Quelque 210 tonnes de stupéfiants ont été saisies en 2025 par les gendarmes, policiers et douaniers en France, a annoncé mardi 17 mars 2026 Laurent Nuñez, à l’issue d’une réunion à l’Elysée sur le narcotrafic. C’est près du double des saisies effectuées en 2024: plus de 110 tonnes.
Parmi les drogues saisies, on compte 84,3 tonnes de cocaïne. Soit une hausse de 58% par rapport à l’année 2024, où 53,5 tonnes avaient été interceptées. Une augmentation qui poursuit sa lancée après une hausse spectaculaire de 130% en 2024.
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Le cannabis toujours majoritaire
Les saisies de cannabis sont aussi en augmentation. Les autorités ont ainsi mis la main sur 127,3 tonnes de cette drogue en 2025. Contre 101 tonnes l’année précédente. Soit une hausse de 21%, a ajouté le ministre de l’Intérieur.
Laurent Nuñez précise par ailleurs que depuis 2017, le « nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants augmente chaque année d’environ 7% ». « Entre 2025 et 2024, c’était même 8% », ajoute-t-il.
En outre, 146 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis en 2025, contre 113 millions d’euros en 2024, « une augmentation significative », s’est félicité M. Nuñez, évoquant « l’accent soutenu qui est mis sur la lutte contre le trafic » de drogues.
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La cocaïne en tête du marché des stupéfiants en France
La cocaïne reste la principale préoccupation des autorités, confrontées à une « vague blanche » en progression fulgurante ces dernières années. Autrefois réservée à des consommateurs aisés, son prix a diminué. La poudre blanche devient ainsi plus accessible et gagne de nouveaux addicts. Au point parfois de remplacer le cannabis, traditionnellement plus consommé.
Le chiffre d’affaires du marché des drogues en France était estimé à 7 milliards d’euros en 2023. Un résultat quasiment multiplié par trois par rapport à 2010, selon une note de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) et de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), publiée en décembre dernier. Principalement grâce à l’essor du marché des psychostimulants (cocaïne et stimulants de synthèse). D’ailleurs, le ministère de l’Intérieur estime que la moitié de ce chiffre d’affaire est le fruit de la vente de cocaïne.
Des saisies qui se multiplient
Les saisies records de cette drogue par les autorités françaises se sont multipliées ces derniers mois. En étroite collaboration avec les services d’enquêtes et de renseignement, dont la Gendarmerie et d’autres partenaires internationaux comme la DEA américaine, la Marine nationale réalise ainsi de belles saisies à proximité des côtes françaises. La dernière en date a eu lieu mi-janvier, au large de la Polynésie française. Les militaires ont interceptés près de 5 tonnes de cocaïne, découvertes sur un navire de pêche en provenance d’Amérique centrale.
La moitié des saisies réalisées en 2025 est le fruit du travail de la Douane, indiquait début février la ministre de l’Action et des Comptes publics de l’époque, Amélie de Montchalin. Elle présentait alors le bilan de la force de sécurité qui dépend de Bercy. À eux seuls, les services douaniers ont ainsi saisis 109 tonnes de produits stupéfiants. Dont 31 tonnes de cocaïne (+49% en un an).
Le nouveau ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, vient également d’annoncer un nouveau record de saisies. En février, les douaniers ont ainsi découvert plus de 13 tonnes de cocaïne dans le port de Dunkerque en l’espace d’une dizaine de jours: 1,9 tonne le 7 février, 8,4 tonnes le 12 février et 2,8 tonnes le 18 février. Soit près de la moitié des saisies effectuées en 2025. La valeur de revente au détail s’élève à près de 865 millions d’euros. Selon la directrice régionale des douanes à Dunkerque, Frédérique Durand, ces trois saisies « ne sont pas forcément liées aux mêmes organisations ». D’ailleurs, « une partie des 13 tonnes était destinée au territoire français ». Mais une autre part devait aussi rejoindre, « d’autres territoires hors Union européenne ».
Nouvelles portes d’entrée
Et ça n’est pas une première pour Dunkerque. Le troisième port français avait déjà été le théâtre de la précédente saisie record. En mars 2025, 10 tonnes de cocaïne y avaient été saisies. La plupart du temps, comme pour les trois saisies de février, la drogue est dissimulée dans des conteneurs de marchandises licites. La hausse du volume de transport par conteneurs ces dernières années constitue une opportunité pour les trafiquants. Appliquant le même principe que pour les mules – ces personnes qui voyagent en transportant de petites et moyennes quantités de drogue – ils n’hésitent pas à envoyer plusieurs cargaisons simultanément. En pariant sur le fait qu’une partie passe entre les mailles et arrive à bon port.
Traditionnellement, Anvers et Rotterdam étaient les principaux ports de livraison en Europe. Mais des ports de moindre envergure sont de plus en plus prisés par les narcotrafiquants. En France, c’est notamment le cas à Dunkerque et au Havre. Le port de Dunkerque, où travaillent actuellement une soixantaine de douaniers, va ainsi bénéficier de renforts. Une brigade dédiée à la lutte contre les trafics de stupéfiants par voie maritime commerciale va voir le jour le 1er septembre.
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