<i class='fa fa-lock' aria-hidden='true'></i> Gendarmerie : la corruption en lien avec la criminalité explose en 2025

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25 août 2026 | Société

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Gendarmerie : la corruption en lien avec la criminalité explose en 2025

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L'Inspection générale de la Gendarmerie nationale a recensé 38 dossiers de corruption en lien avec la criminalité l'an dernier, contre seulement cinq en 2024. Face à cette hausse, l'institution a créé à l'été 2025 un groupe anti-corruption spécialisé.

En 2025, le nombre de dossiers de corruption de gendarmes présentant un lien avec la criminalité a continué à augmenter, révèle le dernier rapport annuel de l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN), publié au milieu de l’été.

« La lutte contre la corruption et les atteintes à la probité » sont « désormais identifiées comme des risques majeurs pour toute organisation publique », précise le juge Jean-Michel Gentil en introduction de ce rapport. Il était, jusqu’au 1er août, le chef de cet organe de contrôle de l’Arme. A cette date, une autre magistrate, Julie Bernier, qui lui a succédé.

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En 2023, Bureau des enquêtes judiciaires (BEJ) de l’Inspection n’avait traité qu’un seul dossier de corruption lié avec la criminalité. En 2024, ce chiffre était de 5 « tandis que 17 autres affaires mettant en cause au moins un militaire de la gendarmerie étaient traitées par une unité de recherches tierce », pointe le rapport. 

« Un voile qui continue de se lever sur un phénomène par nature occulte »

En 2025, « la tendance poursuit son accélération », note l’IGGN qui dénombre 38 affaires, dont 11 traitées par le BEJ et 27 par d’autres unités de recherches. Dans le cadre de ces enquêtes, l’IGGN relève « quatre détentions provisoires de militaires, confirmant un phénomène auquel la Gendarmerie n’échappe pas à l’instar des autres administrations ». 

Avec cette progression du nombre de dossiers, « c’est donc un voile qui continue de se lever en 2025 sur un phénomène par nature occulte », note l’IGGN qui a créé un groupe anti-corruption fort de huit enquêteurs à l’été 2025. Ces enquêteurs spécialisés doivent adopter « une conduite opérationnelle beaucoup plus réactive, avec entre autres un recours accru aux techniques spéciales d’enquête ».  Revers de la médaille: avec « l’adaptation à ce nouvel enjeu capital », l’IGGN doit choisir ses priorités et d’autres affaires « qui restent par nature sensibles » voient leur « traitement parfois retardé ».

Le rapport rappelle que, sur les 154 dossiers sur lequel a travaillé le BEJ en 2025, 67 concernent des violences non sexuelles, « 28 sont des infractions de harcèlement (14), de mœurs (13) ou exceptionnelle-ment de haine (1) » et 59 sont des « dossiers de corruption, trafic d’influence, prise illégale d’intérêt, ou encore de violation du secret ».

Une majorité de cas de corruption détéctés incidemment

S’agissant des cas de corruption, « dans la majorité des cas, les suspicions de compromission sont détectées incidemment au cours d’une enquête judiciaire ou administrative. Les investigations alors initiées permettent de remonter jusqu’au militaire corrompu, parallèlement à l’identification du ou des corrupteurs », décrypte, le colonel Gérard Cligny, chef adjoint de la division des enquêtes internes au sein de l’IGGN

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« Plus rarement, l’alerte émane de la hiérarchie ou d’autres militaires, après observation d’un comportement suspect », ajoute-t-il. Mais, surtout,  » détection résulte de plus en plus souvent d’un contrôle d’initiative mené par les commandants territoriaux qui disposent dorénavant d’un outil informatique (…) ou d’une détection algorithmique mise en place par le Bureau de l’audit, de la protection et de la gouvernance des données (BAPGD) de l’IGGN ». 

Pour les commandants territoriaux, l’outil s’appelle Citar, pour « Contrôle interne des traces des applications et du réseau ». Il s’agit d’un « outil d’extraction des traces de connexions aux fichiers métiers centraux tels que FPR*, FOVES*, TAJ* et SVH* ». Les chefs peuvent ainsi vérifier réaliser en autonomie des contrôles des connexions de leurs subordonnés susceptibles de révéler de manquements déontologiques et/ou de commissions d’infractions. 

« La corruption intervient le plus souvent dans un contexte de proximité »

Les concernés sont majoritairement « de jeunes gendarmes, plus vulnérables face à la corruption », relève le colonel Cligny. Il précise que « des militaires de tout grade et de toute fonction peuvent néanmoins être compromis, y compris des commandants d’unité ».

Pour eux, « quel que soit leur niveau dans la chaîne hiérarchique », les conséquences peuvent être « extrêmement graves : souvent une radiation des cadres, parfois un emprisonnement ».  Il précise enfin que « la corruption intervient le plus souvent dans un contexte de proximité affective, familiale ou amicale, entre le militaire corrompu et le délinquant avec fréquemment et de surcroît un intérêt financier ». 

Lexique des acronymes : 

  • FPR: Fichier des personnes recherchées
  • FOVES: Fichier des objets et véhicules signalés
  • TAJ: Traitement d’antécédents judiciaires
  • SVH: Sauvegarde de la vie humaine

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