Mort de la gendarme Myriam Sakhri à Lyon: la justice prononce un non-lieu pour ce dossier au long cours

Photo : La gendarme Myriam Sakhri avait 32 ans quand son corps inanimé a été retrouvé dans son logement de fonction. (Photo: Famille Sakhri)

15 janvier 2026 | Vie des personnels

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Mort de la gendarme Myriam Sakhri à Lyon: la justice prononce un non-lieu pour ce dossier au long cours

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Après de multiples reports et rebondissements, la justice vient de décider d'un non-lieu dans le dossier au long cours sur la mort de la gendarme Myriam Sakhri, il y a 14 ans, à Lyon. Mais la famille ne compte pas en rester là.

La justice a décidé d’un non-lieu, jeudi 15 janvier 2026, dans le dossier au long cours de l’enquête sur la mort de la gendarme Myriam Sakhri, en 2011, dans la caserne Delfosse, à Lyon. Sa famille récuse la thèse d’un suicide pour raisons personnelles, persuadée qu’elle était harcelée par des collègues.

Après le non-lieu, la cassation

Dans son arrêt rendu en délibéré, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon « a estimé qu’il n’y avait pas lieu à poursuivre quiconque dans cette affaire ». « C’est une décision qui est une décision scandaleuse », a déclaré à la presse lors d’une communication téléphonique l’avocat des proches de Myriam Sakhri, Me Vincent Brengarth, qui n’a pu se rendre jeudi au tribunal. « Il est évidemment impensable pour nous d’en rester là. Le combat va continuer », a-t-il ajouté, annonçant que la famille de la militaire allait se pourvoir en cassation. « Cette décision n’est pas à la hauteur des enjeux sur les problématiques de harcèlement et de racisme », a conclu l’avocat.

Confirmant la décision d’aller jusqu’à la cour de Cassation, Nadirha, la sœur de Myriam Sakhri, ne perd pas espoir. « C’est scandaleux mais on s’y attendait » a-t-elle lancé avec colère à la sortie du tribunal. Devant les portraits de la disparue accrochés aux grilles de la cour, elle a dénoncé une enquête « bâclée » et une « mascarade depuis le début ». « Ils ne veulent pas juger son affaire, a-t-elle déclaré. Ils n’ont pas de courage. » La famille de la gendarme n’abandonne donc pas le « combat ». Au besoin, elle se dit même prête à aller jusqu’aux instances judiciaires européennes « si la Cour de cassation n’arrive pas à juger l’affaire ».

« On sera là pour élever la voix de Myriam quoi qu’il arrive, on ne lâchera rien et on fera preuve de courage quoi qu’il arrive », a ajouté devant la presse la nièce de la gendarme, Damia, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.

Myriam Sakhri avait porté plainte pour harcèlement et racisme

Âgée de 32 ans et d’origine algérienne, la gendarme a été retrouvée morte le 24 septembre 2011 dans son appartement de fonction, une balle dans le ventre et son arme de service à ses pieds. Affectée au Centre d’opérations et de renseignements de la Gendarmerie (CORG) du Rhône, service chargé de répondre aux appels du public, elle s’était plainte de harcèlement et de racisme. Une enquête interne avait été ouverte. Elle en attendait les conclusions.

À sa mort, un mot retrouvé à ses côtés, écrit de sa main –« Merci à G. le connard ! »– désignait le colonel qui commandait à l’époque le groupement de gendarmerie départementale du Rhône. L’affaire avait pourtant été rapidement classée. Mais la famille, dénonçant la partialité des investigations menées par l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN), avait porté plainte. Elle se constituait à cette occasion partie civile.

Cet acte avait ainsi déclenché l’ouverture d’une première information judiciaire en 2012. Elle avait débouché sur un premier non-lieu en 2013. Une décision ensuite confirmée en appel en 2014, puis par la Cour de cassation en 2015. Les magistrats avaient alors écarté tout harcèlement. Ils estimaient en effet que la gendarme s’était suicidée après avoir appris qu’elle devrait comparaître devant un tribunal pour deux affaires liées à l’exercice de sa profession.

« Bête noire »

Pas convaincue, la famille de Myriam Sakhri avait décider de poursuivre son combat. Elle a ensuite compilé des témoignages démontrant que la gendarme était devenue « la bête noire » de son entourage professionnel. La conséquence, d’après eux, d’une dénonciation du racisme de certains militaires.

Sur la base de ces nouveaux éléments, une information judiciaire pour harcèlement et homicide involontaire avait été rouverte en 2021. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon en avait la charge. L’examen de l’affaire avait fait depuis, l’objet de multiples reports.

Comme le rappellent nos confrères de France 3 Rhône-Alpes, une audience avait eu lieu le 9 octobre 2025 à Lyon. Elle s’était tenue à huis clos. L’avocat de la famille avait alors demandé à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon la mise en examen de plusieurs anciens collègues et cadres de la gendarme. « Nous avions énormément d’éléments qui permettaient non seulement de caractériser l’existence d’un racisme ambiant au sein du service dans lequel évoluait Myriam Sakri », mais aussi « des comportements de harcèlement à son encontre », a rappelé Me Brenghart, dénonçant « le manque de courage » de la justice.

L’avocat réclamait aussi l’exploitation de son téléphone et de son ordinateur. De son côté, le parquet général a requis la fin de l’instruction, sans acte supplémentaire. La décision de renvoyer ou non ce dossier devant la justice aurait dû être connue le 4 décembre dernier. Mais le délibéré avait finalement été prorogé au 15 janvier 2026.

L’Essor, avec l’AFP.

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Bruno Retailleau, pour lutter contre la violence et les narcotrafics en Guadeloupe, a confirmé l’installation de « deux escadrons de gendarmerie mobile, sans enlever le peloton de la garde républicaine », mais aussi de « deux brigades nautiques », une de gendarmerie et une de police respectivement en Basse-Terre à Gourbeyre et à Pointe-à-Pitre. Pensez-vous que cela sera une réponse satisfaisante ?

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