Appel à témoins lancé pour identifier les victimes d’un septuagénaire suspecté de crimes sexuels sur au moins 89 mineurs

Photo : Le suspect avait enregistré sur clés USB "15 tomes très denses" de documents sur ses rapports sexuels avec des mineurs. (Photo d'illustration: Dmitry Makeev, CC BY-SA 4.0)

12 février 2026 | Opérationnel

Temps de lecture : 3 minutes

Appel à témoins lancé pour identifier les victimes d’un septuagénaire suspecté de crimes sexuels sur au moins 89 mineurs

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Aujourd'hui âgé de 79 ans, Jacques Leveugle aurait commis près d'une centaine de crimes sexuels sur des mineurs, dans plusieurs pays, entre 1967 et 2022. Un appel à témoins a été lancé pour retrouver ses victimes et mieux comprendre le parcours de cet homme qui a aussi avoué les meurtres de sa mère et de sa tante.

Jacques Leveugle, né en 1946 à Annecy, aurait commis des crimes sexuels sur au moins 89 mineurs, âgés de 13 à 17 ans, dans plusieurs pays, entre 1967 et 2022. En détention provisoire depuis février 2024, il a aussi avoué avoir tué sa mère et sa tante.

C’est un dossier « un peu singulier », qualifie le procureur de Grenoble Etienne Manteaux. En septembre 2023, après avoir eu « des soupçons », le neveu de Jacques Leveugle se rend à la brigade de gendarmerie de Vizille, en Isère. Il y dépose « 15 tomes très denses » de mémoires appartenant à son oncle, contenus sur des clés USB. Les enquêteurs y découvrent que l’homme aurait eu des rapports sexuels avec des mineurs âgés de 13 à 17 ans entre 1967 et 2022.

Cependant, ses actes ne se limitent pas au territoire national, mais dans le monde entier. Notamment en Europe, en Afrique du Nord, en Amérique du Sud et jusqu’en Inde. Ce « boy-lover », reprend le procureur de Grenoble, aurait commis ces actes de pédophilie lors de voyages durant lesquels il côtoyait des enfants dans un cadre scolaire. « Il a parcouru ces différents pays et dans chacun de ces lieux où il va s’installer pour faire du soutien scolaire, être enseignant, il va rencontrer des jeunes et il va avoir des relations sexuelles » explique le procureur. « Séducteur et charismatique », Jacques Leveugle se prenait pour un éraste, ces « professeurs » de la Grèce antique, parfois chargés de l’éducation sexuelles de jeunes hommes.

« Le temps presse »

Environ 150 personnes ont été entendues au sujet de ces viols et agressions sexuelles. Pourtant, « seulement deux ont décidé de se porter partie civile » dans l’affaire selon le procureur. Le colonel Serge Procédès, commandant la section de recherches de Grenoble, chargée de l’affaire, évoque d’ailleurs « une vraie ambivalence des victimes ». Cela tient au fait que certaines d’entre elles ont entretenu une relation suivie avec le prévenu, qui était leur professeur.

De plus, le procureur rappelle que « le temps presse ». Il pourrait y avoir prescription pour certains de ces crimes sexuels. En effet, depuis 2018, une victime de crime sexuel a 30 ans après sa majorité pour porter plainte. Sans quoi les faits risquent d’être prescrits. Ainsi, les faits datant d’avant 1993 seraient « a priori » exclus. Selon le procureur, il faut clore cette information judiciaire dans l’année 2026. « Si des victimes souhaitent se manifester, qu’elles le fassent maintenant ».

Pour cette raison, les autorités ont lancé un appel à témoins. Celui-ci doit servir à identifier les victimes. En effet, les mentions dans les documents ne permettent pas de toutes les identifier. Parfois, seuls le « surnom » ou « prénom » apparaissent. La Gendarmerie a donc mis à dispositions deux numéros verts, évidemment gratuits :

  • Pour la France métropolitaine, le 0.800.20.01.42.
  • Pour la Nouvelle-Calédonie, le 00.687.06.05.00.
L'appel à témoins et à victimes lancé par le Parquet de Grenoble et la Gendarmerie, dans l'affaire des viols et agressions sexuelles commises par Jacques Leveugle. (Gendarmerie)

L’appel à témoins et à victimes lancé par le Parquet de Grenoble et la Gendarmerie, dans l’affaire des viols et agressions sexuelles commises par Jacques Leveugle. (Gendarmerie)

Jacques Leveugle avoue aussi deux meurtres

Jacques Leveugle avoue aussi avoir tué sa mère en 1974. Atteinte d’un cancer en phase terminale, il l’aurait « étouffée avec un coussin » pour « abréger ses souffrances ». Il tue aussi sa tante de 92 ans en 1992, jugée trop « vulnérable et fragile », selon le procureur de Grenoble. Même modus operandi que pour sa mère. Il justifie ses actes en disant « qu’il aimerait bien qu’on lui fasse la même chose s’il se trouvait dans cette situation de fin de vie ». Le patron de la SR de Grenoble qualifie les actes du prévenu comme « un cas d’école de sérialité ». Une autre enquête a d’ailleurs été ouverte pour ces meurtres, en plus de celle pour viols et agression sexuelles.

AN (avec LP et l’AFP)

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