’Oclaesp s’illustre également dans d’autres dossiers liés à la santé publique et aux fraudes sanitaires. Durant la crise du COVID-19, l’Office avait coordonné plusieurs enquêtes sur de faux produits médicaux, des escroqueries et des cyberattaques liées à la pandémie. Il avait aussi participé à l’identification de centaines de sites malveillants, en collaboration avec des partenaires internationaux comme la Drug Enforcement Administration (DEA) ou la Food and Drug Administration.

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