Après avoir tiré à sept reprises sur les gendarmes, un forcené domicilié à Saint-Just-Saint-Rambert, s’est suicidé ce mardi 21 juillet. Si aucun militaire n’a été blessé physiquement, le choc psychologique dans ce genre de situation peut être très violent pour les gendarmes engagés.
Dans ce genre de situation, la Gendarmerie nationale déclenche de manière automatique une chaîne globale d’accompagnement psychologique, hiérarchique et juridique au profit de ses personnels et de leurs proches.
RETEX à chaud
Depuis les enseignements tirés de la tuerie de Saint-Just dans le Puy-de-Dôme, durant laquelle trois militaires de la gendarmerie avaient été abattus, la réalisation d’un retour d’expérience (RETEX) à chaud est désormais obligatoire après tout événement traumatique d’ampleur. Conduite directement par le commandant d’unité, cette phase initiale permet de débriefer l’intervention et de poser un premier diagnostic humain.
Le rôle du chef d’unité ne s’arrête pas au lendemain du drame : il est tenu de suivre dans le temps l’ensemble des personnels impliqués, y compris ceux qui n’ont pas formulé de demande explicite de soutien psychologique au départ. Les contrecoups traumatiques pouvant survenir à retardement, la hiérarchie revient régulièrement vers les militaires concernés pour réévaluer leur état de santé mentale.
Réseau de psychologues-cliniciens
Pour assurer cette mission, l’institution s’appuie sur la Sous-direction de l’accompagnement du personnel (SDAP), rattachée à l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN). La SDAP a à disposition un réseau de 65 psychologues cliniciens répartis sur l’ensemble du territoire métropolitain et en Outre-mer afin de « sensibiliser toute la voie hiérarchique », précise le SIRPA-G.
Ce dispositif ne se contente pas d’intervenir en urgence. Il sensibilise en amont toute la chaîne de commandement aux signes du stress post-traumatique. Par ailleurs, l’accompagnement ne se limite pas aux seuls gendarmes en uniforme : les proches et les familles des militaires impliqués peuvent également bénéficier de cette prise en charge psychologique.
La protection fonctionnelle
Sur le plan judiciaire, l’ouverture d’une enquête est systématique lors d’un usage des armes. Les militaires sont dès lors placés sous le statut de mis en cause ou témoins. Pour éviter que la procédure ne devienne une charge morale en plus, la protection fonctionnelle rentre en jeu.
Cette couverture, qui existe depuis maintenant plus de dix ans, se résume en trois points : L’Assistance juridique (A.J.) qui fournit un premier niveau de conseils et un accompagnement dans les démarches, l’Assistance juridique évolutive (AJE) qui offre un sas transitoire adaptable si la qualification de l’affaire évolue, et enfin la Protection juridictionnelle (P.J.) qui prend en charge tout ou une partie des honoraires d’avocat et des frais liés à la procédure.
La protection fonctionnelle ne peut être refusée qu’en cas de « faute personnelle détachable du service » (comme un état d’alcoolémie au moment des faits), une situation jugée très rare par le SIRPA. Quand les investigations confirment que l’usage des armes était parfaitement conforme au cadre légal et aux règles d’engagement, l’institution enclenche une « manœuvre de récompenses » (citations, félicitations ou décorations).
L’exemple de Saint-Etienne
Cette chaîne de soutien pourrait s’appliquer à l’intervention survenue en début de soirée ce mardi 21 juillet à Saint-Just-Saint-Rambert, près de Saint-Étienne. Alertée par une mère de famille inquiète après que son conjoint a récupéré leurs deux enfants à la crèche à sa place, une première patrouille de gendarmerie s’est rendue au domicile familial. À leur arrivée, cet aide-soignant de 35 ans, pratiquant le tir sportif, a ouvert le feu à sept reprises dans leur direction avec un pistolet 9 mm. Protégés par leur véhicule de service, les gendarmes ne sont pas blessés, l’un d’eux réplique à une reprise sans l’atteindre.
Alors qu’une équipe du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) tentait d’établir le contact et que le GIGN était placé en alerte, l’homme s’est donné la mort avec son arme en présence de ses enfants âgés de deux et trois ans. Le couple, inconnu des services de justice, n’avait pas d’antécédents judiciaires. Le parquet de Saint-Étienne a ouvert une enquête pour tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique selon l’AFP.











