Le tribunal judiciaire de Pontoise a condamné le vendredi 30 janvier trois gendarmes adjoints volontaires (GAV) du Val d’Oise pour corruption passive dans une affaire de trafic présumée de voitures volées. La justice leur reprochait d’avoir revenu des informations issues de fichiers du ministère de l’Intérieur à des trafiquants présumés de voitures volées. Ils ont écopé de peines allant d’un an ferme aménageable sous bracelet électronique à deux ans de prison ferme avec maintien en détention. Ils devront également payer des amendes de 5 000 à 20 000 euros. Les prévenus, affectés à Domont et une femme à Pontoise, puis à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), sont âgés de 20, 24 et 27 ans. Ils ont également l’interdiction définitive d’exercer tout emploi dans la fonction publique.
Durant son procès, l’un des prévenus a reconnu « la corruption passive et l’ensemble des infractions sur les fichiers mais pas les faits d’association de malfaiteurs ni le blanchiment » . « Je levais des immobilisations (de véhicules) en échange de rémunération, tout simplement », explique ce militaire d’origine toulousaine.
Corruption : un gendarme aurait touché plus de 130 000 euros dans cette affaire
Gendarme adjoint volontaire depuis quatre ans, il détaille toucher « seulement » 1 130 euros par mois (avec logement gratuit). Il cherchait à louer un véhicule de luxe pour le mariage de sa sœur quand il a « cédé à la tentation ». Il a accepté de « consulter le fichier des personnes recherchées pour 600 euros », puis de renseigner des loueurs de voitures du Sud-Ouest sur fond de trafic présumé de voitures volées.
La suite : « c’est le cercle vicieux : les personnes à qui je rendais ces services pouvaient me dénoncer à mes gradés ». Devenu ensuite policier municipal, il continuera car il a pris « goût à cela ». Selon le dossier, il aurait perçu 131 000 euros en l’espace de quelques mois. A l’audience, la procureure ajoute que ce prévenu aimait « le jeu, les casinos, flamber ». « J’ai honte, l’institution m’avait fait confiance », regrette-t-il.
L’enquête avait débuté, en juillet 2025, lors d’un contrôle de véhicule par la brigade motorisée d’Orléans. Les enquêteurs avaient ensuite découvert que ce gendarme avait procédé, depuis Domont, à plus de 400 levées d’immobilisation en quelques mois. Il possédait aussi 17 comptes bancaires. Il a écopé de la plus lourde peine, soit quatre ans de prison, dont deux avec sursis et un maintien en détention.
Deux corrupteurs actifs également jugés
Une fois devenu policier municipal à Saint-Denis en 2025, il avait convaincu un autre gendarme adjoint volontaire de faire comme lui. Ce militaire aurait touché 31 000 euros. A la barre du tribunal, il a plaidé son « immaturité » et des « difficultés financières ».
La défense s’est étonnée que l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) ait « mis le paquet » pour monter un dossier judiciaire de « 3 800 pages ».
La troisième prévenue est une gendarme, approchée dans un bar à chicha de Cergy (Val-D’oise). Elle aurait perçu quelques milliers d’euros en échange des consultations illicites du fichier des immatriculations. « Je ne voyais pas le mal, à partir du moment où je pouvais arrondir mes fins de mois ».
Deux « corrupteurs actifs » comparaissaient détenus. Un Castrais de 21 ans a été condamné à un an de prison ferme aménageable sous bracelet, avec sortie de prison et 5 000 euros d’amende. Un ressortissant arménien de 26 ans a écopé d’une peine de 18 mois ferme avec maintien en détention et d’une amende de 20 000 euros. Durant la perquisition, des armes ont été retrouvées à son domicile.
Avec AFP
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