Avec la Sainte-Geneviève, le 16 février est l’autre date forte du calendrier des gendarmes. C’est bien sûr la date de création officielle de la Gendarmerie nationale, par la Loi du 16 février 1791. Mais c’est aussi ce jour-là qu’ils rendent hommage à leurs « héros », vivants ou décédés. Comme dans chaque groupement et chaque commandement d’outre-mer, une cérémonie nationale a eu lieu lundi 16 février 2026. Elle réunissait les différentes subdivisions d’Arme de la Gendarmerie, ainsi que des délégations d’écoles ou encore de réservistes.
Contrairement aux éditions précédentes, la cérémonie ne se déroulait pas aux Invalides cette année. Mais dans l’enceinte du prestigieux Quartier des Célestins, siège de la Garde républicaine, à Paris. De fait, la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides fait actuellement l’objet de travaux. Elle subit une intense rénovation. Elle restera d’ailleurs indisponible jusqu’à la fin de l’été 2026.
Hommage aux morts
Huit personnels de la Gendarmerie (six gendarmes et deux personnels civils) sont morts en service ou dans l’accomplissement de leur mission au cours de l’année écoulée, entre février 2025 et février 2026.
- L’élève-gendarme Irvin Félicité, décédé le 9 avril 2025, à l’âge de 24 ans, à la suite d’un malaise survenu lors d’une séance d’instruction de l’école de gendarmerie de Tulle.
- L’adjudant Thierry Teriierooiterai, du commandement de la gendarmerie pour la Polynésie-Française, décédé le 10 avril 2025, à l’âge de 50 ans, des suites d’un malaise alors qu’il était d’astreinte commandement à Papeete.
- L’adjudant Marc Languenou, de l’escadron de gendarmerie mobile 27/7 de Lure, décédé des suites d’un malaise survenu lors d’une séance de sport, le 24 avril 2025, à 42 ans. Son escadron se trouvait alors en déplacement à Cayenne (Guyane).
- L’adjudant-chef Stéphane Plunian, de la cellule d’identification criminelle du groupement de gendarmerie départementale de l’Yonne, décédé le 6 juin 2025, alors qu’il participait aux fouilles réalisées dans le «cimetière» d’Emile Louis. Il avait 42 ans.
- L’adjudant Nicolas Verriez, 36 ans, appartenait à la brigade de gendarmerie maritime P602 de Dzaoudzi (Mayotte). Il est décédé des suites de ses blessures, après un accident survenu lors d’une manœuvre maritime, le 18 septembre 2025. Il se trouvait alors à bord d’une embarcation fluviale rapide.
- M. Abdou Shams El Din, personnel civil du bureau soutien logement infrastructure de la Garde républicaine, décédé le 6 décembre 2025, à 51 ans.
- L’adjudant David Picard, du groupement de gendarmerie départementale de la Moselle, décédé après deux ans de coma, le 24 décembre 2025, à l’âge de 53 ans. Il avait été percuté par un automobiliste en septembre 2023, alors qu’il se rendait à vélo à la caserne Radet, de Metz pour y prendre son service.
- M. Jean-Marc Cuny, personnel civil du commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire, victime d’un malaise, le 6 janvier 2026, à 61 ans.
Une cérémonie déplacée aux Célestins
Outre la localisation de la cérémonie, la cérémonie a été marqué par d’autres circonstances exceptionnelles. Les autorités qui la présidaient étaient en effet différentes de l’habitude. En déplacement à l’étranger, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez était représenté par sa ministre déléguée, Marie-Pierre Vedrenne. Tandis que le général de corps d’armée André Petillot, major général de la Gendarmerie nationale (MGGN), représentait le directeur général de l’Arme (DGGN) Hubert Bonneau.
Le DGGN accompagnait le ministre dans son déplacement en Algérie. Mais il a exprimé son soutien à distance. Dans une publication diffusée sur sa page LinkedIn, il a tenu à « s’associer pleinement, par la pensée et par le cœur, à cet hommage » aux gendarmes et personnels disparus.
« En cette journée empreinte d’émotion et de fraternité d’Armes, mes pensées vont d’abord à leurs familles, à leurs proches et à leurs camarades. Elles vont également aux militaires blessés en service, qui portent dans leur chair le prix de leur engagement. » (Général d’armée Hubert Bonneau)
Lire aussi : Bruno Retailleau rend hommage aux « héros de la Gendarmerie »
Près de 11.000 gendarmes blessés en 2025
Le général Bonneau n’a pas non plus oublié les nombreux blessés de l’Arme. Il a d’ailleurs souligné que les « militaires blessés en service (…) portent dans leur chair le prix de leur engagement ». En 2025, 10.816 gendarmes ont été blessés dans l’exercice de leurs fonctions. Selon la Direction des opérations et de l’emploi (DOE), 3.000 d’entre eux l’ont été à la suite d’agressions. Soit un gendarme agressé toutes les trois heures en moyenne.
Dernier exemple en date, l’attaque terroriste qui a visé des gendarmes au pied de l’Arc de Triomphe, vendredi 13 février 2026, résonnait dans toutes les têtes lors de la cérémonie. La ministre déléguée l’a d’ailleurs évoqué, adressant une pensée particulière aux membres de la Musique de la gendarmerie mobile, ciblés par cette attaque. « En commettant cet attentat, c’est la Nation que (ce terroriste) cherchait à atteindre. Et vos camarades ont fait rempart », a salué la ministre.

La ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, a présidé la cérémonie nationale d’hommage aux héros de la Gendarmerie, lundi 16 février 2026, au Quartier des Célestins, à Paris. (Photo: A.Naime / L’Essor)
Au cours de la cérémonie, la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne a « célébré le courage des héros de la Gendarmerie ». « Ce moment important, souligne-t-elle, rappelle à chacun tout ce que la Nation doit aux gendarmes et à la Gendarmerie ». Elle a ensuite rendu hommage aux vertus de « dévouement », de « bravoure », « d’humilité », de « force d’âme » et de « fraternité » qui animent les gendarmes. Des vertus qui expliquent les sacrifices auxquels les gendarmes sont prêts à consentir pour protéger les Français.
Lire aussi : Un homme tué par balles à l’Arc de Triomphe après avoir tenté de poignarder un gendarme mobile
Honneurs aux héros
Au cours de la cérémonie, dix gendarmes départementaux, mobiles et gardes républicains ont reçu des décorations, dont certaines avec citation, des mains de la ministre déléguée ou du général Petillot. Il s’agit pour la plupart d’entre eux de la médaille de la Gendarmerie nationale ou la médaille de Défense nationale. Elles récompensent les actes héroïques de ces gendarmes.
Ces derniers, confrontés à des situations particulièrement complexes ou risquées, avaient fait honneur à la Gendarmerie par leur intervention. À l’image de deux gendarmes du Peloton de gendarmerie de haute-montagne (PGHM) de Chamonix. En mars 2025, ils ont sauvé la vie d’un snowboardeur tombé dans une crevasse. Ou de deux membres du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig) de Chantilly, confrontés aux tirs d’un homme qu’ils venaient interpeller. Mais aussi d’un gendarme du Peloton motorisé de Saint-Martin-du-Frêne (Ain), violemment percuté par un automobiliste qui refusait d’obtempérer…

Avec la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, le général de corps d’armée André Petillot, major général de la Gendarmerie nationale (MGGN) a remis des décorations à dix gendarmes pour leurs actes héroïques au cours des douze derniers mois, lundi 16 février 2026, au Quartier des Célestins, à Paris. (Photo: A.Naime / L’Essor)
Au niveau national, une centaine d’autres gendarmes ont également reçu une décoration lundi 16 février 2026. Elles leur ont été remises à l’occasion des cérémonies organisées à travers le territoire.
Loïc Picard
Lire aussi : Hausse de 11 % des refus d’obtempérer en 2025









