La criminalité change de visage : les femmes et les adolescents au service du crime

Photo : Crédits : Caique Araujo

11 avril 2026 | Société

Temps de lecture : 2 minutes

La criminalité change de visage : les femmes et les adolescents au service du crime

par | Société

Selon un rapport publié le 10 avril, les réseaux criminels recrutent de plus en plus de jeunes et de femmes, profitant notamment de la numérisation pour élargir leur vivier et transformer leurs méthodes.

Le crime se diversifie. Un rapport du Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) publié le  10 avril 2026 révèle que les femmes et les adolescents sont de plus en plus présents dans les organisations criminelles.

« Profil moins associé à la délinquance »

Pour le Sirasco, une des causes du recrutement des femmes est le développement du numérique. En effet, les trafiquants 2.0 préfèrent aujourd’hui proposer un équivalent d’Amazon prime à leurs clients plutôt que de les faire se déplacer. L’organisation entière se voit alors féminisée. D’abord avec « les centrales d’appel » mais aussi sur le terrain grâce à « leur profil moins associé à la délinquance […] diminuant d’autant le risque de contrôle sur la voie publique ».

Le rapport, consulté par l’AFP, précise d’autres facteurs, les femmes de détenus par exemple. Certaines reprendraient alors l’affaire de leurs maris. Le rôle qu’elles jouent dans les organisations ne se limitent donc pas seulement à de la main d’oeuvre. Le Sirasco a notamment cité une affaire de trafic de drogue marseillais datant de 2025, impliquant un homme multirécidiviste s’entourant d’un réseau de livraison composé de femmes.

Jeunes tueurs

Mais les femmes ne sont pas les seules à être plus représentées. 24 % des enquêtes élucidées en 2024 concernaient des « jeunes tueurs de moins de 20 ans ». Pour les trois premiers trimestres de 2025, le chiffre augmente à 28 % avec une sur-représentation des villes du sud de la France. Pourtant, c’est tout le territoire qui est touché par ces jeunes délinquants et ce, grâce à la numérisation qui a « permis d’étendre géographiquement le vivier de recrutement ». Selon Annabelle Vandendriessche, cheffe du Sirasco, celle-ci favorise « l’offre et la demande de biens et de services criminels ».

Cette facilité de recrutement donne aux « employeurs » une main d’oeuvre « facilement remplaçables et mobiles ». Les profils sont parfois même directement recrutés sur les points de deal.

New deal

Avec le numérique vient aussi une nouvelle façon de gérer les « entreprises ». Les trafiquants ont alors accès à une expertise sans détenir de contacts, grâce à l’offre et la demande. La cheffe du Sirasco précise alors qu’obtenir« Stupéfiants, armes, faux papiers […] est aujourd’hui à la portée de tout un chacun ».

Le trafic s’organise aussi différemment, avec un principe de Taylorisme un peu tardif, sur fond de numérique. Le travail est désormais cloisonné « entre commanditaire, intermédiaire recruteur et petite main exécutante » termine la cheffe du Sirasco.

Lire aussi : Premiers aperçus de l’évolution de la délinquance et de l’insécurité en 2024

La question du mois

Êtes-vous favorable au développement de la vidéoprotection aux niveaux communal et intercommunal ?

La Lettre Conflits

La newsletter de l’Essor de la Gendarmerie

Voir aussi