Nouvelles modalités pour l’obtention du diplôme d’Arme : ce qui change pour les gendarmes

Photo : Les gendarmes qui réussissent la formation se voient attribuer le brevet du diplôme d'Arme au CNEFG de Saint-Astier. (Photo d'illustration: CNEFG)

26 janvier 2026 | Vie des personnels

Temps de lecture : 3 minutes

Nouvelles modalités pour l’obtention du diplôme d’Arme : ce qui change pour les gendarmes

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Tests de sélection préalable, conditions de redoublement, organisation... Les nouvelles modalités et conditions de délivrance du diplôme d'Arme viennent d'être publiées au Journal officiel.

Les nouvelles modalités et conditions de délivrance du Diplôme d’Arme (DA) viennent de faire l’objet d’un arrêté. Daté du 21 janvier 2026, il a été publié au Journal officiel samedi 24 janvier 2026.

Le diplôme d’Arme s’adresse en priorité aux sous-officiers appartenant à la gendarmerie mobile. Il est aussi accessible aux gendarmes départementaux agréé pour intégrer la subdivision d’arme de la gendarmerie mobile. Il concerne également ceux affectés dans une unité d’intervention comme les pelotons de surveillance et d’intervention

Équivalent en matière d’intervention professionnelle au diplôme d’officier de police judiciaire, concernant la filière judiciaire, il permet aux gendarmes de progresser en grade et en responsabilités.

Un test préalable de sélection pour la formation au diplôme d’Arme

Pour pouvoir se présenter au diplôme d’Arme, les conditions pour les sous-officiers de gendarmerie restent les mêmes. Mais viennent s’y ajouter un test préalable de sélection. Auquel il faudra avoir obtenu une note supérieure ou égale à 10 sur 20. Le programme et les modalités d’organisation de ce test préalable sont fixés par instruction. Il contient des tests physiques de sélection ainsi qu’un test technique national. Les candidats bénéficient d’un enseignement à distance pour s’y préparer.

Comme dans sa version précédente, la formation au diplôme d’Arme se divise en deux phases. La première consiste en une formation théorique et technique. La seconde, en un stage national de formation tactique.

Formation théorique et technique

Commune à tous, mais organisée au sein de la formation administrative d’appartenance avec un programme et des modalités fixés par instruction, la formation théorique et technique comprend trois parties:

  • un enseignement à distance ;
  • un stage, sanctionné par un test écrit, portant sur le combat, le maintien de l’ordre public et l’intervention professionnelle.
  • des tests physiques d’admission au stage national devant être validés.

Ce découpage a donc évolué par rapport à l’organisation précédente qui comprenait également une mise à niveau individualisée visant l’acquisition des qualifications et compétences indispensables au suivi du stage national de formation tactique, et trois stages distincts avec contrôles de connaissances portant respectivement sur le combat (UV1), le maintien de l’ordre public (UV2) et l’intervention professionnelle (UV3). Toutefois, le stage nouvelle formule, dont la durée totale n’excède pas vingt jours, peut rester fractionné en plusieurs périodes. Il n’est par ailleurs plus question des trois ans de validité des différents modules. L’instruction devrait en préciser les modalités, mais il est probable que l’intégralité du stage soit à repasser en cas d’échec.

En cas de note inférieure à 10 sur 20 au test écrit ou d’échec aux tests physiques d’admission au stage national, le candidat ne peut pas poursuivre la formation.

Stage national de formation tactique

Le stage national de formation tactique constitue la seconde phase de la formation au diplôme d’Arme. Il est organisé par le Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG). L’arrêté précise qu’il vise à « former les candidats aux fonctions de gradés aptes à commander dans des situations opérationnelles dégradées ». Pas de changement sur cet objectif.

Quant à l’évaluation des candidats, elle se fait désormais sur trois points:

  • des bilans d’étapes théoriques et pratiques ;
  • une épreuve sportive dont le contenu et le barème sont précisés par instruction;
  • des mises en situation régulières.

Enfin, l’arrêté – qui remplace le précédent, datant de décembre 2021 – mentionne également des dispositions transitoires et de report. Notamment pour les candidats au cycle 2026/2027 et ceux amenés à ne pas être disponibles pour raisons opérationnelles (Opex, blessure en service…).

Attribution du diplôme d’Arme

À l’issue de cette formation en deux blocs, une commission nationale constituée pour ce diplôme se réunit et propose une liste de lauréats au Commandement des écoles de la Gendarmerie nationale (CEGN).

Cette proposition se base sur trois critères. Tout d’abord, le niveau de compétences, théoriques et pratiques, atteint par chaque candidat en fin de formation. Ensuite, l’aptitude du candidat à exercer les responsabilités de gradé de commandement opérationnel, notamment dans les domaines du maintien de l’ordre, de la sécurité publique générale et de l’intervention professionnelle. Enfin, l’engagement du candidat démontré durant l’ensemble de la formation.

C’est donc ensuite le CEGN qui attribue le diplôme d’Arme aux lauréats. La décision d’attribution du DA prend la forme d’un classement par ordre de mérite. Il fait apparaître l’une des trois appréciations suivantes:

  • « parmi les meilleurs »;
  • « dans la moyenne »;
  • « dans la moyenne basse ».

Une mention spécifique « avec les félicitations de la commission » peut aussi être attribuée. Le jury la réserve aux lauréats les plus méritants.

Enfin, il est à noter que la réussite au diplôme d’Arme n’emporte plus l’attribution simultanée de la qualification de moniteur en intervention professionnelle. Ce fut notamment le cas entre fin 2021 et mars 2025. Ce monitorat fait désormais l’objet d’une formation distincte, mise en œuvre par le CNEFG.

LP

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La question du mois

Bruno Retailleau, pour lutter contre la violence et les narcotrafics en Guadeloupe, a confirmé l’installation de « deux escadrons de gendarmerie mobile, sans enlever le peloton de la garde républicaine », mais aussi de « deux brigades nautiques », une de gendarmerie et une de police respectivement en Basse-Terre à Gourbeyre et à Pointe-à-Pitre. Pensez-vous que cela sera une réponse satisfaisante ?

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