<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Suisse séquestré en France pour des cryptomonnaies: nouvelles interpellations et mises en examen

Photo : En août 2025, un jeune Suisse qui avait investi dans des cryptomonnaies, avait été enlevé et séquestré dans la Drôme avant d'être libéré par le GIGN. Six mois plus tard, de nouvelles interpellations viennent d'avoir lieu. (Photo d'illustration: A.Kozik / Pexels)

10 mars 2026 | Opérationnel

Temps de lecture : 3 minutes

Suisse séquestré en France pour des cryptomonnaies: nouvelles interpellations et mises en examen

par | Opérationnel

Un peu plus de six mois après de premières arrestations et la libération d'un ressortissant suisse, enlevé et séquestré avec une demande de rançon en cryptomonnaies, une nouvelle opération de grande ampleur, menée par les gendarmes dans différentes régions, a permis d'interpeller dix-huit autres personnes.

Après plusieurs mois d’enquête à la suite de l’enlèvement et de la séquestration d’un Suisse dans la Drôme, sur fond de rançon en cryptomonnaies, en août 2025, les gendarmes viennent de mener une vaste opération judiciaire dans plusieurs régions. Dix-huit personnes ont été interpellées.

L’information, révélée la semaine dernière par nos confrères du Dauphiné, vient d’être confirmée. Elle a fait l’objet d’un communiqué de la Gendarmerie ce mardi 10 mars 2026. Il précise que l’opération a mobilisé 450 gendarmes dans trois régions. La plupart des interpellations ont eu lieu en Auvergne-Rhône-Alpes. En particulier dans la Drôme. Les gendarmes ont également appréhendé d’autres suspects en région parisienne et en Occitanie.

Rançon en cryptomonnaies

Tout commence fin août 2025. Victime d’un guet-apens, un ressortissant suisse de 22 ans et originaire du canton francophone de Vaud, avait été séquestré pendant près de trois jours, entre le 28 et le 31 août 2025. Ses ravisseurs avaient alors exigé une rançon en cryptomonnaies. Son montant avait varié au cours des négociations, de 1,2 million d’euros à quelques 300.000 euros. La police suisse avait alerté la Gendarmerie.

Une importante mobilisation judiciaire avait permis de localiser l’endroit où les malfaiteurs détenaient la victime. Sérieusement blessé à l’arme blanche et ligotée, le jeune Suisse avait alors pu être libéré lors d’un assaut mené par le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) dans une maison d’Alixan, près de la gare de Valence-TGV.

Les gendarmes avaient également interpellé sept suspects lors de cette opération. Parmi eux figurait un mineur de 17 ans. Présentés à un juge d’instruction dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lyon, tous avaient ensuite été mis en examen et écroués.

Lire aussi : Opération éclair de la Gendarmerie dans la Drôme pour libérer un Suisse séquestré contre une rançon en cryptomonnaies

Plusieurs mois d’enquête

Mais l’enquête ne s’est pas arrêtée là. Sous l’autorité d’un magistrat instructeur de la JIRS de Lyon, les gendarmes ont poursuivi leurs investigations. Confiées aux gendarmes de la section de recherches (SR) de Grenoble, elles ont bénéficié de l’appui de l’Unité nationale d’investigation (UNI) et du groupement de gendarmerie de la Drôme. Un groupe d’une quinzaine d’enquêteurs, spécifiquement créé, a pu aussi disposer de ressources complémentaires. Notamment celles d’unités spécialisées dans le domaine de la criminalistique, du cyber et de l’observation-surveillance.

Après plusieurs mois, les investigations ont permis d’identifier et d’impliquer, à des degrés divers, une vingtaine d’individus supplémentaires. Sur la base de ces éléments, et en accord avec le magistrat instructeur, les gendarmes déclenchent une opération judiciaire d’envergure lundi 2 mars 2026. Principalement dans la Drôme, mais aussi en Ile-de-France et en Occitanie. Elle mobilise 450 gendarmes, dont ceux du GIGN. À cette occasion, dix-huit personnes sont interpellées.

Les 5 et 6 mars 2026, à l’issue des gardes à vue, 12 des 18 ont été présentés devant le magistrat instructeur puis mis en examen. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire. Les neuf autres font l’objet d’un placement sous contrôle judiciaire.

L'opération a mobilisé 450 gendarmes dont ceux du GIGN et de l'Unité nationale de police judiciaire de la Gendarmerie nationale (UNPJ), à travers trois de ses unités: l'Unité nationale d'investigation (UNI), l'Unité nationale cyber de la Gendarmerie (UNCyber) et l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN). (Photo: UNPJ / Gendarmerie)

L’opération a mobilisé 450 gendarmes dont ceux du GIGN et de l’Unité nationale de police judiciaire de la Gendarmerie nationale (UNPJ), à travers trois de ses unités: l’Unité nationale d’investigation (UNI), l’Unité nationale cyber de la Gendarmerie (UNCyber) et l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN). (Photo: UNPJ / Gendarmerie)

Des « cryptorapt » qui se multiplient

Ces enlèvements-séquestration sur fond de cryptomonnaies, aussi appelés « cryptorapt« , se multiplient ces dernières années. Si le mode opératoire (enlèvement contre rançon) n’est pas nouveau, le phénomène a connu une intensification en 2025. Notamment avec l’essor des investissements en cryptomonnaies. En 2025, environ un français sur dix détenait des cypto-actifs selon l’Association du développement des actifs numériques. La somme totale détenue en cryptomonnaies atteindrait les 20 milliards d’euros. En grande majorité, sous la forme de Bitcoins, une monnaie virtuelle dont la valeur fluctue plusieurs fois par jour. Actuellement, un Bitcoin (BTC) équivaut à plus de 60.000 euros.

Lundi 9 mars 2026, un couple de quinquagénaires a été séquestré à son domicile du Chesnay, dans les Yvelines. Trois individus ont usé d’une fausse qualité de policiers pour tromper le couple et faire irruption dans leur logement. Ils ont alors menacé et blessé l’épouse avec une arme blanche, forçant le mari à verser une importante somme en cryptomonnaie. L‘équivalent de 900.000 euros en bitcoins. Les malfaiteurs ont ensuite réussi à prendre la fuite.

Lire aussi : Coopération GIGN/FBI : interpellation aux Caraïbes d’un homme soupçonné du vol de 46 millions de dollars en cryptomonnaie

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