En 2025, la sous-officier de gendarmerie avait été mise en examen, accusée d’avoir soutiré près d’un million d’euros à un riche retraité, Jacques Poupelin, rencontré alors qu’elle exerçait en Charente. Les enquêteurs mettent désormais en cause cinq de ses proches. Ces derniers auraient aussi profité de ce probable abus de faiblesse. Leur mise en examen a eu lieu jeudi 26 février 2026, après leur interpellation dans différentes régions.
Un retraité rencontré en service
Selon le quotidien Charente Libre, qui a révélé l’affaire, cette femme de 34 ans avait en effet rencontré M. Poupelin en 2022. Elle travaillait alors à la brigade territoriale de Hiersac, à l’ouest d’Angoulême. Retraité de l’industrie agroalimentaire, il vivait à Douzat, un petit village charentais, depuis une trentaine d’années. Veuf depuis quelques années, il était ensuite décédé en avril 2025, à l’âge de 90 ans, à l’Ehpad de Saint-Yrieix-sur-Charente.
Le retraité et la gendarme s’étaient vraisemblablement liés d’amitié. Une source proche du dossier l’a d’ailleurs confirmé à l’AFP. Au point qu’elle lui a tout d’abord rendu quelques services. « Elle s’est occupée de lui, précise une source au journal régional. Ils ont passé du temps ensemble. Elle lui a fait un peu de ménage, un peu de courses. » Et « en retour, il pouvait se montrer généreux ». Un habitant du village témoigne également de son étonnement lorsqu’il lui arrivait de les voir ensemble. Notamment en raison de la grande différence d’âge qui les séparait. Il la présentait « comme une amie », se souvient-il.
C’est ensuite que l’affaire se corse. La jeune femme aurait découvert que le retraité disposait d’une importante fortune. Dès lors, la générosité de l’homme serait allée bien au-delà d’une simple gratification pour des petits services.
Les collègues de cette « super gendarme », intrigués par son train de vie
Auprès de nos confères, un de ses anciens collègues la décrit comme « une super gendarme ». Elle avait d’ailleurs réussi à devenir officier de police judiciaire en février 2024, selon un arrêté du Journal officiel. Mais selon lui, ses camarades avaient été intrigués « de la voir arriver en Porsche à la brigade de Hiersac ».
Un mois après le décès du retraité, les gendarmes de la brigade de recherches (BR) de Cognac interpellent la militaire en mai 2025. Ils lui reprochent d’avoir abusé de la faiblesse de cet homme. Notamment en détournant des louis d’or ou des actions en bourse. Au total, sur trois ans, le préjudice atteindrait le million d’euros. Mise en examen puis écrouée durant plusieurs semaines, selon la source proche de l’enquête, elle a depuis été remise en liberté, sous contrôle judiciaire. Elle n’exerce donc plus le métier de gendarme.
Cinq proches aussi bénéficiaires de l’abus de faiblesse
Mais les enquêteurs ne se sont pas arrêtés là. De fait, le cercle familial de l’ex-gendarme semble avoir lui aussi bénéficié de la générosité du retraité. Dans le viseur des enquêteurs, des cadeaux réguliers de la militaire à ses proches, payés avec l’argent généré par cet abus de faiblesse. Mais aussi des prêts d’argent.
Lors de leurs investigations, de nombreuses auditions ont été réalisées. Sans oublier l’étude attentivement de la téléphonie de la gendarme et de ses proches, relevant de nombreux messages en rapport avec l’affaire, révèlent nos confrères de Charente Libre. Les limiers auraient ainsi relié plusieurs protagonistes à l’affaire.
Cette semaine, la mère de l’ex-militaire, ses deux ex-petits amis et deux de ses sœurs ont ainsi été interpellés à leur tour par les gendarmes de la BR de Cognac. Des interpellations menées en Normandie, d’où est originaire la gendarme, et en Charente. Soupçonnés, ils sont poursuivis pour recel et blanchiment. Tous les cinq été ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Ils ont également l’interdiction d’entrer en contact les uns avec les autres. L’information judiciaire se poursuit sous le contrôle du parquet d’Angoulême.
L’abus de faiblesse ou l’abus de l’état d’ignorance, qui consiste notamment à profiter de la situation de vulnérabilité, de l’âge de la victime, est puni de trois ans de prison et de 375.000 euros d’amende.
L’Essor (avec l’AFP)
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