Il y a 10 ans jour pour jour, le secrétariat général de la Garde nationale (SGGN) était créé. L’annonce de sa dissolution intervient pile une décennie plus tard. Cette structure vit donc ses derniers mois et devrait avoir disparu au plus tard le 1ermars 2027. C’est ce que révèlent nos confrères du Parisien.
La décision a été prise la semaine dernière par l’exécutif. C’est une cellule logée au secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), une instance dépendant de Matignon, qui prendra le relais. Le gouvernement justifie ce choix par l’expansion des réserves. Le ministère des Armées vise 105 000 réservistes en 2035, contre moins de 45 000 fin 2024. Les réserves douanière, sanitaire et pénitentiaire grossissent elles aussi. Une coordination interministérielle devient nécessaire.
La Gendarmerie garde la main
Chaque ministère conservera toutefois la tutelle de sa réserve. La gendarmerie continuera donc de recruter, former, gérer et employer ses propres réservistes opérationnels. Le Commandement des réserves et de la jeunesse (CRJ) demeure également le pivot du dispositif.
Pour l’Arme, l’enjeu est considérable. La réserve opérationnelle de la gendarmerie dépasse 40 000 volontaires sous contrat comme l’a rappelé la semaine dernière le général Hubert Bonneau. Par comparaison, celle de la police comptait 11 753 réservistes fin 2025. Dans la future architecture, la Gendarmerie restera donc le principal contingent du ministère de l’Intérieur.
Fichier unique, chantier sensible
La nouvelle cellule (la fameuse SGDSN évoquée plus haut dans notre article) aura d’abord une mission technique, à savoir unifier les bases de données. Elle devra recenser les compétences et les disponibilités puis éliminer les doublons, un même volontaire pouvant figurer dans plusieurs réserves.
Alors que la Gendarmerie administre ses réservistes avec son propre outil, Minot@ur, la question de l’interconnexion se posera rapidement. On ignore encore qui tranchera lorsqu’un réserviste sera sollicité par deux administrations à la fois.
Conventions employeurs en suspens
Le SGGN signait les conventions-cadres avec les entreprises. Plus de 1 500 ont été conclues en dix ans. Ces conventions permettent à un salarié de s’absenter jusqu’à 30 jours par an pour servir.
Pour les gendarmes réservistes, ces accords conditionnent les renforts en brigade, les dispositifs estivaux et la sécurisation des grands événements. Leur reprise devra s’opérer sans rupture.
Climat interne dégradé
La dissolution répond aussi à un malaise interne. Selon Le Parisien, au moins trois plaintes pour harcèlement moral et management toxique ont été déposées en six mois auprès du parquet de Paris. Elles émanent de civils comme de militaires d’active, et une enquête préliminaire a été ouverte.
Un audit d’avril 2025 décrivait déjà un climat professionnel très détérioré. L’un des responsables, aujourd’hui parti, avait été rappelé à l’ordre par écrit par la ministre des Armées, Catherine Vautrin. Les plaintes visent aussi son successeur.











