<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> La caserne abritant l’école de gendarmerie de Tulle rebaptisée au nom de la majore Mélanie Lemée

Photo : Dévoilement d'une plaque après la baptême de la caserne Majore Mélanie Lemée, où est implantée l'école de gendarmerie de Tulle, le 21 mai 2026. (Capture d'écran / Gendarmerie)

22 mai 2026 | Vie des personnels

Temps de lecture : 3 minutes

La caserne abritant l’école de gendarmerie de Tulle rebaptisée au nom de la majore Mélanie Lemée

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Jusqu'à présent nommée Caserne "La Bachellerie", l'enceinte militaire abritant l'école de gendarmerie de Tulle portera désormais le nom de la majore Mélanie Lemée.

Il est des noms qui parlent. Celui de Mélanie Lemée en fait partie. Dix ans après sa formation au sein de l’école de gendarmerie de Tulle (Corrèze), la caserne abritant l’établissement vient d’être baptisée, ce jeudi 21 mai 2026, au nom de la gendarme. En 2020, la militaire était « morte pour le service de la Nation » à l’âge de 25 ans.

À sa sortie de l’école de sous-officier de gendarmerie de Tulle, en 2016, Mélanie Lemée avait rejoint la brigade de proximité d’Aiguillon (Lot-et-Garonne). Moins de quatre ans plus tard, en juillet 2020, elle avait été tuée en service sur un barrage dressé à hauteur de la commune de Port-Sainte-Marie. Les gendarmes tentaient alors de stopper un criminel en fuite. L’homme, qui transportait de la drogue, conduisait sans permis et sous l’emprise de cocaïne. Souhaitant éviter le poste d’interception, il avait violemment fauché la gendarme, à plus de 150km/h. Dans sa fuite, le chauffard avait multiplié des refus d’obtempérer, n’hésitant à mettre en danger les forces de sécurité, ainsi que les autres usagers de la route.

Dévoilement d'une plaque après la baptême de la caserne Majore Mélanie Lemée, où est implantée l'école de gendarmerie de Tulle, le 21 mai 2026. (Capture d'écran / Gendarmerie)

Dévoilement d’une plaque après la baptême de la caserne Majore Mélanie Lemée, où est implantée l’école de gendarmerie de Tulle. (Capture d’écran / Gendarmerie)

Le parcours d’une jeune engagée

Originaire de Normandie, Mélanie Lemée avait rejoint l’Arme en 2015. Avant de devenir sous-officier de carrière, elle avait servi en tant que réserviste, au sein de la compagnie de réserve territoriale d’Alençon (Orne). Un an plus tard, le concours de sous-officier de gendarmerie en poche, elle entrait à l’école de Tulle.

Quelques mois avant son décès, elle avait obtenu son diplôme d’officier de police judiciaire. Elle envisageait de rejoindre une unité de recherches. Promu à titre exceptionnel au grade de majore, elle a été faite chevalier de la Légion d’honneur. Elle a aussi reçu la Médaille militaire, la Médaille de la Gendarmerie avec palme de bronze, ainsi que la Médaille de la Sécurité intérieure, échelon or. Elle a également été citée à l’ordre de la Nation.

Passionnée de judo, elle pratiquait aussi ce sport à haut niveau. En marge de son engagement dans la Gendarmerie, elle avait pu intégrer l’équipe de France militaire en 2016. À quatre reprises, elle avait ensuite décroché le titre de championne de France militaire de judo dans sa catégorie.

À l’instar du colonel Arnaud Beltrame, qui a donné son nom à de nombreuses casernes, rues et bâtiments publics, la caserne de l’école de gendarmerie de Tulle n’est pas la première à recevoir le nom de la majore Lemée. L’état-major du groupement de gendarmerie du Lot-et-Garonne avait déjà fait se choix pour rebaptiser sa caserne d’implantation. Tout comme la nouvelle caserne de gendarmerie de La Ferté-Macé, dans l’Orne, où la gendarme avait grandi.

Lire aussi : Derrière la mort de la gendarme Mélanie Lemée, les choix fatidiques du chauffard

Un nouveau procès en vue pour le responsable de la mort de Mélanie Lemée

Ce baptême intervient quelques jours avant le procès en appel de l’homme ayant mortellement percuté la gendarme.

Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle, Yassine El Azizi a fait appel du verdict des jurés. Il doit donc comparaitre à nouveau devant la cour d’assises du Gers, à Auch. Le procès doit se tenir du 1er au 10 juin 2026.

Lire aussi : Mort de Mélanie Lemée : nouveau procès en vue après l’appel du conducteur et du parquet

Un autre gendarme tué, honoré à l’école de Tulle

En plus du baptême de la caserne, la cérémonie organisée à l’école de Tulle, célébrait un autre événement. La fin de formation de la 72e promotion d’élèves-gendarmes. Comme un clin d’œil à leur ancienne camarade, les futurs sous-officiers avaient choisi comme parrain un autre gendarme tué lors d’un refus d’obtempérer. Le 4 février 2018, l’adjudant David Lannes avait été percuté volontairement par un jeune de 15 ans. Au guidon d’une motocyclette trafiquée, le mineur avait refusé d’obtempérer à ses injonctions. Le gendarme participait alors à une mission de lutte contre l’insécurité routière sur la commune de Salles (Gironde). Le lendemain, il décédait des suites de ses graves blessures. Affecté à la brigade territoriale autonome de Belin-Béliet depuis 2015, il avait 46 ans, était marié et père de trois enfants.

Promu major à titre exceptionnel, il a lui aussi été fait chevalier de la Légion d’honneur et a reçu les mêmes décorations que la majore Lemée.

Les élèves-gendarmes de la 72e promotion de l'école de Tulle avait choisi le major David Lannes, tué en service en 2018, comme parrain. (Capture d'écran / Gendarmerie)

Les élèves-gendarmes de la 72e promotion de l’école de Tulle avait choisi le major David Lannes, tué en service en 2018, comme parrain. (Capture d’écran / Gendarmerie)

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