En consacrant un dossier aux violences intrafamiliales et à leurs dérives au-delà de ce cercle, nous entrons dans le domaine sensible de la vie privée. Très longtemps la porte close a permis tous les abus, on pouvait se boucher les oreilles, fermer les yeux et se couvrir la bouche au nom d’une liberté individuelle parfois bien dévoyée.
Faire la part des choses, recueillir la parole des enfants, démêler les écheveaux de relations conjugales et distinguer le vrai du faux, cela n’a jamais été simple.
Dans un contexte où les affaires se multiplient, où la parole se libère avec l’effet amplificateur des réseaux sociaux, il peut être difficile, en tant qu’enquêteur, de garder la tête froide face à des comportements qui dépassent l’entendement, pour ne pas dire l’humanité. Féminicide, pédophilie, soumission chimique, viol, agression scolaire, assassinat…, les «ballets roses ou bleus» des années 1970 ont cédé la place aux remugles des affaires Epstein ou Pélicot, de Fourniret ou, plus récemment, Le Scouarnec ou Cottineau, le collège de Betharram ou le père Preynant, sans omettre les agressions à répétition de professeurs, avec le sentiment que ceux-ci servent de boucs émissaires et d’exutoires à des situations familiales dysfonctionnelles. Il en est toujours ainsi, on braque le projecteur et il apparaît alors une multitude de faits qui, jusqu’alors, étaient invisibilisés. Avec le sentiment que, tel un tonneau des Danaïdes, le dévoilement de ces affaires ne signe pas leur fin, mais au contraire leur multiplication absurde et sans fin.
La Gendarmerie est souvent aux premières loges de ces situations, constatant, intervenant ou enquêtant. Cela nécessite du tact pour discuter avec les enfants, les femmes battues, les blessés de la vie, et cela ne s’improvise pas. On ne peut que se féliciter des progrès qui ont été faits en ce domaine, et de la façon dont la Gendarmerie a su se les approprier pour que les victimes puissent se sentir accueillies et écoutées.









