Le réseau avait collecté et transporté illégalement plus de deux tonnes de civelles entre la France et l’Espagne, pour un préjudice estimé à 600.000 euros. Pour contourner les contrôles, les trafiquants falsifiaient les documents de pêche ainsi que les registres de captures.
Les six personnes interpellées sur le territoire français ont été mises en examen pour association de malfaiteurs, trafic illégal d’espèces protégées, faux et usage de faux. Elles ont été placées sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer toute activité liée à la pêche.
Les civelles en danger critique d’extinction
La civelle, alevin de l’anguille européenne, est classée en danger critique d’extinction. Sa pêche et sa commercialisation sont strictement encadrées par l’Union européenne, qui en a fait une priorité de conservation. Ce cadre réglementaire n’a pas empêché l’émergence d’un marché noir mondial particulièrement lucratif : Europol estime que jusqu’à 100 tonnes de civelles sont introduites clandestinement en Asie chaque année, où elles sont élevées en fermes aquacoles avant d’être revendues comme produits légaux. Le manque à gagner pour les États et les filières légales peut atteindre 2,5 à 3 milliards d’euros par an en période de pic.
L’opération du 10 mars s’inscrit dans le cadre du dispositif LAKE, lancé par Europol pour lutter spécifiquement contre ce trafic. Lors de sa dernière édition, conduite d’octobre 2024 à juin 2025 avec vingt et un pays partenaires, l’opération avait abouti à 26 arrestations et 22 tonnes de civelles saisies. Depuis ses débuts, le bilan cumulé dépasse 850 arrestations et 109 tonnes interceptées.
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