« La Gendarmerie n’oublie aucun des siens. » C’est par ces mots que le site de l’Institution salue une décision longtemps attendue. « Le 19 juin 2025, à la suite de la demande déposée par la gendarmerie auprès du ministère des Armées et de l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre, les majors Maier et Didot, ainsi que Gilda Didot, sont officiellement reconnus ‘Morts pour la France’« , peut-on lire sur Gendinfo, le site offficiel de la Gendarmerie, dans un article publié ce dimanche 22 février. Pour l’Arme, « cet hommage ultime vient parachever un long parcours de reconnaissance » de leur sacrifice.
Les gendarmes sont membres du détachement militaire d’assistance technique gendarmerie
Tout commence le 6 avril 1994, lorsque l’attentat contre l’avion du président rwandais, abattu par deux missiles terre-air à très courte portée, embrase le pays. Les douze occupants du Falcon 50 trouvent la mort, dont les trois Français de l’équipage navigant. Dans la capitale, deux sous-officiers français de l’Arme sont en poste : Alain Didot et René Maier, tous deux sont alors adjudants-chefs et membres du détachement militaire d’assistance technique gendarmerie, « en mission pour le compte du ministère de la Coopération », rappelle GendInfo. Spécialiste des transmissions radio, le major Didot s’occupait également « de la gestion, de la maintenance et de la sécurisation du réseau de communication de l’ambassade de France et des coopérants français ». Son épouse Gilda l’a suivi à Kigali depuis 1992. Le major Maier, expert en police technique et scientifique, les a rejoints quelques mois plus tard.
Lire aussi: Fin de la longue enquête française sur l’attentat de 1994, déclencheur du génocide rwandais
Dès le début des massacres, les deux gendarmes reçoivent l’ordre d’activer la station radio de sécurité de l’ambassade, au bénéfice des ressortissants français et européens. Des affrontements « particulièrement violents entre la Garde présidentielle et le FPR » éclatent à proximité, « dans le quartier du Parlement et de l’hôtel Méridien, non loin de l’aéroport de Kanombe ». Le 8 avril au matin, le major Didot a « un dernier contact avec sa belle-famille en France ». Puis, c’est le silence. Les 12 et 13 avril, des Casques bleus découvrent les corps des deux gendarmes et de Gilda Didot « enterrés dans le jardin des Didot, avec celui de Jean-Damascène Murasira, gardien et jardinier du couple ».
Les majors avaient respectivement 44 et 47 ans. « À ce jour, on ne sait toujours pas dans quelles circonstances précises ils ont été tués, ni par qui », rappelle la Gendarmerie.
La mention « Morts pour la France » leur faisait encore défaut.
La France avait honoré les deux gendarmes dès 1994 en les promouvant majors à titre posthume, les faisant chevaliers de la Légion d’honneur et les citant à l’ordre de la Gendarmerie avec attribution de la Médaille de la Gendarmerie nationale. Fait exceptionnel, Gilda Didot avait également reçu cette décoration. Une caserne d’Istres porte depuis 2003 le nom du major Maier tandis que le ministère de l’Intérieur a dédié aux deux gendarmes une salle de la Place Beauvau en 2020. Mais la mention « Morts pour la France » leur faisait encore défaut.
C’est le général d’armée Hubert Bonneau, Directeur général de la Gendarmerie nationale, qui a porté la démarche à son terme. Dans un hommage relayé par Gendinfo, il écrit : « Jusqu’au bout, nos camarades ont servi la patrie, l’honneur et le droit, avec la loyauté, l’humanité et la rigueur que l’on attend de tout gendarme. Leur disparition brutale nous rappelle encore aujourd’hui la profondeur de l’engagement et de l’esprit d’abnégation qui animent les gendarmes et touchent leurs familles, sur le sol national mais aussi à l’extérieur de nos frontières ».
MG
Lire aussi: Vers un nouveau dossier rwandais pour l’OCLCH










