<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Prison ferme pour un passeur de migrants intercepté en Mer du Nord par la gendarmerie maritime

Photo : Dans le cadre de la nouvelle doctrine anti-passeur, la Gendarmerie maritime peut désormais intercepter des embarcations suspectées d'être des taxi-boats qui tenteraient de faire traverser illégalement et dangereusement la Manche à des migrants. (Photo d'illustration: CNE S.D. / Gendarmerie maritime)

10 mars 2026 | Société

Temps de lecture : 3 minutes

Prison ferme pour un passeur de migrants intercepté en Mer du Nord par la gendarmerie maritime

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Intercepté sur une embarcation suspecte au large de Dunkerque par les gendarmes maritimes, grâce à une nouvelle doctrine mise en place fin 2025, un passeur de migrants vient d'être condamné à de la prison ferme.

Un jeune homme a été condamné vendredi 6 mars 2026 à 18 mois de prison ferme à Dunkerque (Nord). Une condamnation qui intervient trois jours après l’interception par la gendarmerie maritime de l’embarcation qu’il pilotait en vue d’une tentative de traversée clandestine de la Manche. Assurant être de nationalité iranienne et être âgé de 18 ans, l’homme a été déclaré « coupable d’aide à l’entrée et au séjour irrégulier », a appris l’AFP du parquet de Dunkerque. Il a aussi été condamné à une interdiction du territoire français pendant cinq ans.

L’un des 11 passagers qu’il transportait au moment de l’interception du canot au large du port de Dunkerque, a été condamné à six mois de prison et dix ans d’interdiction du territoire. Il s’agit d’un Afghan de 19 ans. Il se trouvant « en violation » d’une telle interdiction, déjà prononcée à son encontre, a précisé le parquet. Les dix autres personnes qui étaient à bord ont été prises en charge par l’autorité administrative au titre de leur séjour irrégulier.

Des « taxi-boats » barrés par des passeurs

Sous la direction du parquet de Dunkerque, l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim), a diligenté les investigations. Elles ont permis « de démontrer que ce bateau devait aller récupérer d’autres personnes sur le littoral, afin de les acheminer ensuite au Royaume-Uni », selon le parquet.

Appelé « taxi-boat », ce mode opératoire est très prisé des passeurs. Il consiste à mettre à l’eau des embarcations à l’abri des regards – notamment depuis des fleuves côtiers à l’intérieur des terres. Cela permet d’échapper à la surveillance des forces de sécurité près des principales plages d’embarquement de migrants.

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Nouvelle doctrine anti-passeur pour la gendarmerie maritime

Selon l’association d’aide aux migrants Utopia 56, il s’agirait de la deuxième interception connue à ce jour d’une embarcation de migrants par les forces de sécurité sur le littoral français, en vertu d’une nouvelle doctrine d’intervention en mer fixée fin 2025 par la France après des mois de discussions avec le Royaume-Uni, afin de contrer le phénomène des « taxi-boats ».

En janvier 2026, une première interception de ce type avait été observée par l’association d’aide aux migrants. Elle a eu lieu sur un canal menant à la mer, à Gravelines, près de Dunkerque. Auparavant, les interceptions en mer visaient uniquement à porter secours.

Utopia 56 a regretté vendredi ne pas connaître les documents encadrant cette nouvelle doctrine d’intervention en mer, ni les modalités précises de déclenchement de telles opérations, dont l’association souligne aussi les risques (chavirage, noyade, etc.). En novembre 2025, un porte-parole de la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Premar) assurait que ces opérations auraient lieu en amont de l’embarquement de passagers. Et ce, afin de ne pas mettre leurs vies en péril.

Lire aussi : La Gendarmerie maritime va appliquer une nouvelle doctrine d’intervention en mer contre les traversées clandestines vers l’Angleterre

Plus de 41.000 passages en 2025

Confrontées à une vague migratoire continuelle ces dernières années, les autorités britanniques suivent de près la situation. Elles mettent en place des moyens pour davantage maitriser les flux d’arrivées sur leur sol. Souvent en partenariat avec les autorités continentales. En 2025, 41.472 migrants ont entrepris la traversée de la Manche vers l’Angleterre, au départ de la France. Il s’agit de la deuxième année la plus importante, après le record de 2022. Cette année là, les autorités avaient estimé à 45.774 le nombre de migrants ayant réussi à rejoindre le sol anglais. Et au moins 29 ont trouvé la mort lors de cette périlleuse traversée.

Une étude menée par les britanniques entre 2024 et 2025, permet d’établir le profil des candidats à la traversée. Selon elle, la grande majorité des personnes réalisant la traversées ont plus de 18 ans. Les trois quarts sont des hommes. Ils viennent principalement d’Afrique et du Moyen Orient (Érythrée, Afghanistan, Iran, Soudan et Somalie). Certains ressortissants de ces pays se transforment en passeurs. Mais c’est aussi le cas de membres de réseaux criminels des pays de l’Est de l’Europe. Plusieurs filières ont d’ailleurs été identifiées le long des côtes de la Manche et de la Mer du Nord.

Passeur pour une traversée extrêmement périlleuse

À terre comme en mer, les autorités déploient des moyens considérables pour endiguer le phénomène. Le mode opératoire des passeurs évolue toutefois constamment. Auparavant, ils faisaient partir des groupes de migrants depuis les plages. Ils dissimulaient au préalable les embarcations de fortune dans les dunes. Mais de nombreux gendarmes et policiers patrouillent sur le littoral pour décourager et contrer ces départs. Les passeurs viennent donc désormais chercher les migrants depuis la mer.

Afin de rentabiliser au maximum les tentatives de traversées, ils embarquent  plusieurs dizaines de migrants sur de petits canots semi-rigides. Des bateaux pneumatiques absolument pas adaptés à une navigation en haute mer. D’autant plus que la traversée de la Manche est extrêmement périlleuse. Comme le rappellent régulièrement les autorités françaises, outre une météo souvent rude et de forts courants, le trafic maritime y est incessant.

(Avec l’AFP)

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