Non, instrumentaliser la gendarmerie n’a rien d’un programme présidentiel

Photo : Des gendarmes mobiles et leurs véhicules, victimes de l'utilisation d'engins incendiaires par des blacks-blocs en marge de la manifestation interdite à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), samedi 25 mars 2023. (Photo: Gendarmerie)

1 septembre 2026 | Editos

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Non, instrumentaliser la gendarmerie n’a rien d’un programme présidentiel

par | Editos

Entre anathèmes de la gauche et soutien inconditionnel de la droite, les forces de l’ordre en général, et la Gendarmerie plus particulièrement, deviennent l'objet de débats politiciens qui, à 8 mois du premier tour de l’élection présidentielle, méritent mieux que des caricatures.

Regardons la réalité en face. Cette campagne présidentielle s’annonce difficile. Autant à décrypter qu’à supporter.

Dans de navrants réflexes pavloviens, les partis se réclamant de la gauche cantonnent les forces de sécurité à un rôle de milice supplétive du pouvoir exécutif en place, quand ceux se réclamant de la droite ou de l’extrême droite les défendent sans état d’âme. Sans jamais regarder en face des dérives pourtant largement documentées par la presse ces dernières années.

Le 25 mars 2023, à Sainte-Soline, les gendarmes mobilisés à l’occasion d’une manifestation contre une méga bassine avaient eux-mêmes été la cible d’un déferlement de violence. Tirs de mortiers d’artifice, cocktails Molotov, véhicules incendiés. Plusieurs dizaines de militaires y ont été blessés. C’est cet évènement, et les violences commises en son sein dans les deux sens, que ressort Olivier Faure le 19 août dernier, dans un post sur X totalement hors contexte, pour qualifier les gendarmes de « voyous en uniforme ».

Double cécité

Face à cette attaque du premier secrétaire du PS, qui cherche visiblement à flatter sa base militante à l’approche de la primaire à laquelle il vient d’annoncer sa candidature pour 2027, Laurent Nuñez a pris, sans distance, la défense de militaires dont le comportement, ce jour-là, a été pour le moins problématique.

A la suite de plusieurs séquences révélées par Mediapart en novembre 2025, mettant en cause les propos et les actes de plusieurs gendarmes, le ministre a lui-même reconnu que 33 militaires avaient fait l’objet d’un traitement disciplinaire. Mais sur le fond, le ministre de l’Intérieur agit comme si le rapport de la Défenseure des droits sur le sujet, qui pointe une logique de confrontation et des manquements déontologiques, n’avait jamais été rendu public.

Ne pas instrumentaliser l’Arme

Le débat, surtout en période électorale, mérite mieux que ces caricatures. Il s’agit de s’interroger collectivement sur l’exercice de la violence légitime, sur la doctrine du maintien de l’ordre dans ce type de situations et sur le rôle de garant de la démocratie que l’ensemble des forces de sécurité se doivent de tenir en République.

Sans surprise, dans ce climat tendu, brouillé par l’émotion, les fakes news et la bêtise, l’Arme a déjà commencé à être instrumentalisée. Une parole forte du directeur général de la Gendarmerie nationale, appelant chacun à la retenue et à la préservation de l’institution, aurait à cet égard un immense mérite.

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