<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Mort de l’adjudant-chef Éric Comyn à Mougins : le chauffard sera bien jugé pour meurtre

Photo : L'adjudant -chef Eric Comyn, blessé mortellement par un automobiliste ivre le 26 août 2024, après un refus d'obtempérer. (Photo: Gendarmerie)

10 avril 2026 | Société

Temps de lecture : 3 minutes

Mort de l’adjudant-chef Éric Comyn à Mougins : le chauffard sera bien jugé pour meurtre

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Le chauffard responsable de la mort de l'adjudant-chef Éric Comyn, à Mougins en 2024, va comparaitre pour meurtre devant une cour d'assises.

Mis en cause pour la mort du sous-officier supérieur de la Gendarmerie Éric Comyn, en 2024 à Mougins (Alpes-Maritimes), Luis Antonio Mendes Vaz, un homme aujourd’hui âgé de 40 ans, sera jugé par la cour d’assises pour meurtre. Sa défense demandait à ce qu’il soit jugé pour « homicide routier ». Mais d’après Europe 1, le juge d’instruction estime dans son ordonnance de mise en accusation que le conducteur a délibérément foncé sur le gendarme. Écartant ainsi la piste d’un acte involontaire ou accidentel. Une « satisfaction » pour la famille du défunt, qui a fait de ce jugement « son combat ».

Refus d’obtempérer mortel d’un multirécidiviste

Affecté au peloton motorisé de Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, Éric Comyn est mort à l’âge de 54 ans, le 26 août 2024. Lors d’un contrôle routier à Mougins, le conducteur d’une berline – qui roulait dangereusement dans le flot de circulation – avait refusé d’obtempérer à l’ordre d’arrêt du militaire spécialiste de la sécurité routière. Il avait alors violemment percuté le gendarme avant de prendre la fuite. Retrouvé une dizaine d’heures plus tard à Cannes, il affichait encore un fort taux d’alcoolémie. Arrêté, il avait été mis en examen puis écroué.

Le chauffard n’était pas inconnu des services. La justice l’avait déjà condamné dix fois entre 2005 et 2018. Dont six fois pour des délits routiers. Et notamment deux fois pour conduite en état d’ivresse. L’homme est donc considéré comme un multirécidiviste.

Renvoyé devant les Assises pour meurtre

Les magistrats ont retenu plusieurs arguments en faveur de son renvoi pour meurtre, et non pour homicide routier comme le demandait sa défense. À commencer par la conscience de l’action qu’a confirmé le multirécidiviste. Lors de leurs auditions par les gendarmes, sa compagne et sa soeur ont en effet indiqué que l’homme leur avait confié, « dans les minutes ayant suivis les faits », avoir « renversé un gendarme ». Bien qu’alcoolisé, il avait donc conscience de la qualité de gendarme de sa victime. Raison qui a donc poussé les juges à retenir « la circonstance aggravante de la qualité de personne dépositaire de l’autorité publique« .

Selon Franceinfo, qui a pu consulté l’ordonnance de mise en accusation, le juge d’instruction mentionne également « l’accélération délibérée du véhicule juste avant l’impact ». L’expertise en accidentologie et les images de vidéosurveillance n’ont par ailleurs « montré aucune manœuvre d’évitement » de la part du suspect. Enfin, la question de la visibilité avait aussi été invoquée par la défense. Une problématique balayée par le magistrat, l’enquête ayant démontré qu’elle était bonne et que l’éclairage public fonctionnait parfaitement.

Pour ce « meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique », le chauffard encoure la réclusion criminelle à perpétuité. Selon son avocate Me Marie Seguin, l’homme a interjeté appel de l’ordonnance de mise en accusation.

Le combat de la famille d’Éric Comyn

L’avocate Pauline Ragot, indique que la famille d’Éric Comyn, qu’elle représente, « accueille cette décision avec satisfaction ». Elle se prépare désormais « au procès d’assises qui, elle l’espère, se tiendra, dans les meilleurs délais ».

Mr Ragot estime que « le signal envoyé par la justice est aujourd’hui très clair: percuter de plein fouet et à vive allure un représentant de la force publique à l’occasion d’un refus d’obtempérer est un des actes criminels les plus graves de notre état de droit ». Il « doit être jugé comme tel ».

Promu au grade d’adjudant-chef et fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume, Éric Comyn était marié et père de deux enfants. Sa veuve, Harmonie Comyn, a plusieurs fois exprimé de vives critiques contre l’Etat français. Elle le juge aussi responsable de la mort de son mari. « Quarante années de tolérance et de laxisme ont donné le permis de tuer à cet homme. Ce drame est devenu mon combat, avait-elle affirmé lors d’une cérémonie d’hommage en août 2025.

Lire aussi : Eric Comyn : hommage officiel de la Gendarmerie et critiques de sa veuve sur le « laxisme » de l’Etat

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