Une entreprise familiale de trafic de cannabis démantelée par les gendarmes

Photo : Les gendarmes de la section de recherches (SR) de Bourges ont mis un coup d'arrêt à un réseau familial de trafic de cannabis qui effectuait ses livraisons par l’envoi de colis. (Photos: Gendarmerie - assemblage: L'Essor)

20 mars 2026 | Opérationnel

Temps de lecture : 3 minutes

Une entreprise familiale de trafic de cannabis démantelée par les gendarmes

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À la tête d'un réseau familial de trafic de drogue, une femme organisait l’approvisionnement et la distribution de produits stupéfiants via des colis et casiers de livraison locker.

« Ce que l’avenir vous promet, La Poste vous l’apporte » disait le slogan de l’entreprise postale dans les années 2000.

Pas que l’avenir apparemment, puisqu’une famille profitait du réseau postal pour distribuer discrètement des produits stupéfiants. Elle les envoyait sous la forme de colis, livrés dans des relais automatiques.

Réseau familial

Tout part d’un renseignement reçu en juin 2025 par les gendarmes de la section de recherches (SR) de Bourges. L’information fait état d’un trafic de stupéfiants, organisé depuis la région Centre-Val-de-Loire. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Châteauroux ordonne alors l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Les investigations des enquêteurs permettent d’identifier un réseau familial, baptisé « Family Farmz Paris ». Un nom qui rappelle celui d’un jeu vidéo mobile (Family Farm Adventure) « d’exploration et d’agriculture ». Deux thématiques que la femme à la tête de ce réseau s’est visiblement approprié. Celle qui communiquait également sous le pseudo « Princess 420 » passait par les réseaux sociaux pour proposer ses produits à la vente.

Du renseignement à l’interpellation

Lundi 16 mars 2025, les gendarmes de la SR de Bourges lancent une opération judiciaire contre ce réseau, sur ordre du Parquet de Châteauroux. Ils sont appuyés pour l’occasion par leurs camarades du groupement de l’Indre. L’opération permet l’interpellation de quatre personnes. Les gendarmes les suspectent d’organiser la distribution de produits stupéfiants depuis l’Indre et le Cher.

La mise en cause principale achetait les produits stupéfiants en Espagne, à l’occasion de voyages à Barcelone. De retour en France, elle recevait ensuite la marchandise par voie postale. Elle reconditionnait puis commercialisait alors ses produits via les réseaux sociaux. Notamment de la résine et de l’herbe de cannabis, prétendument « de haute qualité ».

Une fois la commande passée, le cannabis était réexpédié sous la forme de colis. Les envois s’effectuaient aussi bien vers la France que vers l’étranger. Principalement en Norvège et en Italie, précise la Gendarmerie. Les acheteurs récupéraient ensuite leur marchandise dans des armoires de type «locker». Il s’agit de relais-colis, entièrement automatisés, et souvent accessibles 24h/24.

L’enquête a permis d’établir l’importation d’au moins 149 kilogrammes de résine de cannabis. Par ailleurs, les investigations bancaires réalisées, démontrent un train de vie important pour la cheffe de réseau et ses proches. Voyages luxueux, achats de vêtements de marque, accessoires de mode ou bijoux. Un mode de vie en décalage avec ses revenus déclarés.

Outre le rôle joué par la principale mise en cause, les enquêteurs ont aussi matérialisé l’implication de son frère et de ses parents. Notamment pour le transport et le stockage du produit. Les perquisitions menées au cours des gardes à vue, ont débouché sur la découverte de près de 10 kilogrammes de résine et de fleurs de cannabis. Mais aussi du numéraire, et du matériel de production et de conditionnement de produits stupéfiants. Déférée devant le tribunal correctionnel de Châteauroux, la mise en cause principale a été jugée en comparution immédiate.

Colis et locker de plus en plus utilisés pour le trafic

Ce mode opératoire n’est pas une première dans le milieu du trafic de stupéfiants. Il y a un an, en avril 2025, les gendarmes de l’agglomération toulousaine démantelaient un réseau utilisant colis et lockers pour recevoir de la drogue depuis l’Espagne. Ses membres écoulaient ensuite la drogue sur des points de deal ou en livraison à domicile.

Plus récemment, en janvier 2026, un réseau de cinq trafiquants avait ainsi été appréhendé dans les Hauts-de-France pour des faits similaires. Les mis en cause recevaient des colis de drogue envoyés par un membre de l’équipe depuis l’Espagne. Là encore, les livraisons s’effectuaient grâce au réseau de casiers postaux «locker».

Lire aussi : « Ubershit », un trafic de stupéfiants via les réseaux sociaux démantelé à la frontière suisse

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