Le syndicat majoritaire des policiers municipaux les invite à quitter les communes dirigées par LFI

Photo : Un policier municipal équipé d'un gilet pare-balle. (Photo d'illustration: L.Picard / L'Essor)

25 mars 2026 | Société

Temps de lecture : 3 minutes

Le syndicat majoritaire des policiers municipaux les invite à quitter les communes dirigées par LFI

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L'arrivée de quelques maires estampillés La France insoumise (LFI) après le second tour des municipales inquiète les syndicats des policiers municIpaux.

Le syndicat majoritaire chez les policiers municipaux leur demande de quitter les polices municipales sous pavillon LFI. Et l’annonce, mardi soir, du nouveau maire LFI de Saint-Denis Bally Bakayoko de désarmer progressivement sa police municipale a fait réagir les principaux syndicats.

Dès juillet 2025, la cheffe de file des députés insoumis Mathilde Panot assurait que les maires LFI désarmeraient leur police. Manuel Bompard, coordinateur de LFI, ajoutait un mois plus tard que « la police municipale n’a pas vocation à être armée ».

L’armement des polices municipales

La France compte actuellement 28.000 policiers répartis dans 4.500 communes. Avec des effectifs très disparates : 2.400 à Paris, 400 à Nice et deux ou trois policiers dans les petites communes. Contrairement aux policiers nationaux et aux gendarmes qui disposent tous d’un pistolet, l’armement des policiers municipaux n’est pas uniforme. Ainsi 83 % des policiers municipaux possèdent des armes non létales et/ou létales. Et 60 % portent des pistolets ou des revolvers. Les armes non létales, dites armes de force intermédiaire (AFI), regroupent le Pistolet à impulsions électriques (PIE), le bâton de défense (fixe ou télescopique) et le Lanceur de balles de défense (LBD).

Le maire de Saint-Denis veut priver d’abord ses 140 policiers municipaux de leurs LBD. Bally Bakayogo explique qu’ils constituent des « armes difficilement contrôlables et aux conséquences parfois dramatiques ».  Mais ses policiers municipaux resteront – pour le moment – équipés de pistolets 9 mm.

« L’arme à feu doit devenir obligatoire »

Il y a un mois, le syndicat FO Police municipale affirmait à L’Essor que « l’arme à feu doit devenir obligatoire », les armes de force intermédiaire ne constituant « que des compétences supplémentaires ». Cédric Michel, président du Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM, majoritaire) ajoutait : « Le pistolet de 9 mm est devenu un outil de travail indispensable« . Pratiquement même son de cloche à la CFDT.

En fait, tous les syndicats font valoir – à juste titre – que les policiers municipaux sont, dans la majorité des cas, des primo-intervenants sur des flagrants délits qui peuvent aller jusqu’à des actes terroristes. Le 29 octobre 2020 à Nice, des policiers municipaux avaient utilisé d’abord leur PIE Taser, avant de blesser très grièvement par balles un terroriste qui venait de poignarder à mort trois fidèles dans la basilique de la ville. Les syndicats soulignent par ailleurs que quelque 1.200 policiers municipaux ont subi des blessures en 2023 (chiffre du Sénat) en intervention.

« Il faut fuir les communes LFI »

Le lundi 23 mars, au lendemain du second tour et de l’arrivée de LFI à la tête d’une dizaine de communes, le SDPM titrait ainsi un communiqué : « Il faut fuir les communes LFI ». Le syndicat majoritaire exprimait « son plus grand scepticisme sur l’avenir sécuritaire de ces villes« . Il citait notamment « les déclarations répétées de LFI, particulièrement hostiles aux forces de l’ordre en général et aux policiers municipaux en particulier« . Le SDPM appelait donc « en toute responsabilité les policiers municipaux à faire tout leur possible pour quitter ces communes ».  Une position partagée par Jean-Jacques Marcely, président de l’Union syndicale professionnelle des policiers municipaux. Il a demandé également aux policiers municipaux de « fuir ces villes où le maire ne propose pas l’armement ». En ajoutant : « Il faut prévoir une mutation quelque part« .

Et les départs ne vont pas tarder. Le secrétaire général de l’UNSA Police municipale a en effet annoncé à L’Essor que 90 des 140 policiers municipaux de Saint-Denis avaient demandé à partir. Il a ajouté que les polices municipales sont « un métier à flux tendu » et qu’il sera donc très difficile à la ville de Saint-Denis de recruter de nouveaux policiers municipaux. Surtout s’ils apprennent qu’ils seront désarmés.

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