L’organisation et les nouvelles missions de la Garde républicaine rappelées dans un arrêté

Photo : Des spécialistes de la lutte anti-drones de la Garde républicaine. (Photo d'archive: MG/L'Essor)

8 janvier 2026 | Vie des personnels

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L’organisation et les nouvelles missions de la Garde républicaine rappelées dans un arrêté

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Le dernier texte sur l'organisation et les missions de la Garde républicaine remontait à plus de trente ans. Il vient d'être remis à jour.

Un arrêté du 2 janvier 2026, paru ce mercredi au Journal officiel, actualise l’organisation et les missions de la prestigieuse Garde républicaine. Cette unité qui compte principalement deux régiments d’infanterie et un régiment de cavalerie –dernière unité montée de l’armée française–, conserve des missions traditionnelles de protection et de sécurité des palais nationaux et de services d’honneur aux plus hautes autorités de l’Etat. Elle s’est vue dotée au fil des dernières années de tâches plus modernes, comme la lutte anti drone ou des missions de sécurité publique au profit du préfet de police de Paris.

Le précédent arrêté, signé de Pierre Joxe, alors ministre de la Défense, datait du 9 mars 1993. Il se voit ainsi abrogé. Le nouvel arrêté porte la signature du directeur général de la Gendarmerie, le général d’armée Hubert Bonneau.

Sous les ors des palais de la République

Les fantassins de la Garde républicaine assuraient déjà la protection et la sécurité intérieure de l’Elysée, de l’Assemblée nationale et du Sénat, de Matignon, de l’Hôtel de Brienne (ministère des Armées), du Quai d’Orsay et de sa précieuse valise diplomatique.

Ils ont pris en compte plus récemment celles du Conseil constitutionnel et des trois hôtels du pôle Saint Germain (Environnement, Transports…). Ainsi que celles de l’Hôtel national des Invalides qui abrite également le Groupement interministériel de contrôle (GIC – chargé de centraliser la mise en œuvre des écoutes administratives et interceptions de sécurité) et le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Sans oublier la protection et la sécurité intérieure du palais de justice de Paris, qui abrite toujours la Cour de cassation et la Cour d’appel de Paris, les escortes des détenus et la police des audiences.

Ils participent tous, ainsi que des cavaliers de la Garde, aux services de sécurité et d’honneur pour le compte du Président de la République, de ceux des assemblées et du gouverneur militaire de Paris.

Selon l’arrêté, « la Garde républicaine peut être appelée à participer au maintien de l’ordre à l’intérieur des assemblées parlementaires, sur réquisition de son président« . Et, « sur réquisition également, elle assure une permanence destinée à intervenir sur toute menace de nature terroriste ou tout type d’agression contre les personnes présentes sur les sites ». 

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La Garde républicaine a l’exclusivité des escortes présidentielles

Les gendarmes du régiment de cavalerie et de l'escadron motocycliste de la Garde républicaine, encadrant la voiture du Président de la République, sur les Champs-Elysées. (Capture d'écran de la retransmission télévisée de la cérémonie commémorative du 8 mai 1945, le 8 mai 2022 à Paris).

Les gendarmes du régiment de cavalerie et de l’escadron motocycliste de la Garde républicaine, encadrant la voiture du Président de la République, sur les Champs-Élysées. (Capture d’écran de la retransmission télévisée de la cérémonie commémorative du 8 mai 1945, le 8 mai 2022 à Paris).

L’arrêté précise par ailleurs que la « Garde républicaine constitue la seule unité en charge de l’escorte présidentielle ». Lors de la parade militaire du 14-Juillet sur les Champs-Élysées, 200 cavaliers de la Garde, montés sur des alezans, ouvrent le défilé des troupes à pied et des matériels roulants. Auparavant, 70 cavaliers avaient formé la grande escorte du Président de la République entre le rond-point des Champs-Élysées et la place de la Concorde, où est installée la tribune présidentielle.

Par ailleurs, un escadron motocycliste est rattaché au 1er régiment d’infanterie de la Garde républicaine. Ces motards sont les seuls de la Gendarmerie à porter un casque blanc sur lequel on peut lire l’inscription « escorte présidentielle ». Ils assurent notamment les escortes protocolaires et de sécurité réservées au président de la République et aux souverains et chefs d’État étrangers en visite en France. Ces motocyclistes sélectionnés parmi les meilleurs pilotes de l’Arme, effectuent également des d’escortes sensibles, des missions de sécurité routière et ils participent à la sécurisation d’épreuves sportives comme le Tour de France.

Menaces terroristes, lutte anti-drones et sécurité publique

Mais les gardes républicains ne se contentent plus de leurs missions traditionnelles. Ainsi, depuis plusieurs années, certains ont reçu des formations pointues pour la lutte anti-drones, comme durant les Jeux olympiques de Paris de 2024. C’est notamment le rôle des gendarmes de la Section de protection et d’appui drones (SPAD), créée en 2019 et rattachée au 2e régiment d’infanterie de la Garde. Précurseure dans ce domaine, et disposant d’une compétence nationale, elle assure, outre la protection des palais nationaux et des hautes autorités, la sécurisation d’événements nationaux majeurs.

Les cavaliers peuvent assurer des missions de sécurité publique générale et de police de l’environnement, au profit du préfet de police de Paris et de certains départements disposant d’unités équestres.

Ces gendarmes, que l’on appelle « gardes », peuvent aussi concourir à des missions de police judiciaire et participer aux opérations de rétablissement de l’ordre, en métropole comme en outre-mer ou à l’étranger. Comme chaque gendarme, comme l’a d’ailleurs réaffirmé le général Bonneau peu après sa nomination à la tête de l’Arme, ils contribuent à la défense opérationnelle du territoire (DOT). Enfin, la Garde républicaine conduit des missions de rayonnement et de communication. Une mission principalement dévolue aux prestigieux musiciens qui composent le Chœur et l’Orchestre de la Garde républicaine.

Au total, la Garde républicaine compte actuellement quelque 3.200 hommes et femmes répartis au sein de l’état-major, du commandement des maisons militaires, des 1er et 2e régiments d’infanterie, du régiment de cavalerie et des postes équestres permanents en métropole et outre-mer, ainsi que des orchestres et du chœur de l’Armée française.

PMG (avec LP)

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La question du mois

Bruno Retailleau, pour lutter contre la violence et les narcotrafics en Guadeloupe, a confirmé l’installation de « deux escadrons de gendarmerie mobile, sans enlever le peloton de la garde républicaine », mais aussi de « deux brigades nautiques », une de gendarmerie et une de police respectivement en Basse-Terre à Gourbeyre et à Pointe-à-Pitre. Pensez-vous que cela sera une réponse satisfaisante ?

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