Hausse de 11 % des refus d’obtempérer en 2025

Photo : L'année 2025 enregistre un nouveau record du nombre de refus d'obtempérer essuyés par les gendarmes et policiers sur la route. (Photo d'illustration: Gendarmerie)

3 février 2026 | Société

Temps de lecture : 2 minutes

Hausse de 11 % des refus d’obtempérer en 2025

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Plus de 28.000 refus d'obtempérer ont été enregistrés par les forces de sécurité intérieure en 2025, selon un bilan provisoire publié par le ministère de l'Intérieur.

Après trois années de diminution, le nombre de refus d’obtempérer essuyés sur la route par les gendarmes et les policiers en France repart à la hausse en 2025. Selon le bilan provisoire de l’insécurité et de la délinquance en 2025, dressé par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), leur nombre a augmenté de 11% en 2025 par rapport à 2024. 28.200 infractions de cette nature ont ainsi été enregistrées en 2025. Un chiffre record depuis dix ans.

Le précédent pic datait de 2021, après six années d’augmentation (+2% par an en moyenne). Cette année-là, 27.600 refus d’obtempérer avaient été enregistrés par les forces de sécurité intérieure. La France traversait alors la crise de la Covid-19. Une tendance a la baisse était toutefois observée depuis. Avec un recul d’environ 3% par an entre 2021 et 2024, se stabilisant à 25.500 délits. Ce triste résultat pour l’année 2025 vient donc casser la dynamique de baisse.

Graphique illustrant l'évolution du nombre de refus d'obtempérer routiers enregistrés entre 2016 et 2025, extrait de la première photographie de l'insécurité et de la délinquance en 2025, édité par le SSMSI en janvier 2026. (Capture d'écran / SSMSI)

Graphique illustrant l’évolution du nombre de refus d’obtempérer routiers enregistrés entre 2016 et 2025, extrait de la première photographie de l’insécurité et de la délinquance en 2025, édité par le SSMSI en janvier 2026. (Capture d’écran / SSMSI)

Un refus d’obtempérer toutes les 18 minutes

Rapporté à 24 heures, le nombre de refus d’obtempérer dépassait les 77 par jour en 2025. Gendarmes et policiers ont ainsi été confrontés en moyenne à 3,22 refus chaque heure. Soit un refus d’obtempérer toutes les 18 minutes en France.

Outre la hausse globale du nombre de ces délits, une autre tendance est préoccupante. Celle du nombre de refus d’obtempérer aggravés. C’est-à-dire lorsqu’ils exposent directement autrui « à un risque de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente ». En 2025, leur part atteint 22%. Soit environ 6.200 infractions. Un chiffre, là encore, jamais atteint jusqu’à présent, en hausse d’un point par rapport à 2024. La situation s’aggrave donc à deux niveaux.

Il ne s’agit pour l’heure que d’une « première photographie » de l’insécurité et des faits de délinquance enregistrés en 2025. Il faudra attendre juillet 2026 pour avoir les statistiques définitives. Une évolution des résultats reste donc possible, notamment en raison d’éventuelles requalifications de faits dans le cadre des procédures ouvertes.

Consignes de fermeté

S’exprimant alors que plusieurs policiers ont été blessés en l’espace de 24 heures dans d’importants accrochages résultant de refus d’obtempérer en divers points du territoire (Nantes, Seine-et-Marne, Saint-Cyr-l’Ecole, Toulouse…), le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a rappelé avoir donné pour instruction aux policiers et gendarmes d’« engager des poursuites systématiques ». Une directive dans le prolongement de la circulaire passée auprès des forces de sécurité intérieure par son prédécesseur Place Beauvau, Bruno Retailleau.

Alors qu’il y a aujourd’hui, « de moins en moins de respect de l’autorité, a déclaré le ministre, invité par nos confrères de TF1, la réponse sera toujours très ferme », a-t-il insisté. Il a d’ailleurs rappelé que sur les 28.200 refus d’obtempérer enregistrés en 2025, « plus d’un tiers constituait une mise en danger de la vie d’autrui ».

LP

Lire aussi : Très légère baisse des refus d’obtempérer en 2024

La question du mois

Bruno Retailleau, pour lutter contre la violence et les narcotrafics en Guadeloupe, a confirmé l’installation de « deux escadrons de gendarmerie mobile, sans enlever le peloton de la garde républicaine », mais aussi de « deux brigades nautiques », une de gendarmerie et une de police respectivement en Basse-Terre à Gourbeyre et à Pointe-à-Pitre. Pensez-vous que cela sera une réponse satisfaisante ?

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