La Ferrari, l’excès de vitesse XXL et le réseau de fraude sociale (article actualisé)

Photo : L'équipe rapide d'intervention (ERI) d'Orange a pu intercepter la Ferrari qui circulait en très grand excès de vitesse. (Photo: Gendarmerie de Vaucluse)

11 février 2026 | Opérationnel

Temps de lecture : 2 minutes

La Ferrari, l’excès de vitesse XXL et le réseau de fraude sociale (article actualisé)

par | Opérationnel

Cet automobiliste doit regretter d'avoir eu le pied très lourd sur l'accélérateur de sa Ferrari, contrôlée à 247 km/h il y a sept mois.

Un contrôle de vitesse a permis de mettre au jour un réseau de fraude sociale et de blanchiment de grande envergure. Le préjudice cumulé estimé s’élève à près de 1,8 million d’euros pour le fisc, l’Urssaf et la CAF. Voici le récit de cette affaire hors normes, fait ce mercredi 11 février 2026 par le parquet de Draguignan.

Un bolide à plus de 200.000 euros

L’affaire débute le 14 juin 2025. Les gendarmes de l’équipe rapide d’intervention (ERI) interceptent une Ferrari Portofino. Avec leur véhicule rapide, ces gendarmes appartiennent à l’Escadron départemental de contrôle des flux du Vaucluse (EDCF 84). Elle fonçait à 247 km/h sur l’autoroute A7. Soit 117 km/h au dessus de la limite autorisée à cet endroit. Ils saisissent le bolide, équipé d’un V8 bi-turbo, capable d’atteindre les 320 km/h, valant 230.000 euros. Le conducteur, sans domicile fixe, assure tout d’abord qu’il s’agit de la Ferrari de sa mère. Les vérifications révèlent que le coupé-cabriolet appartient en fait à une société civile immobilière (SCI) gérée par le conducteur et associant sa mère, son frère et sa sœur, tous résidents dans le Var.

Le parquet de Draguignan  co-saisit alors les motocyclistes du groupement du Vaucluse et la section de recherches (SR) de Marseille-Paca. L’enquête des gendarmes révèle un montage financier sophistiqué et « des flux financiers considérables liée à une activité commerciale de couverture non déclarée« . Soit plus de 1.600.000 euros de revenus perçus sur plusieurs années. Le parquet n’a pas souhaité donné davantage de précisions sur le mode opératoire des fraudeurs. Ils menaient grand train entre shopping de luxe et voyages dans des lieux huppés. Très loin des situations précaires déclarées au fisc et à la caisse d’allocations familiales. Sur réquisition du parquet, les juges de la détention et des libertés (JLD) donnent alors le feu vert à l’utilisation de techniques spéciales d’enquêtes. Ils demandent également la saisie d’éléments du patrimoine des mis en cause.

Près d’un million d’euros de biens et d’avoirs saisis

Lundi 9 février, 50 militaires de la SR de Marseille-Paca, des compagnies de Draguignan, Gassin Saint-Tropez et Hyères, lancent un vaste coup de filet. Ils sont appuyés par les services de l’Urssaf. Ils interpellent les quatre personnes à Roquebrune-sur-Argens (Var) et à Montfermeil (Seine-Saint-Denis). Les mis en cause comparaîtront le 27 octobre 2026 devant le tribunal correctionnel de Draguignan pour « travail dissimulé, blanchiment aggravé, abus de biens sociaux et escroqueries » à la CAF. Lors des perquisitions, les enquêteurs ont saisi plus d’un million d’euros d’avoirs criminels. Soit trois véhicules (valeur totale 65.000 euros) , des produits de luxe estimés au total à 170.000 euros, des biens immobiliers (plus de 600.000 euros), 13.000 euros en espèces et 67.000 euros sur des comptes bancaires. Sans oublier une carabine 22 LR et un fusil à pompe avec munitions.

PMG (avec AFP)


(article actualisé avec précisions sur l’enquête et le montant des saisies)

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